‹ Maison rustique, pour servir a l'éducation de la jeunesseChapitre 14 sur 39 · EAUX SALINES FROIDES · texte numérisé non relu

EAUX SALINES FROIDES

Pjrmont.

Pyrmont est situé dans le royaume de Westphalie , près de la grande rivière du Weser. Les eaux mine'ralcs coulent dansle vallon le plus riant et le plus fertile. Il existe à Pyrmont une fameuse caverne qu'on nomme la caverne vaporeuse. Elle a été observée par beaucoup de naturalistes voyageurs, qui y ont constaté la présence de l'acide carbonique , et qui lui ont trouvé la plus grande analogie avec celle de la grotte du Chien. En eftet , l'homme, les quadrupèdes, les oiseaux, les insectes mémos ne sauroienty vivre sans être frappés de stupeur et de suffocation. Les bougies, les torches allumées s'y éteignent d'une manière soudaine , etc. Pyrmont a plusieurs sources: i"la source anciennement désignée sous le nom de fontaine Sacrée ; c'est celle qui fournit journellement l'eau que boivent les malades , parce qu'on la voit sourdre du sein de la terre avec un bruit extraordinaire i 2« la source où l'on se baigne j on la qualifie du nom de fontaine bouillonnante {fins bullieiis ) ; 3° l'Aigreletle , qu'on assure

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avoir des caractères tout cliflércns des autres eaux de Pyrmont ; 4° il en est une qu'on avoit trop nëglige'c jusqu'à ce jour 5 on 1 appelle la nouvelle source j elle est situe'e à un quart de lieue de Pyrmont ; 5" il existe aussi, dans l'endroit même où est la fontaine principale, la source des Yeux, ainsi désignée à cause de l'usage particulier que l'on en fait ; 6» la source Ae'rienne , ou la source du Bain Inférieur jelle n'est guère en usage. Toutes les sources dont nous venons de parler forment une sorte d'amphithéâtre autour de la montagne de Kœnigsberg; beaucoup d'auteurs pensent qu'elles en tirent leur origine. Ces eaux jouissent d'une faculté éminemment tonique.

Pouilhoii,

Grand bourg du département des Landes , entre les rivières de Leiii et du Gave, à deux lieues de Dax , et à sept de Bayonne. La source qui fournit ces eaux est très-considérable ,• elles jaillissent en bouillonnant.

Raulin a consacré un long article sur les eaux de Pouilhon, et il n'hésite pas, après les avoir comparées à celles de Seydschutz et de Sedlitz , à leur donner la préférence sur ces dernières. Il vante surtout leurs propriétés contre les dérangemens de l'estomac, les vomissemens habituels, la dyspepsie, les engorgemens du foie, etc. Elles ont une action purgative très-déterminée.

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Sedlitz.

Village de Bolicmc, dans le cercle d'Elnbogcn.

Les eaux de Sedlilz sout amèios et salées , mais moins que celles de Seyd cliulz ; elles sont froides , limpides et pétillantes.

Il n'est point d'eau minérale dont l'usage soit plus re'pandu que celle de Sedlitz j c'est le purgatif le plus en vogue. On les emploie dans tous les cas où l'on veut produire une purgation légère et 2:)cu abondante^ ou lorsque 1 âge et la délicatesse du tempérament ne permettent point l'administration de moyens plus énergiques. En ge'neral , elles conviennent dans les engorgemens des viscères abdominaux , l'embarras gastrique intestinal , l'ictère ; etc.

Sejdschutz.

Bourg de Boliéme , qui se trouve peu e'Ioigné de Sedlitz.

Hoffmann conside'roit les eaux qui y sourdent comme appartenantes à la même source que celles de ce dernier village.

Elles conviennent , en ge'neral , dans les mêmes cas que les eaux de Sedlitz.

Epsum.

Village dans le comte' de Suny, en Angleterre , à sept lieuej de Londres. C'est de la source qui s'y trouve qu'on extrait le sel qui

se débile dans toute l'Europe sous le nom de sel d'Epsum.

La vertu laxative dos eaux d'Epsum est moins marquée que celle des eaux de Seydschulz et de Sediilz ; néanmoins elles sont indiquées dans les mêmes cas.

Eau de mer.

L'eau de mer vient naturellement se placer dans l'ordre des eaux salines • elle a néanmoins des caractères propres qui peuvent la faire distinguer de celles-ci. Les médecins de l'antiquité foisoient, à ce qu'il paroît , un fréquent usage de l'eau marine. Hippocrate la faisoil prendre en lavcmcns ; Celse en vante les bons effets contre plusieurs maladies j et Dioscoride parle d'une préparation fort usitée , dans laquelle on faisoit entrer cette eau. Plusieurs modernes ont rappelé l'attention des praticiens sur l'emploi de l'eau de mer • mais c'est surtout Russel qui a publié des vues très-ingénieuses sur ce point.

Les observations les plus exactes qui aient été recueillies sur les vertus médicinales de l'eau de mer sont dues aux médecins aniilais. Cette eau doit figurer parmi les moyens les plus énergiques qu'on peut employer dans le traitement des maladies lymphatiques. On a vu des affections scrophuleuses invétérées^ et des rhumatismes chroniques^ des examhèmes cutanés très-rebelles , tels que la lèpre squammeuse , la gale , quelques espèces de dartres, se dissiper par fusagc de l'eau de mer prise à l'intérieur ou en bains. Russel, qui l'a ad-

minlstrec dans ces diverses maladies, en a obtenu des succès Irès-salisfaisans, nolamment dans les tumeurs scropliulcuses et les ulcères de même nature.

Inde'pendamment des sources nombreuses dont on vient d'oiïrir un court tableau , ou pourroit indiquer encore les eaux mine'rales d'Ortez, de Gan , de Lurde, de Yillefranclie, dans le de'partement des Basses -Pyrénées ; celles de Molitz, dans le de'partement des Pyrénées-Orientales ; celles d'Ussat , dans le de'partement de l'Ariége ; d'Encause , dans le département de la Haute - Garonne j de î^îmes , de Fonsanclie , de Pomaret , de Bagnols , dans le département du Gard ; de "Verdusan , dans le département du Gers ; de Font-Caconada^ dans le département de l'Hérault ; de Chaudes-Aiguës , de Jaleirac , etc., dans le département du Cantal; de Miers, dans le département du Lot ; de IMartresde - Veire , dans le département du Puyde-Dôme j de Valotte , de Huclieloup , de !Niderbroun, dans le département des Vosges j de Mont-d(-- Marsan, dans le département des Landes ; de Jouhe , dans le département du Jura ', de Pont-à-Mousson , d'Eulmont et de Toul, dans le département de la Meurthe ; de Château -Thierry, dans le département de l'Aisne ; de Dieu-le-fit , dans le département de la Drome; de Vesoul, dans le département de la Saône; de Sainte-Parise, dans le département de la Nièvre; de Bourbon-Lancy (i),

(i) Ces eiiux sout excellenlcs pour les rbuBia-

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dans le département de Saône - et - Loire ; de Sail-les-Cliâteaux , de IMorand, dans le département de la Loire -, de la Plaine , dans le département de la Loire-Inférieure ; do Jarville , dans le département d'Eure - et- Loir • de Joannettc ;, dans le département de Maine-et-Loire ; de la Roclie-Pozay , dans le département d'Indre-et-Loire ; de Caen , dans le département du Calvados ,• de Bagnolles , dans le département de l'Orne j d'Abbeville , dans le département de la Somme j de Premeau^ de Sainte-Reine, dans le département de la Gute-d'Or ; de Monestier, de Briançon , dans le département de l'Isère ; de Toncy , dans le département de l'Yonne j d'Allancourt , dans le département de la Haute-Marne ; de Roye , dans le département de l'Oise ; d'Abbecourt , dans le département de Seine-et-Oise, etc. J'aurois pu citer encore avec des éloges mérités les eaux d'Avenheim , dans le département du Haut-Rliin j les eaux de Holz et de Châtenoy , dans le départe-ment du Bas-Rhin; deLannion, dans le département des Côtes du Nord , etc.

tismes , pour les impotens, etc.j elles sont chaudes, on s'y baigne, et on en boit 3 elles fortifient l'estomac. Elles sont situées cans la ville mémej le pain fait à Bourbon -Lancy est excellent et passe pour être le meilleur du Bourbonnais, ce qu'on attribue aux eaux mine'rales avec lesquelles on le pe'trit toujours dans ce lieu. La ville est située dans un fond , mais on y trouve de très-bons logemens , de la société, d'exccUens médecius^ et les /^cvirojis ca sont charniaus.

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Si l'on quille la France pour se transporter clans d'autres empires, on s'aperçoit que la nature a partout piocli,i;ue' les eaux minéialcs pour le bonheur et la conservation de l'espèce Iiumainc:rAni,delcrie s'enorgueillit, avec jusle raison , des bains de J3alb, qui n'ont rien perdu de leur aiiLjque célébrité' -j de ceux de Bri^lol , de Tunbridge , de Buxlon et de Malluk. On estime les eaux mine'rales de Ghellcniiam, celles d'Harrowgatt, et surtout celles de Scarborougli , qui sont le refuge des Anglais mélancoliques , et qui ont e'té tant pre'conise'es par la célèbre Fleming. Qui ne sait que l'Allemagne contient à elle seule plus d'eaux minérales que toute l'Europe ? On a fait mention des eaux de Wisbaden , de P3 rmont ; mais on auroit pu s'étendre aussi sur les eaux de Carlsbad , de Saint-Charles , de Tœplitz • sur celles de Schwalbach, de Wildangcn , de Gastein, etc. Il ne faut pas non plus passer sous silence les bains maritimes d'Obbcrau , de ISecklenbourg. La Suisse n'a pas seulement les eaux do Louesche et de Bade, dont nous avons fait mention ; elle possède aussi les bains sulfureux d'Alvenow , ceux de Pfeffers, etc. 3 les eaux acidulés de Saint-Maurice, dans la vallée d'Engaddine, etc. De quel intérêt eussent été' pour nous les eaux minérales de l'Italie, si féconde en merveilles de tous les genres , si nous avions entrepris leur histoire dans cet ouvrage ! Lorsqu'on traite des bains d'Ischia^ des eaux de Gurgilcili,

de Pisciareîli , de Citara , de Capoiie , de Castigllone, d'Olmilcllo , etc. , la matière dcvieiu inejjuisaljle , el l'on peut s'aider à ce sujet des savantes recliorclics faites par Girillo^ Andria, Attumonelli ^ et par beaucoup d'autres médecins et naturalistes recommandables. L'Espagne enfin, dont les provinces abondent en sources minérales ; que de reclierclies à faire sur les bains d'Ariicdillo, d'Alhama , de Sacedon , de Ledesma , d'Arclicna, de Prexigouero, de Benzalema, de Boza , d'Alcanten , de Puerto- Ilano, d'Alange , de Tcrnel, de Parcuellosde-Xicoca, de Barrauco , del Salto , de Fitero, de Lugo^de Trillo, de Fuencaliente, etc. !

On a tiré cet extrait de la Thérapeutique de M. Alibert.

L'auteur de ce petit traite sur les eaux minérales observe, avec sa sagesse accoutumée, qu'elles ne peuvent être véritablement salutaires que lorsqu^on se prépare à les prendre par un régime convenable, et que l'on suit aux eaux ce régime avec persévérance. La dissipation est nécessaire aux eaux, mais une dissipation sage, uniforme, réglée, et qui ne soit jamais fatigante. Il faut aussi que l'exercice y soit journalier, constant, et toujouis modéré.

On auroit besoin d'un bon ouvrage complet et bien détaillé sur les eaux minérales. 11 taudroit qu'il contint aussi la description des lieux, des promenades, des ressources qu'on peut y trouver pour la table,

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le logement, ctc.j des détails sur la salubrité de l'air, sur les eaux communes à boire, sur la partie la plus saine de la ville ou du village, etc. Par exemple, il y a à Spa un coté de la ville qu'il est très - fâcheux d'habiter, celui qui est adossé contre les montagnes j l'humidité en est telle que les champignons croissent dans les chambres. L'autre coté et le haut de la ville ont des logemens trèssains. C'est une chose bonne à savoir quand on fait retenir d'avance une maison. Lorsqu'un malade est affecté moralement par un grand chagrin, et qu'il est foible, exténué, et menacé de la consomption , quelque bonnes que soient pour son état les eaux qu'on lui prescrit, sa santé ne s'y rétablira pas si l'air en est trop vif ou trop humide , si le lieu est triste et les promenades difficiles et fatigantes. Il faut donc connoître toutes ces choses ; tant d'eaux minérales ont à peu près les mêmes propriétés, qu'avec ces connoissances locales le médecin pourroit indiquer celles qui réuniroient toutes les qualités nécessaires a ses malades. Le défaut de cette espèce de connoissances a fait souvent commettre des fautes graves aux plus grands médecins. Il est certain, par exemple, que Tair de Nice est parfaitement pur, mais il n'est nullement bon pour les poitrines délabrées. Cependant , avant la révolution , presque tous les pulmoniques étoient envoyés à Nice , au grand étonnement des médecins de cette ville, qui de leur côté envoient à Lyon

lous ceux de leurs compatriotes qui sont attaqués de cette maladie.

Les eaux mine'rales artificielles ne remplaceront jamais parfaitement les véritables : 1° la dissipation du voyage et le changement d'air sont , dans presque toutes les maladies chroniques, extrêmement utiles; 2° l'obligation de quitter les habitudes de la vie ordinaire , celle de se coucher de bonne heure et de suivre un régime, ne le sont pas moins. Enfin, il est naturel d'avoir plus de confiance dans le travail en grand de la nature, que dans celui des hommes. Toute bonne ménagère sait qu'un bouillon , avec la viande la mieux choisie, ne vaudra rien s'il est fait en deux heures, et que ce même bouillon seroit excellent s'il eût été fait à petit feu en huit heures. Qui nous prouve qu'il n'a pas fallu des siècles , on du moins un temps très-long, pour donner aux eaux minérales toutes leurs propriétés jusqu'au vrai degré de perfection? On peut bien dérober utilement quelques secrets précieux à la nature , mais l'art ne l'égalera jamais dans aucune de ses productions.

Au reste , les eaux .minérales artificielles , auxquelles on a dû un grand nombre de guérisons bien constatées, sont un supplément aux eaux minérales naturelles , qui honorera toujours la science et les travaux des chimistes et des médecins modernes.

Avant de quitter la médecine, je vais extraire de l'Encyclopédie un article assez curieux ^ intitulé Rêi^e , médççijie. Ce qui

m'y engage ( quoiqu'au fond l'article me paroisse plus l)iz,aiTe qu'utile ) , c'est qu'on y dit que ces observations , tirées des ouvrages de Lomnius ^ sont toutes cC Hippocrale , et qu elles méritent une attention singulière de la part des médecins. Cependant une trèsgrande partie de cet article ressemble tellement aux contes des diseuses de bonne aventure , que , malgré mon respect pour Hippocrate, j'ai cru devoir la supprimer.

« Les rêves sont des aflcctions de l'âme qui surviennent dans le sommeil, et qui dénotent Te'tat du corps et de l'âme, surtout s'ils n'ont rien de commun avec les occupations du jour ', alors ils peuvent servir de diagnostic et de pronostic dans les maladies. Ceux qui révent du feu ont trop de bile jaune ; ceux qui ré vent de fumée ou do brouillards tqjais abondent en bile noire ; ceux qui révent de pluie, de neige, de grêle , de giace, de vent, ont les parties intérieures surcliargées de flegme ; ceux qui se sentent en rêve dans de mauvaises odeurs, peuvent compter qu'ils logent dans leur corps quelque bumeur putride. Si l'on voit en rêve du rouge , c'est une marque qu'il y a surabondance de sang ; la mer agitée pronostique i'alTection du ventre ; la terre couverte d'eau n'est pas un meilleur rêve, c'est une marque qu'il y a intempérie humide; et si l'on s'imagine cfétre submergé dans un étang ou dans une rivière , la même intempérie sera plus considérable. Voir Ja terre sécher cL brûler par le soleil, c'est pis

encore, car il faut que l'iiabitude du corps soit alors extrêmement sèche. Si l'on a besoin de manger ou de. boire, on rêvera mets et liqueurs 5 si l'on croit boire de l'eau pure , c'est bon signe; si l'on en croit boire d'autre, c'est mauvais signe. Les monstres , les personnes arme'es, et tous les objets qui causent de l'efTroi , sont de mauvais augure y car ils annoncent le délire ; si l'on se sent précipité de quelque lieu élevé , on sera menacé de vertige , d'épilepsie ou d'apoplexie , surtout si la tête est en même temps chargée d'humeurs.»

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