TOME IV
98 AGRICULT. FORESTIÈRE : CULT. ET AMÉNAGEMENT DES FORÊTS. zrv. v, Fig
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est presque triple de la valeur du méme volume de bois droit.
L’élagage doit être exécuté de bonne heure et régulierement, Car si cette opération est tardive, elle occasione des taches ou des défauts dans l’intérieur de la tige.
L’'émondage consiste à couper annuellement toutes les menues branches inutiles qui croissent sur latige, comme on le fait pour les arbres frui- : É tiers. Cet ébourgeonnement, qui se pratique au mois d’aoûl ouen automne, est renouvelé pendant les 3 ou 4années qui suivent le premier élagage; ainsi on tient les tiges nettes et on allége convenablement la tête des arbres. Cette pratique est usitée en Angleterre pour les arbres &estinés aux constructions.
Elagage des arbres résineux. — Quelques forestiers élaguent les plants de bois résineux; d’autres pensent que cette opération est nuisible; tous veulent que l’on ne retranche que les branches inférieures et celles qui commencent à dépérir ou à pourrir. Il est certain qu'un élagage fait mal à propos
ou maladroitement produit toujours un
nœud qui parait lorsque l'arbre est abattu et scié en planches; alors ce nœud, dont on ne soupconnait pas l'existence, se détache et laisse un trou dans la planche ou le plateau, et ce bois se trouve inutile et sans valeur après avoir été l’objet d'un travail considérable; mais si la branche a été enlevée prorement près de la tige avant d’être pourrie, e bois n’en est pas endommagé.
L'usage suivi le plus généralement, consiste à touper les branches inférieures à 7 ou 8 pouces de la tige (J£g. 116).
Bientôt le chicot se dessèche et on le supprime au printemps suivant. Il ne reste alors ni nœud ni plaie dans la tige (/£g. 117 }.
Fig. 116. Fig. 117.
tures d’épicéas; la taille semble ne rien ôter à la vigueur de cet arbre.
$ V.—Des nettoiemens et des éclaircies dans les taillis.
L'opération du uettoiement consiste à faire couper dans les taillis âgés de 5 à 10 ans:
1° les épines, les ronces, les viornes, les genêts, la bruyère, le lierre; 2° les brins trainans, difformes, viciés qui croissent sur les mêmes souches queles brins bien venans ; 3° les plants de nerprun, bourdaine et autres arbrisseaux semblables qui n’ont qu’une courte durée ; 4° les plants de charme et autres espèces inférieures lorsque le sol est suffisamment garni d'espèces du premier ordre.
Le nombre des brins qu’on laisse sur cha-
que souche est proportionné à la force de cette souche; on conserve de préférence ceux qui tiennent à la terre par leurs racines.
- Une règle dont il ne faut jamais s’écarter, est que la terre ne doit rester découverte dans aucune partie de la coupe, pas même dans les endroits uniquement garnis d’épines, car en les enlevant toutes, le sol, s’il est un peu sec, serait frappé de stérilité, et les plants voisins dépériraient. Il y aurail aussi un grave inconvénient à découvrir une terre naturellement fertile, car les troncs des brins retranchés pousseraient une infinité de rejets qui épuiseraient presque autant la tige principale que le faisaient les brins enlevés dans le nettoiement. Cette opération exige beaucoup de soins, d'adresse et de discernement. Voici quelques règles d’exécution dont l'expérience a fait reconnaitre l'utilité et l'efficacité.
1° On charge de la direction du travail un maitre-ouvrier intelligent qui surveille continuellement les élagueurs. 2° Ils seront munis de serpes bien tranchantes pour couper proprement tous les brins trainans, d’une pioche à revers tranchant pour arracher les plants nuisibles, enfin d’une serpe emmanchée pour abattre les épines (/£g. 118). Cet
Fig. 118.
instrument est une forte serpe jointe à une douille qui s'attache à un manche de 5 pieds de longueur ; on s’en sert comme d’une faux pour abattreles petits taillis; ila beaucoup plus de force qu’un croissant pour couper les branches des arbres; le crochet A sert à tordre les brins et à les pousser dans une direction quelconque. 3° Le chef de l'atelier fera ranger et compter chaque jour les fagots et autres produits de l’exploitation. 4° Il tiendra une note exacte du travail de chaque ouvrier.
5° Enfin, il aura soin que les brins restans ne soientélagués que dans la partie inférieure de leur tige.
Si, malgré toutes les précautions que l’on a prises pour prévenir la pousse de nouveaux
jets à la place de ceux qui sont coupés, quel-
ues rejetons paraissaient au pied des souches, ou ferait passer dans la coupe un troupeau de bétail dans le courant de l’année pour brouter ces brins afin d’en accélérer la destruction.
Dans certaines localités on abandonne aux ouvriers les 23 du produit en nature de l’éclaircie ; dans d’autres, on les paie à raison de 2? fr. 50 cent. par cent de fagots ; le mieux est de les payer à l’hectare ou à l’arpent, car dans ce dernier cas seulement ils ne sont pas intéressés à couper trop de bois, ou, ce qui est encore plus grave, à couper les plus beaux brins.
Le menu bois produit par les éclaircies sert au chauffage, à cuire de la chaux, etc. On y trouve de petits échalas et de la fascine pour les clôtures. Le produit net moyen dans les taillis de 10 ans est de 50 francs par heclare.
Exemples. — Bois de Charretie (Saôneet-Loire), bois de la Garenne, commune de Saint-Maurice-sur-Vingeanne (Côte - d'Or).
Le taillis avait été éclairci à l’âge de 10 ans; exploité en 1828, à l’âge de 20 ass, il a produit 225 stères de bois de charbon par hectare el a été vendu 1160 francs aussi par hectare ; les taillis semblables non éclaircis se vendaient à la même époque un peu moins de 900 francs l’hectare.
On éclaircit une seule fois les taillis qui sont destinés à être exploités à l’âge de 20 ou 25 ans. Cette méthode, l’un des fondemens de l’économie forestière moderne, n’est pas encore introduite dans les forêts éloignées des lieux de consommation, dans Îlesquelles les menus bois n’ont presque aucune valeur ; mais 1l suffirait que les produits de l’éclaircie remboursassent les frais pour qu'il y ait une grande amélioration dans les produits futurs; il y aurait même là création d’un produit actuel, puisqu'on emploieraït à salarier les ouvriers des bois destinés à pourrir sur place.
$ VI. — Du nettoiement des taillis suivant la méthode anglaise.
Onzettoie ordinairement lestaiflis dans l’espace de temps qui s'écoule entre la 5° et la 10° année de leur âge ; mais les plus habiles forestiers pratiquent cette opération dès la