‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 115 sur 295 · LLV. IV · texte numérisé non relu

LLV. IV

5° Tour à tirer la soie.

Le tour de Piémont, perfectionné par Vaucanson, Villard, Tabarin et autres, dont on voit une coupe verticale dans la f£g. 149 et dont la fig. 150 représente une vue perspective prise

Fig. 149.

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l’autre, et combinées de telle manière qu’elles ne seretrouventdans la position initiale d’où elles sont toutes parties au commencement du mouvement qu'après 2,601 révolutions.

C'est cette disposition qui produit le va-et-vient et par suite le reglage ou distribution en zigzag du fil sur l’asple. Sur le milieu du bâtis du tour sont 2 traverses X et Y, portant des cavités dans lesquelles peut tourner librement un arbre ou axe vertical L. Cet arbre, du côté du système des roues dentées, a un bras Q dont l'extrémité, terminée en fourchette, recoit le bout d’une bielle P; l'autre extrémité est percée d’un œil qui entre sur une cheville excentrique O, portée par la roue K. Au-dessus de latraverse supérieure X, l'arbre L porte un autre bras incliné à l’horizon M, terminé par 2 potences sur lesquelles sont placés 2 guides où griffes en til de fer

ou en verre, au travers desquels passe la soie avant de s’enrouler sur l’asple. — On voit aisément ainsi comment la roue K, par ses révolutions, tire et pousse successivement la bielle P, puis le bras O, imprime à l’autre bras M ce va-et-vient, ou mieux ce mouvement alternatif en arc de cercle qui sert à distribuer le fil sur l’asple, et ne lui permet de se coucher sur lui-même qu'après le nombre établi de révolutions.

Dans l’ancien tour de Piémont, la fileuse, après avoir assemblé ses fils, et les avoir passés à travers les filières placées au-dessus de la chaudière, les roulait entre le pouce et l'index pour leur donner la croisure, les séparait ensuite, les passait à travers les guides du va-et-vient et les livrait à la tourneuse qui les attachait aux lames de l’asple et mettait aussitôt ce dernier en action.

Cette disposilion présentait des inconvéniens : elle laissait à la discrétion des ouvrières le nombre de tours à donner à la croisure, et ne pouvait mettre à l’abri de leur négligence sur ce point. La croisure donnée aux fils dans un seul sens ne faisait frotter l’un contre l’autre que la moitié de leur surface, ce qui ne leur donnait pas le degré de pureté et d'éclat des soies bien tirées.

Pour remédier à ces inconvéniens, VAUCANson imagina la double croisure, qui a été perfectionnée depuis par d'autres mécaniciens, et qui offre l’avantage aujourd’hui de former deux croisures, dont l’une est en sens irverse de l’autre, et de fixer invariablement le nombre de tours de cette croisure, sans qu'il soit à la liberté de la fileuse de croiser plus ou moins. Voici la construction de la croisade perfectionnée, telle qu’elle est employée dans les ateliers français.

Sur le devant du tour est placée cette croisade qu'on voit en coupe dans la fg. 149, pardessus dans la {g. 150, et de face par-devant dans la fig. 152. Elle se compose de 2 mon-

Fig. 152

tans verticaux et égaux NN qui supportent un châssis quadrapgulaire R R. Ces montans AGR,

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PRÉPARATIONS DE LA SOIE

ont, sur leur face intérieure, une rainure profonde dans laquelle peut tourner, monter ou descendre librement, mais sans ballotter, une lunette à gorge SS, qui porte 2 guides implantés sur sa circonférence intérieure.

Cette lunette est suspendue à une corde sans fin croisée T, qui passe sur une poulie U, laquelle a le même diamètre que la lunette et est traversée par un arbre reposant sur des coussinets fixés sur le châssis R. Sur chacune des faces de cette poulie est attachée une corde V tendue par des poids, et dont l’une est enroulée autour de l'arbre quand l’autre pend de toute sa longueur. On conçoit qu’en tirant la corde enroulée on fait tourner la poulie, et par suite la lunette, d’un nombre de révolutions égal aux enroulemens que la corde faisait sur l'arbre; en même temps, la corde pendante, qui était restée jusqu'ici développée, s’enroule à son tour sur cet arbre d’un nombre de tours égal à celui dont l’autre se déroule, mais en sens contraire. On voit ainsi que si les 2 fils de soie, en sor- ‘tant de la bassine et des barbins Z Z placés au-dessus, sont passés successivement à travers les filières de la lunette, puis des griffes du va-et-vient, et qu’on déroule ensuite en la tirant une des cordes de la croisade, ces fils vont se croiser en avant et en arrière de Ja lunette et en sens contraire, d’un nombre de tours identiquement égal à celui que la cor de aura fait faire à la poulie U, et pour que le mécanisme soit entièrement à l'abri de la négligence de l’ouvrière, ce mouvement de déroulement, une fois commencé, continue seul au moyen de contrepoids, jusqu’à ce que la corde tirée soit entièrement develdppéei

Le nombre des enroulemens de la corde dépend de celui des tours qu’on veut donner à la croisure. Mais quel que soit ce nombre, il est très-facile, quand un brin de soie casse, quand il se forme un mariage, etc., d'y porter remède. On n’a qu’à tirer la corde enroulée pour défaire la croisure, à renouer ou rétablir les bouts défectueux, reformer la croisure en tirant la seconde corde et continuer le travail avec une perte très-légère de temps et peu de déchets.

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