‹ Maison rustique, pour servir a l'éducation de la jeunesse (volume 2)Chapitre 7 sur 33 · IT · texte numérisé non relu

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où l'on doit mettre chaque plant. On les espace sur ces range'es également à huit de'cimètres, et ils y sont dispose's en quinconce.

Après avoir fait à chaque endroit marque' un trou d'un mètre à un mètre un tiers de diamètre sur un tiers de mètre de profondeur^ on arrache les jeunes plants de la pépinière en semis, ou on les lève de la jauge dans laquelle on a pu les placer provisoirement, mais seulement à mesure du besoin , pour ne pas laisser aux racines le temps de se dessécher à l'air.

Avant que de placer les plants chacun dans son trou, on eu rafraîchit les racines principales, on retranche celles qui sont endommagées , et on en dispose les plaies de manière que le plant étant mis en place , elles se trouvent immédiatement appliquées sur le terrain. Il est d'ailleurs inutile et même nuisible de retrancher quelque chose aux petites racines ou chevelu des plants; car plus un plant en est garni, et mieux il reprend à la transplantation.

Dans le nombre de ces jeunes plants, il faut rejeter de la pépinière tous ceux qui auroient un pivot, parce qu'ils ne réussiroient point à leur transplantation définitive.

Enfin, on les place dans les trous, mais à des profondeurs relatives à la nature du terrain de la pépinière ; savoir , à environ (quinze centimètres dans les terres douces et légères ; à douze centimètres dans celles qui eut plus de consistance 3 et à environ

MAISON RUSTIQUE. Gj

neuf centimètres dans les terrains humides.

En plaçant chaque plant , il faut avoir l'attention de rapprocher avec la main sur les racines la terre la plus e'mie'e, afm qu'il n'existe aucun vide autour d'elles ; car ces vides qui proviennent de la négligence des planteurs servent de re'servoir aux eaux pluviales^ et souvent elles feroient chancir les racines des plants etoccasionneroient leur perte.

Ces racines étant ainsi recouvertes , on foule le plant légèrement avec le pied;, et l'on en remplit le trou. Lorsque la plantation est terminée, on rabat en bec de flûte les tiges des plants ; savoir, celles des plants les plus forts, à quinze centimètres au-dessus du niveau du terrain- les tiges des plants de moyenne force, à douze centimètres, et celles des plants les plus foibles , à cinq centimètres. En laissant ainsi à la sève moins d'espace à parcourir , les plants pousseront moins de bourgeons, mais ceux qu'ils produiront seront très-vigoureux. Lorsqu'on le peut, il est bon de terminer l'opération par arroser chaque plant.

Dans la première année de la plantation, on lui donne quatre binages, dont les trois premiers sont légers; mais le dernier doit être plus profond.

La seconde année, on donnera encore quatre binages à la pépinière , et trois seulement chacune des années suivantes.

Dès que les bourgeons des jeunes plants sont bien développés^ il faut commencer à

les disposer pour leur procurer de l)elles tjoos.

A cet efï'et, et dès la première anne'e de la plantation^ on choisit sur cliaque plant, parmi les bourgeons qu'il a de'veloppës, celui qui promet la végétation la plus vigoureuse. Ce bourgeon^ ou plutôt cette branche, est destine'e à former la tige du plant, et on la conserve intacte.

Si l'on trouvoit sur un plant plusieurs branches de même force , on choisiroit pour tige celle qui seroit la mieux place'e pour remplir cette destination.

La branche-tige étant choisie , on rabat les autres à la distance de cinq jusqu'à dix centimètres du tronc, suivant leur grosseur: plus elles sont petites et délie'es, et plus il faut les e'courter.

Au mois de juillet de la seconde anne'e, on supprime les chicots de l'année précédente , et on rabat en éventail les petites branches les plus basses de la branche-tige, à la distance de cinq à dix centimètres de cette nouvelle tige, suivant leur grosseur,

La troisième année, toujours dans le mois de juillet, on supprime les chicots de l'année précédente, et l'on écourte de la même manière les branches les plus basses de la nouvelle tige • mais on les tient un peu plus longues, afin de les forcer à prendre de la grosseur en proportion de son élévation.

On observe ensuite, annuellement , la mémo conduite, jusqu'à ce que la tige de ces arbres uH acquis euviroa un décimètre de tour, à

hauteur d'homme. Alors ils sont en état d'être transplantes définitivement.

On les lève de la pépinière avec une fourche^ et l'on évite d'en contusionner les racines. On coupe les petites avec une serpette , et les grosses avec une pioche bien trancliante.il faut avoir l'attention de conserver les grosses racines de la plus grande longueur possible, sans cependant pour^^cela endommager celles des arbres restans.

Plantation des arbres isolés , et formation de leurs tiges.

Preînière plantation. Lorsque la terre est suffisamment humectée, on peut, dès le commencement d'octobre, ouvrir les trous des arbres que l'on doit planter aux mois de novembre et de décembre suivans. Pendant cet intervalle , les terres du déblai s'améliorent d'autant par l'influence immédiate des engrais météoriques de la saison. Mais ce n'est que dans les terrains sains et légers que l'on peut agir ainsi ; car dans les terres compactes et argileuses les trous pourroient être remplis d'eau par les pluies qui tombent quelquefois avec abondance avant l'époque de la plantation , et il seroit alors impossible d'y planter avant le printemps. Pour éviter cet inconvénient, il faut donc n'ouvrir les trous dans ces derniers terrains qu'au fur et à mesure des besoins de la plantation. Quoi qu'il en soit , ces trous doivent avoir un mètre un tiers de côté, sur deux

tiers de mètre de profondeur ; on sépare les terres qui en proviennent^ suivant l'usage ordinaire , et on laboure ensuite le fond des trous à la profondeur d'un fer de bêche, mais sans en retirer la terre.

Avant que de planter , on jette dans le fond de chaque trou 1° les terres supe'rieures qui en ont été extraites^ 2° des gazons , ou de la bonne terre mélangée avec eux, et que l'on prend sur la superficie du terrain environnant. Ce premier remplissage est destiné à servir de lit aux racines des arbres à planter, et qui y seront placées aux profondeurs suivantes; savoir, à vingt-cinq centimètres dans les terrains sains et légers, et qui boivent bien , ou qui laissent aisément échapper l'eau ; à vingt centimètres dans ceux qui présentent plus de consistance ; enfin, au niveau même du sol dans les terrains humides et dans ceux qui sont argileux.

Lorsque le lit de l'arbre est ainsi préparé , on rabat proprement toutes les branches de la tige au niveau du tronc , et l'on coupe cette tige à la hauteur de deux mètres et demi , afin que les bestiaux ne puissent atteindre aux branches supérieures dont elle se garnira. Cette dernière section doit être franche, unie, sans éclats, et faite en bec de flûte, afin que l'arbre puisse ensuite recouvrir la plaie plus aisément, et que l'eau ni les frimas ne s^arrêtent pas dessus .

En prescrivant ici de couper la tige des

arbres en les transplantant , nous ne prétendons pas dire qu'ils ne reprendroicnt pas si on leur laissoit la tète , mais seulement f[ue dans ces plantations e'conomiques leur reprise sera plus assure'e. C'est particulièrement dans les plantations d'arbres d'essence dure que cette pratique est ne'cessaire. Nous avons éprouvé, d'ailleurs, qu'au bout de cinq ou six anne'es de transplantation les arbres que nous avons e'tétës pre'sentoient une tige au moins aussi belle et une vége'tation plus vigoureuse que ceux que nous avions plante's avec leur tète , malgré les soins beaucoup plus dispendieux que nous avions pris pour assurer leur reprise.

Les bois blancs, et principalement les peupliers , ne sont pas aussi difricileS;, et l'on peut, sans inconvénient, leur laisser la tête en les transplantant , mais il ne faut pas les planter trop gros.

On prépare ensuite les racines de l'arbre , comme nous l'avons prescrit pour la plantation des jeunes plants enracinés , et on le plante avec le même soin et les mêmes précautions.

Enfin , lorsqu'ils sont plantés , on les arme avec des épines fortement serrées contre la tige par deux ou trois liens , et on en butte le pied à une bauteur relative à l'bumidité naturelle du terrain. Ces buttes préservent les arbres d'une trop grande bumidité et d une trop grande sécberesse , les bestiaux en approchent plus difficilement pour se frot-

ter contre la tige ,, et elle est mieux de'fendue contre les coups de vent.

Pendant la première et la seconde anne'e de la plantation , on donne trois labours aux arbres qui n'ont pas été buttés j à la troisième feuille , on ne leur en donne plus que deux , et à la quatrième on se contente de cultiver les arbres les plus foibles.

Aux arbres buttés on donne deux façons pendant chacune des deux premières années de leur plantation ;, et une seule pendant la troisième 3 après cliaque labour on réforme les buttes.

Espacement des arbres isolés et d'alignement.

Ces espacemens dépendent de la qualité du sol et de l'essence des arbres.

i'' Si le terrain à planter n'a pas une trèsgrande épaisseur, et que cependant on veuille y mettre des chênes ou des hêtres , on les espace de sept à huit mètres.

2° Si le même terrain étoit d'ailleurs propre à la culture du frêne ou à celle des meilleures essences de bois blancs , on pourroit y placer les chênes à huit ou dix mètres de distance les uns des autres , et mettre entre chacun un frêne ou un arbre de bois blanc.

3'^ Si r©n vouloit planter des ormes sur ce terrain , on les y espaceroit de cinq à sept mètres , suivant la profondeur du sol ; mais l'orme admet difTicilemçnt le mélange

d'aucune autre essence de bois. Nous n'avons encore trouvé que le peuplier noir qui ne paroisse pas soutFrir de son voisinage.

4° Sur les terrains qui conviennent particulièrement à la ve'getation du frêne , on espacera ces arbres de cinq à six mètres. On observera les mêmes espacemens pour les platanes , et seulement ceux de quatre à cinq mètres pour les ypréaux , les peupliers et les trembles.

5° Sur les sols propres à la ve'getation des cliâtaigniers et des noyers, on espacera ces arbres de huit à dix mètres , afin que rien ne puisse s'opposer au développement de leurs têtes.

6"^ Sur les terrains les meilleurs et les plus profonds , on pourra diminuer ces différens espacemens ; mais nous ferons observer à ce sujet qu'un sol d'un demi-mètre d'épaisseur est un excellent terrain pour des frênes , des platanes , des ypréaux , des peupliers et des trembles , tandis qu'il n'est que d'une qualité médiocre pour les essences les plus dures.

y"' Lorsqu'on veut planter des arbres en plein champ sur des terres en culture ou sur des pâturages , on les espace de seize à vingt mètres sur les premières , et de dix à treize mètres sur les secondes. Ces grands espacemens sont commandés par la nécessité de ne pas jeter trop d'ombrage sur les récoltes de ces terres.

8° Lorsque l'on plante des avenues droites

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