‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 240 sur 295 · LIV · texte numérisé non relu

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flamme, y laissent séparer leur carbone non encore brülé, mais lumineux ou rouge incandescent par sa haute température.

Si la proportion d’air où d’oxigène est insuffisante, ou si l’on diminue brusquement la température, ce carbone ne brüle pas; il peut être précipité et recueilli.

On peut vérifier ce fait en coupant à la moilié de sa hauteur la flamme d’une bougie, d’une chandelle ou du gaz-light, par une toile métallique de fer; on verra celle-ci se couvrir de poudre charbonneuse et une fumée brune traverser au-dessus d'elle. Si l'on allume un falot de chanvre chargé de résine, la quantité de carbone entrainé dans la flamme sera trop considérable pour être entièrement brülé à l'air, el une fumée épaisse déposera bientôt dans Pair ambiant des flocons charbonneux.

Ainsi donc, c’est e:' allumant les substances en question, brûlant une grande partie de leur hydrogène et le moins possible de leur carbone, qu’on peut recueillir une partie de celui-ci sous la forme de noir de fumée.

Ce produit était préparé autrefois presque exclusivement avec les résidus des matières résineuses extraites dans les pinières; on l’obtenait par une combustion incomplète opérée sous une chambre tapissée de peaux de mouton distantes des parois, dans laquelle la fumée allait déposer la plus grande partie du charbon divisé que son courant entrainait. Une issue laissait échapper les produits gazeux retenant encore une assez grande quantité de carbone en suspension. De temps à autre on allait batire au dehors les peaux tendues pour faire tomber le noir qui se rassemblait au fond de la chambre.

Depuis plusieurs années on emploie dans la même fabrication les résidus des goudrons de bois et de houille, des bitumes naturels et plusieurs matières grasses. On a beaucoup varié les appareils ; l’un de ceux qui ont produit de bons résultats en grand consiste en une série de chambres en briques bien cuites, voûlées À, À (fig.447), et dont tous les joints,

Fig. 447.

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serrés à la chaux et au ciment très fin, sont parfaitement lissés à la truelle. 2 on 3 couches de bonne peinture à l'huile seraient utiles pour éviter la dégradation de la maconnerie, qui peut introduire des matières étrangères nuisibles à la nuance foncée et régulière du noir.

Toutes ces chambres communiquent entre elles par des ouvertures latérales B. À lune de leurs extrémités est une cheminée C adossée à un four, dans laquelle passe le tuyau d’un foyer qui détermine un tirage et par

(4) Us contiennent une huile fixe, deux ou trois builes volatiles, de l’acide ulmique, du charbon, des acides succinique, acétique, de l’acétate d’ammoniaque, de l’eau, de la résine, de l'esprit de bois et plusieurs combinaisons du méthylène, leupione, la paraffine, le piccamare, le pittacale, la kréosote (principe immédiat huileux qui conserve les viandes et s'émploie en médecine), souvent enfin de la silice, de l'alumine et des sels de chaux.

1e PP

CYTAPF.

suite un appel dans toutes les chambres et jusque dans le fourneau D qui les alimente.

Ce dernier contient une capsule en fonte E placée sous une voûte F. La capacité G, com-

rise entre la voûte, la capsule et les parois atérales communiquent avec la 1'* chambre par un tuyau en tôle H et du côté opposéavec l'air extérieur par une embrasure de porte I rétrécie à volonté. Ce tuyau fait l'office de réfrigérant et de conducteur, afin de retenir quelques produits liquides qui s’écoulent par un ajutage J dans une cuvette K. Le noir le plus impur et le moins divisé se recueille dans le tuyau qu'on fait nettoyer fréquemment.

On obtient le noir graduellement plus beau et plus fin dans les chambres qui s’éloignent de plus en plus du fonr à combustion.

Si on veut brüler € 5 huiles fixes ou graisses fluides,on peut remplacer ce four par une sorte de quinquet à plusieurs becs, dans lequel le niveau de la matière grasse est maintenu par un grand réservoir. La flamme des becs est réunie sous un chapeau conique en tôle, adapté à un entonnoir dont la douille, se recourbant, conduit la fumée dans les chambres.

On a modifié cel appareil pour brüler les huiles essentielles brunes, goudronneuses et de peu de valeur, afin d’en tirer du noir de fumée. Il se compose alors d’une chaudière cylindrique à bouilleurs, semblable à celle montée dans les fourneaux des machines à vapeur. L'huile essentielle vaporisée se rend, en soulevant la pression d’une soupape, dans des tuyaux à l'extrémité desquels on l’allume. La fumée produite est conduite, comme dans l’appareil précédent, à l’aide d’un chapeau conique coudé. On conçoit qu’il faut en outre une soupape s’ouvrant dans un sens contraire, qui permette la rentrée de l'air froid lorsque le feu est éteint et que la vapeur cesse de se former dans les bouilleurs.

Il serait facile d'obtenir du noir de fumée lus beau et plus régulièrement avec toutes es matières grasses, résineuses, essentielles, bitumineuses, en les traitant de la même manière que pour obtenir le gaz-light. Le gazomètre pourrait être peu volumineux et ne servir que de régulateur, puisque la combustion serait opérée au fur et à mesure de la production du gaz. Cette méthode offrirait des avantages en quelques localités, surtout si l’on utilisait la chaleur du combustible pour évaporer des solutions salines ou autres. On pourrait encore obtenir un résultat semblable en distillant la houille pour en faire du coke. Enfin il serait possible d'utiliser, pour l’éclairage de divers ateliers, la lumière produite par la combustion incomplète du gaz.

On fait usage, en Angleterre, d’une disposition fort ingénieuse et très commode pour recueillir le noir de fumée échappé de la 1r° chambre, au point où la fumée est assez refroidie pour ne pas brüler les tissus ligneux.

L'appareil se compose d’une série de grands sacs À, À, A ( fig. 448) de 8 à 9 pi. de haut et 3 pi. de diamètre, dont le 1° communique avec la chambre à l’aide d’un tuyau en cuivre B.

Ces sacs communiquent alternativement par la partie supérieure à l’aide d’une calotte en rôle de cuivre C, et par le bas, au moyen d’un tube D. Une cheminée d’appel E, à l'extrémité

AGRIGULTURE,

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