‹ Maison rustique, pour servir a l'éducation de la jeunesseChapitre 19 sur 39 · III. J · texte numérisé non relu

III. J

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laisser dans ralliliide convcnal)lc. Il est uu moyen très-simple de les grouper comme on veut en leur conservant tout leur e'clat. C'est de piauler les queues dans de petits concom- Lres , qui les entretiennent au moins aussi fraîches que l'eau. Ce petit secret est utile aussi pour transporter des fleurs d'un lieu à un autre. Il peut servir aussi dans des fêtes j onformeroit ainsi des guirlandes de fleurs naturelles qui conserveroient beaucoup plus d'un jour toute leur beauté' : il sufllroit d'cnliler des concombres dans un gros fll , et ensuite de piquer dans ces concombres des roses et d'autres fleurs à queues un peu fermes ; et en composant la guirlande^ de bien cacher les petits concombres avec les feuilles et les fleurs (i). Voyez, au chapitre du Cabinet d'Histoire naturelle, la manière de dessécher les fleurs.

(i) Si l'on veut rendre d'un beau vert, sans la flétrir, une rose qu'on vient de ciieiflir, on la couvrira entièrement de tabac bien naturel, qui ne soit pas trop sec ; au bout de deux ou trois heures on la secouera doucement, elle sera fraîche et verte.

Yoici un moyen sur défaire revivre une fleur fanée du jour : Coupez le bout de la queue, et ensuite brillez cette queue coupée à la bougie jusqu'à ce qu'elle s'enflamme j alors mettez la fleur dans l'eau; au bout de quelques heures elle aura repris toute sa beauté. Ceci ne peut se faire qu'une fois pour les roses , mais peut se faire avec succès deux et trois fois pour le réséda, les jonquilles, les narcisses , etc.

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Multiplication des fleurs.

On multiplie les fleurs par dilTercns moyens, 1° par les rejetons ou surgeons qui sortent du pied d'une plante , mais avec des racines 5 ils reprennent aisément , et ce sont autant de nouvelles plantes • lî^par les provins, qui sont les branches qu'on couche en terre , sans les séparer de leur mère-branche j 3° par marcottes , qui sont de jeunes branches belles et fortes, qu'on fait tenir sur la plante qu'on veut marcotter , en y faisant une incision par le milieu près du nœud; on tient l'incision ouverte par quelque brin de paille , puis on la couvre de quelque peu de terre , et on l'y arrête , de peur qu'elle ne se relève : dès que la marcotte a pris racine , on la coupe pour la séparer de la mère-plante \ t\ par les boutures , qui sont des branches à boutons qu'on prend sur quelque plante d'un arbuste , et qu'on fiche en terre sans antre apprêt : on doit chercher les plus vives , les tailler par le bout en pied de biche , les laisser tremper quelques jours dans l'eau , et les planter toutes fraîches; c'est un moyen pour qu'elles produisent promptement des racines j "i^ par les taies , c'est une manière de multiplier propre seulement aux fleurs , et qui se pratique en éclatant leurs plantes ou racines ; 6° par les caïeux et œilletons, qui sont cerlains bourgeons que quelques plantes poussent de leurs pieds pour se régénérer.

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leroit : on los retire de mcmc pour les suspendre et laisser e'goutter pendant quelques instans, jusqu'à ce qu'elles aient pris assez de couleur* alors on les plonge dans l'eau claire, pour leur enlever toute i'eau-fbrte , et on les suspend pour la dernière fois, afin quelles se sèchent entièrement.

Parmi les fleurs desse'cliees naturellement ou par l'art, et qu'on veut chamarrer , il y en a quelques-unes, surtout l'immortelle blanche , appelée e'ternelle ou bouton blanc , qu'on trempe dans une eau de f,fomme épaisse, pour les poudrer ensuite de diverses couleurs, telles que le carmin , le vermillon, la laquecolombine , pour le rouge j pour le bleu , l'azur, la cendre bleue et le tournesol qui s'y applique liquide; pour le jaune , la gommegutte liquide ou la poudre d'or. On sèche au soleil les fleurs ainsi saupoudrées , ensuite on les retrempe dans de l'eau de gomme arabique , ou dans le vernis de blanc d'œuf édulcoré avec quelques gouttes de lait de figuier ou de tithymale.

Les Napolitains, pour donner à leurs fleurs artificielles les mêmes odeurs qu'ont les fleurs naturelles , cachent un peu d'oléo-saccharum dans le calice de la fleur artificielle : cet oléosaccharum'est une huile essentielle combinée avec du sucre; carie sucre se charge de l'huile aromatique , et lui donne des entraves qui rempechent de se dissiper aussi promptcment qu'elle feroit sans cela ; c'est encore un moyen pour rendre ces huiles miscibles avec Veau.

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On peut aussi de'terminor l'odeur des fleurs naturelles et vives : il suilit d'arroser un terreau do vinaigre ambré et musqué , etc. , avant d'y semer les graines et oignons également macérés dans cette même liqueur.

Fleurs des quatre-saisons.

Le retour du printemps est le retour des fleurs ; celles de cette saison sont : les tulipes liàtives , les anémones simples et doubles à peluche , les renoncules de Tripoli , les jonquilles simples et doubles , les jacinthes, le muguet , le lilas , les narcisses , la couronne impériale , l'oreille d'ours , la giroflée , les violettes de mars , la pensée , les pâquerettes et les primevères.

Celles qui ornent les jardins en été, c'està-dire en juin, juillet et août, sont : les tulipes tardives, les lis, les tubéreuses , les pavots , les hémérocales ou fleurs d'un jour, les martagons , qui ressemblent aux lis ; les œillets de diverses espèces , les giroflées jaunes , l'immortelle , les basilics , les pivoines , la croix de Jérusalem , la julienne , les roses.

Les fleurs d'automne sont : la tubéreuse , les balsamines, les reines -marguerites, les soucis doubles , les amarantes , les passe-velours ou queues de renard, les œillets d'Inde , les roses d'Inde , celles de tous les mois , les roses musquées, le safran automnal, le géranium couronné ^ les gmbret^es; les caren-

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tlùnes simples et doubles de toutes couleurs , les immortelles , les cliignacs , les belles -deiiuit , les thlaspis.

Celles d'hiver sont : les ane'moncs simples, les jacinthes d'hiver, le cyclamum d'hiver, le laurier-thym , le perce-neige, les immortelles , les narcisses simples , le crocus printanier , les hépatiques , etc.

Nous devons observer ici qu'il est trèsdangereux de se tenir enfermé dans un appartement où l'on auroit mis quantité de plantes aromatiques et de fleurs , pour récréer les yeux et flatter l'odorat : leurs émanations altèrent infiniment l'air d'une chambre étroite et bien close, elles le rendent délétère et dangereux : on sait que les roses , les fleurs de sureau et toutes les plantes odorantes, mises pendant deux heures sous une cloche de verre qu'on plonge dans une lame d'eau, que peut contenir le fond d'une assiette, rendent méphitique l'air qu'elle contenoit , au point qu'une bougie allumée , et plongée dans la masse de cet air , s'y éteindra à différentes reprises , et que des animaux qui séjourneroient trop long -temps dans sa sphère d'activité y périront asph3xiés comme dans l'air fixe et dans quelques eaux fluides aériformes. L'expérience a démontré aussi que les fruits du cognassier, du pommier, produisent sous la cloche le même effet ; par conséquent , l'air d'une fruiterie qui seroit hermétiquement fermée seroit mofétique. Il n'en est pas de mémo de reflet des plantes végétantes et

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livrées sur la terre au courant d'un air libre , c'est-à-dire atmosphérique; celles cpi sont expose'cs au soleil tendent même à améliorer l'air.

Il scroit à désirer qu'on fit servir à la botanique Fart si perfectionne' de faire des fleurs artificielles (i) , pour faire des plantes en botaniste, c'est-à-dire qui ne soient pas doubles ; il ne faut presque aucun des apprêts nécessaires pour les fleurs doubles • on n'a besoin que d'un ou deux gaufriers pour les feuilles de roses champêtres , et un très-petit nombre d'autres. Les nervures de presque toutes les fleurs des champs sont très-légères et se font avec une pointe de ciseaux. Voici comment on fait les fleurs : on prend un des

(i) L'auteur de cet ouvrage a fait, il y a vingttrois ou vingt-quatre ans, près de raille plantes artificielles , presque toutes exotiques , qui formoient un cabinet qui a été vu par un grand nombre de personnes j ces plantes étoient d'une imitation que M, de BufFon trouva si parfaite qu'il parut regretter vivement de n'avoir pas de fonds pour faire cette entreprise en grand ^ au cabinet d'histoire naturelle 3 il auroit voulu faire une galerie remplie de ces fleurs, pour servir à l'étude de la botanique durant l'hiver. Pour conserver toujours ces plantes placées dans des caisses , il faut les couvrir de châssis de gaze ou de canevas, le tout recouvert d'enveloppes détachées de toile cirée, et quand on les découvre , ne pas les exposer au soleil.

On a vu à Paris , dans le même temps, une collection de fruits artificiels en pierre, parfaitement imités • elle appartenoit à un particulies Hommé M. de Saint- Germain.

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