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Maison rustique, pour servir a l'éducation de la jeunesse

Avant d'entrer dans le détail des recettes^ du régime, etc., je veux tâcher, en vous donnant un petit précis de l'histoire de la iiiédecine , d'orner un peu ce triste sujet qui ne nous entretiendra que des misères humaines les plus déplorables.

Chez les Romains, les sages-femmes étoient comptées au nombre des médecins. Valéria fut une des plus célèbres , ainsi que Victoria Sabina , à laquelle Théodore Priscien dédia son livre des Gynécées.

Les anciens Grecs, au contraire, n'employèrent long-temps que des accoucheurs , parce qu'il étoit défendu chez eux , par une loi expresse, de faire apprendre à des III. i

2 NOUVELLET

esclaves ou à dos femmes la tlieoric on la prat.ifjiie de la médecine ; cette science comprenoit alors , avec la médecine , la chirurgie et la pharmacie.

Sans. doute , les femmes qui n'ont pas fait d'ëtudes ne doivent nullement se mêler d'exercer la médecine , quelle que soit leur expérience. Mais si les femmes, dès leur enfance, destinées à cet état , faisoient dans ce dessein les études convenables , elles pourroient devenir d'excellens médecins pour les personnes de leur sexe. Agnodice , chez les Alliéiiiens, eut une grande réputation dans ce genre j elle se déguisa en homme , et étudia la médecine sous le professeur Hérophile. Quand elle fut suffisamment instruite, elle découvrit son sexe aux Athéniennes , qui lui gardèrent fidèlemeat le secret , et jurèrent unanimement de ne point prendre d'autre accoucheur. Agnodice, occupée seule aux accouchemens, excita l'envie de tous les médecins , qui l'accusèrent devant l'aréopage de séduire les femmes qu'elle accouchoit. Elle se justifia facilement en déclarant qu'elle étoit elle-même une femme 3 mais les médecins lui firent un crime d'avoir contrevenu à la loi qui défcndoit à son sexe l'exercice de la médecine ; on alloit la condamner sur ce nouveau délit , lorsque les femmes les plus considérables d'Athènes accoururent en foule pour la défendre , et obtinrent non -seulement sa grâce , mais un décret qui autorisoit les femmes à étudier la médecine.

En Éj,7pte , chaque médecin ne se meloit que d'une seule espèce de maladie , les uns pour les yeux , les autres pour la tetc , ceuxci pour les maux d'estomac , ceux-là pour les maux de ventre , etc. Démocède , habile me'decin , s'attacha d'abord à Poljcratc , tyran de Samos , que le satrape Orétcs fît mourir^ alors Démocède devint esclave du satrape : quelque temps après , Darius, fils d'Hystaspe, s'étant démis Je pied à la chasse , Démocède le guérit, ainsi qi^e la reine Atossa , qui avoit un ulcère au sein. Ces deux cures firent la fortune de Démocède. Les médecins les plus célèbres de l'antiquité furent , comme on sait, Hippocrale , Asclépiade, qui exerça son art à Rome , du temps de Pompée. Toute sa médecine se réduisoit à cinq ordonnances, X ahsùnence des viandes , X abstinence du vin. en certaines occasions , \q?> frictions , la pro~ menade et la gestation, c'est-à-dire différentes manières de se faire voiturer. Afin de prouver la bonté de sa théorie , il fit le pari de n'être jamais malade , il le gagna , et mourut d'une chute dans une âge très-avancé. Musa , affranchi , et médecin de l'empereur Auguste , étoit Grec et frère d'Euphorbe, médecin de Juba , roi de Mauritanie. Musa guérit Auguste d'une maladie très-dangereuse , en lui prescriyant des bains froids. Le sénat romain , en reconnoissance , lui fit élever une statue d'airain , que l'on plaça à côté de celle d'Escuîape. Auguste lui permit de porter un anneau d'or^ et l'exempta de

tout impôt; prMlc'go qui passa à ceux de sa profession. Musa liaila le jeune Marcellus de Ja même maladie , lui prescrivit de même les J)ains froids , et Marcellus mourut ; ce qui prouve que dans l'application des remèdes il ne sufïit pas de connoître parfaitement le jnal, il faut encore calculer avec exactitude si le remède convient aussi bien à l'âge et à la constitution du malade qu'à la maladie. 3Von-seulement il n'y a point en médecine de panacée , c'est-à-dire de remède universel pour tous les maux , mais il n'y en a point d'énergique qui soit (" sans exception } propre à une seule espèce do maladie pour tous les individus ; on ne peut , à cet égard , que donner des règles ge'nërales : ce qui constitue le grand médecin, c'est le jugement ^ le coup-d'œil , l'expérience , qui font modiilcr , préparer , mélanger les remèdes suivant Je tempérament, le genre de vie, etc., des malades.

Cclse , de la famille patricienne Cornélia , vivoit sous les règnes d'Auguste , de Tibère et de Galigula ; il écrivit sur la rhétorique , la médecine , l'art militaire et l'agriculture. Il MOUS reste de lui un ouvrage de médecine en huit livres.

Galien , fds d'un architecte , vivoit sous les règnes d'Antonin , de Marc-Aurèle, etc.

Dans les temps plus modernes , Albufarage fut un médecin fameux , et de plus historien : il composa en arabe un Abrégé de l'hisloire universelle. Il vivoit sur la lin du treizième

siècle. Akakia , nom pris du grec , qui signifie sans malice , fut professeur de médecine à Paris ; il mourut en 1 6o5. Les me'decins les plus célèbres morts depuis lui furent Chirac , Senac , Dumoulin, Boërrhave j Troncliin , Tissot , Bordeu , etc.

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