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1CC AGRICULT. FORESTIÈRE : CULT. ET AMÉNAGERM!::
ÿ DES FORÊTS. uw vx.
Fig. 121.
Taillis de 25 ans.
Fig.
pu
Ces figures indiquent le nombre et la stature des brins réservés après les nettoiemens.
$ VII.— De l’élagage des massifs de futaies de bois feuillus.
La première operation qui se fait dans les massifs de futaie de chène ou de hêtre complètement repeuplée par la méthode d’ensemencement naturel, consiste à enlever, vers la 24° année de l’âge du plant, tous les bois blancs. Cette extraction donne un produit assez considérable. Le plant destiné à former la futaie est encore très-faible, car il est extrèmement épais. On peut en juger par le dénombrement suivant :
M. Lanrz a compté dans la forêt du Mont- Tonnerre, sur une coupe de plants de hêtres âgés de 3 ans, 1 million de plants par hectare. Un plant de la même espèce, âgé de 10 ans, lui a présenté 360,448 brins par hectare. Une autre coupe bien fournie en hêtres de 30 ans a donné 10,314 perches par hectare. Ainsi une immensité de brins avaient péri ou avaient été enlevés dans les intervalles des époques ci-dessus.
La culture forestière a pour objet d’ezlever dans le temps le plus opportun ces plants qui étaient destinés à périr, si l’art ne fût pas intervenu dans la double vue de les employer utilement et de dégager plus promptement les brins qui doivent former le massif de futaie. La principale difficulté est relative à l’espacement à donner à ces derniers dans chaque période de leur accroissement.
Il importe de détruire une erreur généralement répandue à ce sujet. Cette erreur consiste à croire que si l’on resserre les arbres dans un espace tel qu’ils occupent chacun 4 pieds carrés, ils prendront moitié de la force qu'ils auraient acquise dans un espace de 8 pieds carrés pendant le même
Taillis de 30 ans.
temps. Il s’en faut de beaucoup qu'il en soit ainsi. Je ne citerai ici qu'une observation que J'ai faite dans un pare sur un massif de sapins dont les plants sont de même âge, observation que tout le monde peut vérifier dans d’autres parcs. Les arbres du pourtour ont 3 pieds et demi de tour; ceux qui sont dans l’intérieur n’ont qu’un pied et demi ; la hauteur est à peu près égale, en sorte que les derniers n’ont pas le cinquième du volume des premiers (la solidité étant ici comme les carrés des surfaces).
On peut faire la même observation sur des massifs de futaie. Un chêne de 100 ans qui croit au milieu d’un massif non éclairci n'a ordinairement qu’un volume de 4 pieds et demi cubes, tandis qu'un chéne du même âge qui croit sur le bord du massif ou mème dans une futaie sur taillis a ordinairement 30 pieds cubes.
La conclusion de ces faits est, qu'il faut étudier avec soin le moment où les plants commencent à languir et les enlever du massif qu’il ne faut cependant pas trop dégarnir, car les arbres ont besoin pour croître en hauteur de se soutenir mutuellement.
$ VIII. — Du nettoiement des foréts résineuses.
La plupart des forestiers veulent que les plantations d'arbres résineux soient éclaircies comme les autres bois; mais ils conviennent tons que ces arbres doivent être tenus dans un état serré pour résister aux vents qui les fatiguent beaucoup plus que les arbres à feuilles caduques et pour que le sol demeure entièrement couvert. Le plus petit espace suffit dans les forêts pour que chaque plant d’essence résineuse croisse avec une vigueur apparente ; on voit des centaines de jeunes bts vigoureux s'élever dans un espace de 10 mètres en carré, maïs ils finissent par s’éclaircir naturellement; une lutte s’é-
CcHAP. 4°.
tablit entre eux, et les plus faibles ne tar-
dent pas à languir; c’est sur cette indication |
qu'il faut procéder à leur extraction.
En conséquence, dans une plantation d'arbres résineux qui s'embarrassent mutuellement, il faut éclaircir par degrés en coupant tous les plants qui sont dépassés par les autres au point que ceux-ci doivent bientôt les étouffer. L'effet de ces éclaircies est de permettre aux arbres restans de s'étendre un peu en largeur et de développer leurs racines.
Le mélèze et les épicéas seront tenus plus serrés que les autres espèces. Il faut avoir égard aussi à la profondeur du sol; car, si la couche de terre végétale est assez épaisse pour permettre aux racines de pénétrer à une profondeur de deux pieds, l'arbre sera beaucoup-plus solidement assis que dans une couche de terre qui n’a que trois pouces d’épaisseur; on peut dans les premiers sols éclaircir fortement, mais, dans les seconds, il suffit d'enlever les plants à mesure qu'ils paraissent devoir être étouffés prochainement. Il vaut mieux perdre un peu de temps sur l'accroissement que de risquer de voir l'arbre ébranlé et arrêté dans sa croissance par le défaut de solidité de ses racines. Mais, dans tous les cas où l’éclaircie peut être pratiquée, il ne faut pas la négliger, car les arbres font plus de progrès en un an après une éclaircie bien entendue, qu'ils n’en faisaient en 3 années dans l’état primitif.
Exemples de forêts trop éclaircies : Les montagnes du Val-Travers (Suisse) sont couvertes d’épicéas qui croissent dans une couche de terre de 4 pouces d'épaisseur reposant sur un roc incliné impénétrable aux racines.
Les parties non éclaircies sont couvertes de massifs épais d’arbres d’environ 40 mètres de hauteur et de 2, 3 et 4 mètres de circonférence ; mais les portions qui ont été trop éclaircies par des coupes prématurées ou mal disposées sont dégarnies et ne paraissent pas devoir se repeupler.
La plupart des plantations de pins du département de la Marne étant trop espacées, ces arbres s'élèvent peu; d’ailleurs le sol étant decouvert, la plus grande partie des sucs nutrilifs s’évapore. Il conviendrait de garnir entièrement le sol de bois blanc pour former un abri compacte.
SECTION v. — Exécution de l'aménagement.
$ 1%. — Abornement.
Autrefois,lorsque le sol avait pen de valeur, on en marquait les limites par des arbres auxquels on donnait le nom de pieds corniers. (La langue forestière s'étant formée dans le moyen-âge présentait une foule de locutions barbares dont la plupart sont inutiles et hors d'usage.) Ces arbres parvenaient souvent à des dimensions colossales et ils étaient destinés à pourrir sur pied; mais, depuis que le terrain et les arbres sont devenus précieux, les propriétaires respectifs ont mis plus de soin dans la détermination des limites, et ils font abattre les vieux arbres. Le
érimètre des forêts est marqué par des
ornes en pierres ou par des fossés: la meil.
EXECUTION DE L'AMENAGEMENT. 101
leure de toutes les délimitations est l’ouverture d’une route mitoyenne sur tous les points de la propriété qui sont limitrophes d'une autre forêt; chacun des riverains ouvre un fossé sur son terrain pour fixer et assainir la route ; on ouvre ainsi une voie commode pour l'extraction des bois.
$ II. — Reconnaissance des coupes précédentes.
L'usage suivi Jusqu'à l’époque où l’on s’occupe de l'aménagement doit être l’objet d’une étude attentive; les changemens brusques, lorsqu'ils ne sont pas impossibles, sont souvent nuisibles; d’ailleurs les propriétaires publics ou privés souscrivent difficilement à un nouveau plan dont l’exécution doit les priver momentanément de leurs revenus. A-t-on reconnu par exempie qu'un taillis qui s’exploite à 20 ans le serait beaucoup plus avantageusement à 30 ans, on ne doit pas espérer de pouvoir suspendre les coupes pendant 10 ans; il faut donc chercher un moyen d’arriver par degrés au but que l’on se propose. Supposons que le bois contienne 30 arpens; l'étendue de la coupe actuelle est d’un arpent et demi ; il est certain qu’en la réduisant à un arpent, on arrivera au point de couper le taillis à l’âge cherché; mais ce résultat ne sera obtenu qu’à la fin de la période de 30 ans; cependant le revenu augmentera tous les ans dans une proportion telle que dans la 14° année le propriétaire Jouira du même revenu qu'il avait auparavant, et qu'à la 30° année son revenu sera augmenté dans la proportion de 2 à 3.
Voici le calcul fait d’après la progression ordinaire de la valeur des taillis. Un arpent de taillis (demi-hectare ) âgé de 20 ans vaut 400 fr. La même étendue d’un taillis âgé de 30 ans vaut 900 fr. Le revenu produit par l’ancien aménagement est de 600 fr.. puisque l’on coupe 1 arpent et demi par an. La coupe étant réduite à 1 arpent, elle vaudra seulement 400 fr. Mais dès la seconde année on coupera du taillis de 21 ans, et successivement on exploitera des taillis plus ägés.
Cette simple conversion de l’ancien ordre de choses doit augmenter en définitive le revenu de moitié; mais un autre avantage qu’elle procure, c’est celui de permettre de faire une coupe de nettoiement assez lucrative; car, dans un taillis qui ne doit s’exploiter que tous les 30 ans, on peut exécuter le nettoiement dans la 12° année, et le produit à cet âge est considérable. Dans un bois de 30 arpens la coupe annuelle en nettoiement sera donc de 2 arpens et demi ; le produit net, terme moyen, sera de 100 fr., en sorte que le revenu sera porté immédiatement à 700 fr. et s’élèvera jusqu'à 1000 fr.
$ II. — De la forme et de l’etendue des coupes.
La configuration des coupes doit être déterminée de manière que l'exploitation soit d’une surveillance facile, et que chaque vente aboutisse sur une route destinée à l’extraction des bois; ces ventes sont ordinairement bordées de chemins tracés en ligne droite; mais, dans les coteaux trop rapides pour per-
102 AGRICULT. FORESTIÈRE : CULT. ET AMÉNAGEMENT DES FORËÊTS. auv. v
mettre le passage des voitures, on n’ouvre 8h. 33ar. que des sentiers, à l’extrémité desquels on | B), qu’il convient de couper a place des bornes ou des poteaux qui indi- | l’âge de20ans, pour fabriquer du quent le n° de la coupe. Deux soins assez im- | charbon ; la coupe annuelle sera
portans ne doivent jamais être perdus de vue de. 00: JuAN te 4 dans cette opération : le 1‘ est d'observer | 3° 200 hectares de taillis où autant que possible l’ordre de contiguité en- le chêne domine ( partie C ), tre les coupes qui doivent s’exploiter succes- qu’il convient d'exploiter à l’âge sivement, et de ne pas laisser subsister, par de 28 ans, avec une éclaircie exemple, de grands massifs de taillis sur le | faite à l’âge de 12 ans; l’étenpourtour entier d’un taillis de 2 ou 3 ans; le ae de la coupe annuelle sera
(0 (PME — : < 7 15
second est d'éviter que la traite des coupes se fasse à travers les jeunes taillis.
Lés coupes d’une forêt doivent-elles être égales en étendue superficielle ? doivent-elles être égales en produits? L'un des objets principaux que se propose un propriétaire en réglant l'aménagement de ses bois, c’est de se faire un revenu à peu pres égal tous les ans. On doit donc s'attacher plutôt à l'égalité des produits qu'à celle des surfaces exploitées; mais on éprouvera rarement cette difficulté si chaque portion de la forêt est aménagée d’une mauière analogue à la nature du sol, aux essences dont elle est peuplée, et au genre de débit usité pour ses produits.
On établira dans la forêt autant de séries de coupes qu'il y a de taillis d'espèce et de qualité différentes.
Supposons que l'étendue du massif soit de 500 hectares ; on examinera séparément chaque canton de la forêt, et on établira les échelles de la valeur progressive des taillis pour chacun de ces cantons. On fera ensuile des calculs semblables à ceux dont nous avons donné plusieurs modèles, et on en établira le résultat dans l’ordre suivant :
Fig. 123.
4 Il reste 80 hectares de tail- Jis situés dans un vallon; le chéne y domine, les autres essences sont l’orme, le frêne; le plane; on divisera le massif en deux portions de 40 hectares chacune.
La première (partie D), choisie dans la portion du sol Ja moins fertile, sera aménagée à : 40 ans ; on la divisera par consé-
uent en 40 coupes, qui contienront chacune 1 hectare. . . 1 $
On exécutera dans ce canton 3 nettoiemens de 13 en 13 ans; on trouvera dans l'exploitation définitive environ 3,000 brins, dont une grande partie propres à la petite charpente et au charronnage.
La seconde portion E, dont l’étendue est également de 40 hectares, sera divisée en 80 petites parcelles qui s’exploiteront successivement, et qui seront nettoyées de 12 en 12 ans; la coupe définitive produira du bois de charpente et de charronnage; son étendue sera de. . . : .- » 50
Total. . . 22h.98ar.
La coupe annuelle sera de 22 hectares 98
ares, ce qui équivaut à l'étendue totale d’une exploitation réglée sur l’âge uniforme de 21 à 22 ans.
L'adoption d'un aménagement ainsi ComMbiné donnera le maximum du produit dont la forêt est susceptible, et n’occasionéra point de diminution momentanée dans les revenus des propriétaires, car ils exploitent commu nément leurs taillis à l’âge de 20 à 22 ans.
y EOSSÉ
ARAUILE, DEXP ORTATI|O
$ IV. — Des chemins et routes dans l’intérieur des forêts.
Les routes qui traversent les forêts remplissent le double objet de séparer les exploitations et de servir à la traïle des produits. Daus les plaines, ces routes sont ouvertes en lignes droites; elles servent à pénétrer dans la forêt dans tous les sens, de manière que d’un point quelconque, le trajet à un autre point éloigné soit le plus court possible. On emploie à cet effet le système des lignes brisées sous des angles très-obtus (/g. 124). Nous | donnons comme exemple le plan de la forêt de Lux, Côte-d'Or, contenant 1850 hectares.
En général, l'extraction des bois dans les coupes est très-pénible et très-coûteuse; les taillis et les arbres qui bordent les chemins ne permellant pas que l'air et la chaleur du
1° 100 hectares de taillis de coudriers et de marsaulx, situés sur une montagne (partieA), qu’il convient d'exploiter dans leur 12° année, pour faire des cercles, de petits échalas et du ois de chauffage ; la coupe annuelle sera par conséquent de. . . : . . + 8 h. 33 ar.
9° 120 hect. de taillis de charmes, coudriers, bouleaux (partie
Fig. 124.