IV
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végétation plus belle , et leur produit plus considérable.
Ainsi , avant que de déterminer une plantation , il faudra examiner avec attention la nature et la profondeur du sol à planter , afin de pouvoir choisir avec discernement, parmi les essences de bois qui lui conviennent , celles dont le produit deviendra le plus avantageux.
Il faut connoître aussi celles de ces dernières essences qu'il conviendra de cultiver ensemble ; car l'expérience apprend que les bois en massifs présentent une végétation beaucoup plus belle lorsque les essences en sont mélangées, que quand elles sont de la même espèce. Par exemple^ un taillis uniquement peuplé en chêne croît moins vite que lorsqu'il est mélangé de hêtre et de charme , toutes choses égales d'ailleurs ^ sa végétation est encore plus prompte sur les terrains convenables , lorsque le chêne est entremêlé avec le frêne ; enfin, elle est la plus rapide lorsque le mélange est en bois blanc.
Les différentes essences enfoncent leurs racines , et conséquemment puisent leur nourriture à des profondeurs inégales, et laissent ainsi à chacune toute celle qui petit lui convenir j tandis que , lorsqu'elles se trouvent toutes de même espèce sur le même terrain , elles vivent toutes pour ainsi dire à la même table, et se disputent leur subsistance.
La plantation Ja plus dispendieuse est celle que Ion fait sur un terrain préalablement
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défoncé à quatre ou cinq décimètres de profondeur. C'est le procédé que les jardiniers emploient pour l'établissement des pépinières, ou dans les plantations de luxe.
On connoît quatre manières de préparer à moins de frais les terrains que l'on veut planter en massifs de bois :
i" On les cultive à la houe; savoir, à plat, si le soi est sain et léger , ou en pente suffisante ; et en planches plus ou moins bombées, ou en rayons plus ou moins élevés^ si le terrain est humide ou compact.
2° On ne cultive ces terrains à la houe que par rayons de deux tiers de mètre de largeur; on laisse incultes les intervalles, et l'on plante ensuite sur les rayons cultivés.
3° On ne cultive avec la charrue , et sur une largeur de deux u^.. a^ mètre, que les parties du terrain sur lesquelles on c.-^ nlanter, et on laisse inculte le surplus, comme dans la seconde manière.
Au moyen de ces différentes préparations du terrain , on peut , à volonté , le planter ou en semis ou en plants enracinés. Cependant les labours à la charrue admettent difficilement l'emploi des plants enracinés, cà raison de toutes les précautions qu'il faut prendre pour assurer leur reprise , et qu'il est bon cependant de connoître.
D'abord on ne peut employer ainsi que des plants provenus de semis de deux ans, afin que leurs racines soient encore assez souples pour ne pas rompre sous le poids de la
terre dont on les recouvre avec la charrue. En second lieu ^ on ne peut planter de cette manière que sur des terrains très-le'gcrs , et suffisamment pre'pare's par plusieurs labours, pour que la terre en soit bien émiëe, et qu'elle puisse recouvrir les racines des plants exactement et sans aucun vide.
En troisième lieu , il faut trois personnes pour effectuer cette plantation ^ savoir : le laboureur qui ouvre le sillon , une seconde personne qui pose les plants dans la raie , à un demi-mètre les uns des autres ; et la troisième qui en redresse les tiges et les assujettit verticalement avec de la terre prise sur la raie voisine. En quatrième lieu , lorsque les plants ont été recouverts par la charrue, il faut les visiter exactement, afin de redresser les tiges qui auroip-' -'";^' renversées par le laboureii-' ^^ '^^ enterrer les racines qui ne le -voient pas suffisamment.
Enfin, il est ne'cessaire de faire cette plantation en automne , et aussitôt que la terre est suffisamment humectée, afin que les racines des plants aient le temps de pousser un peu de chevelu avant l'hiver ; autrement le liâle du printemps en feroit périr beaucoup. Au surplus, dans ces différentes manières de planter , ou plutôt de préparer les terrains pour les plantations, un seul labour à bras d'homme suffua , pourvu que la terre soit bien émiée • mais avec la charrue, le nombre des labours dépendra du plus ou du moins de ténacité du terrain, et de l'état
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dans lequel il se trouvoit avant la plantation.
Ces dilïe'rens procédés sont certainement beaucoup plus e'conomirpies que ceux employés dans les plantations de luxe j cependant, si l'on ajoute aux dépenses qu'ils occasionnent celles de l'entretien des plantations pendant un certain nombre d'années, le total présentera des avances encore assez fortes pour excéder les facultés d'un grand nombre de propriétaires. En voici d'autres qui exigent encore moins de dépenses , dont le succès a été éprouvé, et qui sont d'autant plus avantageux à employer, suivant les circonstances, qu'après la plantation il n'y a d'autres soins à prendre que ceux des premiers repeuplemens et d'une bonne conservation.
i*^ On prépare le terrain à la cbarrue , eomme pour le semer en blé à l'automne. A la fin d'octobre , ou au commencement de novembre, et aussitôt que les graines sont mûres, on les sème sous raies de sept à dix centimètres de profondeur , ouvertes à un mètre de distance les unes des autres , et on y espace les semences à deux décimètres ; on les recouvre ensuite avec la cbarrue, et, lorsque le semis est acbevé , on sème le blé et on le berse à la manière ordinaire j si , dans la localité, on est d'usage d'enterrer le blé à la cbarrue , on fera le semis de bois en même temps que celui de grain.
Dans l'un et l'autre cas, l'espacement des graines sera le même • mais il faudra semer le blé un peu clair, afin que des talles
trop dures n'étouffent pas les jeunes plants.
La re'colte du ble' couvrira amplement les Irais de cette plantation^ et les semences lèveront très-bien sous la protection des talles de ble' qui les garantiront de la se'clieresse; de la chaleur et des mauvaises herbes.
Si l'on veut ensuite accélérer la jouissance de cette plantation , on y plantera à Tautomne ou au printemps qui suivra la récolte du blé.
Deux mille plants enracinés de bois blanc par hectare , que l'on placera dans les intervalles des raies semées , seront également distribués sur toute la surface du terrain. On choisira les plants d'essences de tremble ou d'ypréau , parce qu'elles viennent promptement et qu'elles drageonnent beaucoup ; et lorsqu'on jugera que les plants en sont bien pris, c'est-à-dire à leur troisième ou quatrième feuille, on les recépera. Souvent, dans l'année même du recépage , on verra dans la plantation des cépées de bois blanc de deux mètres de hauteur, avec déjà un certain nombre de drageons , qui rempliront les intervalles des souches, protégeront les essences venues de semences , et les forceront à s'élever.
Ces bois finiront par devenir trop épais, mais alors il sera utile de les éclaircir.
2^ On peut encore semer et planter de la même manière sur un terrain disposé pour des semailles d'avoine.
3° Plantations en pots. ÎSous entendons
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par cette expression planter dans des trous ouverts sur un terrain qui n'a reçu aucune pre'paration préliminaire. On y espace les trous à un mètre un tiers les uns des autres , et on les y dispose en quinconce , autant que cela est possible; on leur donne un tiers à un demi-mètre de diamètre sur un tiers de mètre de profondeur , on les remplit ensuite à la moitié' de leur profondeur avec la meilleure terre sortie de ces trous , ou mieux encore avec de la terre ve'ge'talc prise sur la superficie du terrain environnant. On place les semences ou les plants enracinés sur ce lit de bonne terre, et l'on recouvre les trous avec le reste , ou le meilleur de la terre qui en a été extraite.
C'est ainsi , du moins , qu'il faut opérer dans les terrains sains et légers ', mais sur un sol argileux et compact, les trous se rempliroient d'eau pendant l'hiver, et les semences ou les racines de plant y pourriroient à cause d'une humidité trop long-temps surabondante.
Pour remédier à un inconvénient aussi grave, on remplit entièrement les trous avec la meilleure terre de la superficie du terrain environnant; et c'est un peu au-dessus de son niveau que l'on place le plant; on le recouvre ensuite d'environ un sixième de mètre de hauteur de terre en forme de butte, afin d'en mettre les racines en égout pendant l'hiver de la plantation.
Lorsqu'elle est faite en semis , on ne place
pas les graines aussi profondément sur les buttes. Après avoir fait les trous, et les avoir remplis de bonne terre, ainsi que nous venons de le prescrire , on écarte avec la main le sommet de la butte, à environ un décimètre de profondeur • on place deux ou trois graines dans le fond , et on rëlablit le capucbon de la butte.
Le moyen d'obtenir une jouissance assez prompte d'un massif de bois ainsi planté, c'est de faire la plantation un quart en plants enracinés de bois blanc, et le surplus en semences de bois dur.
4° On plante le terrain à la charrue , ou en pots, tout en essences de bois blanc ,• après la quatrième , ou au plus tard à la sixième feuille , les jeunes plants seront en état d'être recépés. L'année d'après le recépage, ou plutôt la première année abondante en graine qui la suivra, et avant la chute des feuilles, si cela est possible , on en répandra à graines perdues entre les cépées une quantité assez grande pour que , ayant été recherchées par les corbeaux , les pies et les mulots , il en reste suffisamment d'intactes. Ces graines restantes seront recouvertes par les feuilles des cépées, et elles lèveront au printemps suivant, comme cela arrive dans les repeuplemens naturels. Le succès de cette pratique sera encore plus assuré si , après la chute des feuilles, et lorsque le terrain sera suffisamment humecté par les pluies d'automne , on y fait passer fréquemment et en tous sens uu trou-
peau de codions que l'on rassasieroit auparavant , et qui enfonceroit ces graines. Il paroît que c'est ainsi qu'on le pratique en Allemagne.
Quoi qu'il en soit , nous avons vu des bois plante's par ce quatrième proce'de' , tous en essences de bois blanc ; ils n'avoient que cinquante ans de plantation , et déjà ils présentoicnt près de la moitié de leur superiicie en cépées de cliénes qui avoient pris la place d'autant de cépées de bois blanc.
5° On peut aussi semer des bois à graines perdues sur des terrains incultes et couverts d'épines ^ de bruyère , de genêt ou d'autres arbustes. Plus ils seront couverts de ronces , d'épines et de fougères , moins la plantation exigera de semences,* mais s'il y a beaucoup de genêts épineux , il faudra en arracher une certaine quantité, et semer sur l'arrachis. Au défaut d'arbustes, il faut laisser croître l'herbe sur le terrain, et semer alors avant sa chute ^ afin qu'elle puisse recouvrir les graines.
Cette dernière méthode est, il est vrai, la moins dispendieuse de toutes , mais aussi c'est la plus incertaine^ et celle dont la jouissance se feroit attendre le plus long-temps.
Des temps les plus propres aux semis et aux plantations • temps de semer les bois.
Le moment le plus opportun de faire des semis de bois dépend i" de l'époque de la maturité des semences^ 2» de la nature
du terrain que l'on veut planter, 3° de son étendue.
En effet , pour faire un semis avec succès , il faut que les graines en soient parfaitement mûres, auLrement elles ne lèveroient pas. Ainsi , le moment favorable pour les semer seroit donc celui de leur maturité complète j mais cette époque est l'automne pour le plus grand nombre des essences , et le printemps pour le surplus; et le développement de toutes ces semences ne peut s'opérer qu'au printemps , au réveil de la nature. Gela posé , si le terrain auquel les graines mûres en automne auroient été confiées dans cette saison y est très-bumide par lui-même , ou s'il est tellement compact qu'il retienne les eaux pluviales pendant l'hiver , elles s'y trouveront pendant tout ce temps dans une humidité surabondante , et dès lors elles y pourriront toutes. Ainsi, l'on ne peut donc semer en automne les graines de bois que sur les terrains les plus sains et les plus légers.
D'un autre côté , le précepte est encore susceptible de modification, suivant l'étendue du terrain et l'espèce de graines que l'on veut y semer.
Par exemple , les glands , les faînes , les châtaignes , les noix , ne devroient jamais être semés qu'au printemps, ajDrès avoir été stratifiés ; et cette pratique est celle qu'il faut adopter de préférence pour l'établissement des pépinières en semis.
Mais dans les grandes plantations on n'au-
roit pas toujours le temps ou l'on ne pourroit pas toujours trouver assez de bras pour pouvoir les achever avant le commencement de la végétation ; car au printemps on ne peut commencer le semis que lorsque la terre est suffisamment desséchée , et ce moment n'arrive quelquefois qu'à la fin de mars ou au commencement d'avril.
Temps de la plantation des jeunes plants enracinés.
Avec les difFe'rentes pre'cautions que nous avons indiquées dans la première section de ce chapitre, on pourra toujours commencer en automne les fjrandes plantations des plantes enracinées, et sur toute nature de terrain, lorsqu'il sera suffisamment humecté par les pluies de cette saison. Celles qui surviennent après la plantation rapprochent les terres des racines des plants ^ et si , avant l'hiver , on vient à éprouver encore quelques jours d'une température douce, les plants commencent à pousser du chevelu , et au printemps ils promettent de bonne heure une belle végétation. Cet avantage n'existe pas dans les plantations que Ton fait au printemps ; les plants sont quelquefois un mois avant de pousser leur premier chevelu, et si cette saison est sèche il en périt beaucoup. Il y a cependant des essences que l'on ne peut planter qu'au printemps, comme tous les arbres résineux , le robinier , et généralement toutes les
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essences qui craignent la gelée ou la trop grande humidité' après leur transplantation. D'ailleurs^ quelle que soit la saison dans laquelle on plante, il faut suspendre le travail aussitôt que le terrain devient trop mou.
Espacement des plcmls et des graines dans différentes espèces de plantations en massif.
La qualité du sol et l'amënagement que l'on se propose d'adopter doivent de'lerminer le nombre des plants qu'il faut admettre dans ces plantations, afin que tous puissent y prospérer e'galement et convenablement. Il est cependant ne'cessaire d'en planter ou d'en semer un plus grand nombre que cette combinaison ne semble l'exiger , à cause des accidens auxquels les plantations sont expose'es , principalement celles qui sont les plus e'conomiques • et si l'on trouvoit ensuite qu'il y eût surabondance de plants j, il faudroit les éclaircir :
1° En plants de hautes tiges. On plante le terrain par rangées éloignées de quatre mètres les unes des autres , et l'on y espace les arbres également à quatre mètres, mais disposés en quinconce, afin que l'air, la lumière et la chaleur puissent circuler et pénétrer librement dans toutes les parties de la plantation.
Si le terrain est frais , quoique profond , on peut le planter moitié en chênes et moitié en frênes : on place alors les chênes sur un
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rang , et les frênes sur Faulre , alternativement j mais dans ce cas particulier les range'es se tracent à trois mètres deux tiers les unes des autres , et les arbres y sont espacés à la même distance , et également en quinconce.
On plante et on cultive ces arbres , et l'on en dresse les tiges, comme nous l'indiquerons après pour les plantations d'arbres isolés. Enfin , pendant les cinq premières années de la plantation , il faut avoir le soin de faire remplacer les arbres qui viendroient à périr ; mais passé ce terme , ceux qu'on y replanteroit réussiroient bien rarement.
2.'^ Futaie en jeunes plants enracinés. Aigres la préparation du terrain, on tracera les ranimées à trois mètres un tiers de distance les unes des autres, et l'on y espacera les plants à deux mètres. Ils y seront aussi disposés en forme de quinconces,
3'^ Futaie en semis. Après la préparation du terrain , on tracera les rangées à trois mètres un tiers, et on y espacera les graines à deux décimètres.
Dans ces deux derniers cas , il faudra cultiver la plantation à bras d'homme, mais seu-» lement le long des jeunes plants, et avec la charrue les intervalles compris entre les rangées. Si l'on sème ensuite des grains dans les dernières parties , le succès de la plantation sera plus assuré , et le produit de leur récolte pourra indemniser le propriétaire de ses frais d'entretien.
De ces trois manières dej^lanter des futaies^ la première est la plus avantageuse , à cause de la jouissance plus prompte qu'elle procure; mais elle est très-dispendieuse , et ne peut être employe'e, par cette raison, que parles riches propriétaires.
Espacement à observer dans les plantatioîis de taillis.
D*après ce que nous venons de dire , nous croyons inutile de parler des espacemens qu'il conviendroit de donner aux taillis destinés à de longs aménagemens ; car , si l'on trouve un taillis trop épais^ on est toujours le maître de le faire éclaircir.
Une plantation en taillis doit être faite par rangées , orientées autant que cela est possible du levant au couchant, afin que par cette disposition le plus grand nombre des plants soit préservé de l'ardeur du soleil du midi, qui , pendant Tété, dessèche le pied des arbres en pompant toute leur humidité : on éloigne les rangées les unes des autres dans les limites d'un mètre un tiers à un mètre deux tiers , suivant la qualité du terrain.
Si la plantation doit être faite en plants enracinés, on les espacera sur chaque rangée, savoir, à un mètre un tiers de distance dans les bons terrains , et à un mètre deux tiers dans les médiocres et les mauvais. Si elle doit être en semis , on y placera les graines à deux décimètres.
En général, il vaut mieux semer que planter
dans les mauvais terrains , et si l'on peut recouvrir les semis avec des grains , la plantation devient très-économique. Malheureusement la récolte des graines des meilleures essences de bois est souvent incertaine , et n'est pas toujours abondante, en sorte que lorsque l'on a de grandes superficies à planter, on se trouve obligé d'employer à la fois les semis et les plants enracinés.
Lorsque les pousses annuelles de ces différentes plantations présenteront une longueur d'au moins un décimètre , leur succès sera assuré , et elles n'auront plus besoin que d'une bonne conservation.
Repeuplement des vides de bois.
Les vides que l'on rencontre trop souvent dans les bois en diminuent nécessairement la valeur lorsqu'on les coupe. Ces vides peuvent être les effets de deux causes très-différentes ', savoir, d'un aménagement trop prolongé pour la qualité du terrain , ou pour l'espèce des essences du bois , et d® la fréquentation habituelle des bestiaux. Dans le premier cas, le remède est facile à appliquer , c'est de rapprocher l'âge d'aménagement du bois , et d'en regarnir ensuite les clairières par le moyen de provins ou de semis.
Dans le second cas, si les vides ont peu d'étendue, ils se regarniront naturellement par les semences des étalons voisins , en soumettant les bois aune rigoureuse conservation.
Mais leurs grands vides ne peuvent être remplis que par des semis, des plants enracine's, des provins. C'est alors au proprie'taire à choisir, parmi ces diffe'rens moyens , celui (jui lui conviendra le mieux.
Des pépinières.
Pour pouvoir planter avec économie , il faut d'abord e'tablir des pe'pinièresj la de'pense de leur établissement sera toujours moindre de'finitivement que le prix d'achat des plants, si l'on étoit forcé de les tirer des pépinières étrangères.
Cependant , lorsqu'on est dans le voisinage des forets bien conservées, on pourroit y trouver assez de jeunes plants enracinés pour planter une pépinière d'arbres de haute tige, et conséquemment pour éviter les frais d'établissement de pépinières en semis ; mais la recherche des plants d'essences de bois durs est défendue dans les forets royales, et ces essences sont les plus avantageuses à multiplier.
Ce n'est donc que dans ses propres bois qu'un propriétaire pourroit trouver cette ressource, autrement il faut établir deux espèces de pépinières, l'une en semis, et l'autre pour les plants enracinés que l'on veut élever en arbres de haute tige.
Choix du terrain pour ces pépinières.
Pour former une pe'pinière de celte espèce, il n'est pas nécessaire de clioisir le terrain le meilleur et le plus profond que l'on ait à sa disposition, comme dans la culture des arbres fruitiers et d'agrément, parce qu'à la replantation délinitive les arbres qui en proviennent souffriroient beaucoup à ne pas trouver, dans leur nouveau domicile, une nourriture aussi abondante et aussi substantielle que dans la pépinière j mais seulement un terrain sain, et qui ait au moins quatre décimètres de profondeur.
Si d'ailleurs le sol en étoit un peu argileux , on pourroit le marner ou le mélanger avec du sable ou des cendres lessivées, afin de le rendre plus léger; et, s'il étoit trop maigre, on le bonifieroit avec de la terre végétale, ou avec des gazons, ou avec de la tourbe terreuse pulvérisée; et, après la plantation, on en couvriroit la surface avec du fumier long,
plantation et conduite des pépinières de plants enracinés.
Après avoir convenablement préparé le terrain choisi, on y trace des lignes parallèles à huit décimètres de distance les unes des autres, et l'on marque sur ces lignes, avec un plantoir ou un piquet, les places