JARDIN POTAGER
De V exposition du potager,
La plus mauvaise est l'exposition du nord ; les meilleures sont, en général, celles du levant et du midi. On doit , au reste , avant de déterminer l'emplacement d'un potager, connoître , depuis deux ou trois ans, les venis dominans du climat , et surtout les points d'où partent les vents impétueux et les orages.
Le potager doit être placé près de l'habitation et près des dépôts de fumier^ malgré cela , il est bon que le maître puisse , de sa demeure, voir ce qui se passe dans son potager , et surveiller son jardinier.
Il est bon d'avoir son potager à la naissance d'un petit vallon , formant une espèce d'amplutliéâtre circulaire • cette situation offre différentes expositions, et multiplie les abris. Il faut bien prendre garde, cependant, que ce plan incliné soit, je ne dis pas rapide, mais même un peu au-defâ de la pente très -douce ; les pluies entraîneroient l'humus, ou terre végétale , qui ftut la base essentielle d'un bon jardin, et qui est le résultat des débris des végétaux, des animaux et des engrais. Une seule pluie d'orage , sur un terrain en pente,
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entraîne plus de terres ve'getales qu'il ne s'en forme dans une année.
Le sol du bas des vallons est toujours trèsbon en ge'ne'ral et très-productif, parce qu'il est engraisse' par la terre vége'talc que les eaux ont fait descendre du vallon 5 mais souvent ce local est mare'cageux. Le premier soin est donc d'ouvrir, autour du jardin, un fossé large et profond, afin 1° d'y recevoir la terre ve'ge'tale entraînée du coteau ; 2° d'y contenir les eaux et les empêcher d'inonder le jardin j S*' pour servir d'écoulement aux eaux du sol et l'assainir : avec de telles précautions on aura un fonds excellent. Cependant on a encore à redouter les funestes effets des brouillards, que les cultivateurs appellent les rosées. Dans une matinée toutes les plantes sont couvertes comme d'une espèce de rouille qui les fait périr, ou du moins les empêche de prospérer. C'est par la même raison que les légumiers, placés près des bois, ou entourés de hautes charmilles, etc., ne réussissent jamais aussi bien que ceux qui sont à découvert, et où les vents dissipent l'humidité vaporeuse de notre atmosphère. Dans les jardins ordinaires le niveau de pente est trop fort à deux pouces par toise.
Du sol d'un potager et de sa préparation.
Si l'on ne veut que des légumes remarquables par leur grosseur, on s'en procurera avec un fonds de terre de deux pieds environ, uni-
quement composé de débris de couches, de débris de végétaux, unis à beaucoup de fumier, et enfin avec de nombreux arrosemens. Ces légumes seront magnifiques à la vue, mais ils sentiront l'eau et le fumier : tels sont les laitues et les herbages qu'on cultive en Hollande.
Mais si l'on désire des légumes bons et bien savoureux, il faut avoir une terre franche, modérément fumée et arrosée.
Il faut encore, avant de fixer l'emplacement de son jardin et d'en tracer le plan , avoir égard à différentes circonstances, telles que les avantages et les inconvéniens du local, la position de l'eau ^ la facilité dans sa distribution , la commodité des charrois, le transport et le dépôt des engrais, etc.
Le local décidé et le plan tracé, il ne s'agit plus que de défoncer le sol, afin que dans la suite on soit en état de travailler partout également.
Les allées tracées, on enlèvera la couche supérieure de terre, et on la mettra en réserve • on creusera les allées, afin de recevoir les pierres et cailloux qui se présenteront lors de la fouille générale.
Si le sol est marécageux, ou simplement humide, ces pierrailles sont très-utiles pour établir les écouloirs souterrains qui transporteront les eaux hors de l'enceinte.
L'emplacement doit élre fouillé à trois pieds de profondeur. Il est inutile de faire fouiller les allées^ ce seroit une dépense superflue. On
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commence par enlever la terre de la première fouille, de trois pieds de profondeur sur quatre ou cinq pouces de larqeur^ et on la porte à l'autre extrémité' du carre. Les brouettes sont d'autant plus commodes pour cette opéralion;, qu'elles peuvent être conduites par des femmes ou des jeunes gens, dont les journées sont moins chères. Lorsque le sol n'est pas pierreux la bécLe est prélerable aux pioches, ou à tels autres instrumens de ce genre, parce qu'elle divise la terre, l'émiette et la nivelle mieux, et plus régulièrement. L'ouvrier continue ainsi son travail, jusqu'à ce qu'il parvienne à l'extrémité du carré; là, il trouve la première terre transportée , qui lui sert à remplir le vide formé par la dernière tranchée ; alors le carré est complètement défoncé, et la superficie se trouve de niveau.
Dans les pays méridionaux, il convient de défoncer à la fin de janvier ou de février , afin que la terre ait le temps de s'approprier les influences de l'atmosphère. Dans les provinces du nord l'automne est la saison favorable , la terre n'étant ui trop sèche ni trop mouillée. Si elle est trop sèche, le travail est long, pénible et coûteux; si elle est trop pénétrée par l'eau il est inutile de le commencer; on pétriroit la terre, on la durciroit et on la tourneroit mal.
Le défonçage à trois pieds de profondeur ne doit avoir lieu qu'autant que l'on se propose déplanter des arbres fruitiers dans le potager; autrement la tranchée de deux pieds
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«st sufiisantc, parce que je ne connois pas de le'gumes à racines pivotantes qui plongent plus avant.
Si la fouille a e'te' faite avant Tliivcr , il faut couvrir le sol avec du fumier bien consommé, pour que les pluies et les neiges le de'trempent et imbibent la terre de sa graisse. Si au coiitraire la fouille a été faite après l'biver, il faut enterrer le fumier à quelques pouces de profondeur, afin que l'ardeur du soleil et le courant d'air ne détruisent et ne fassent pas évaporer ses principes vivifians. Je suppose que l'on aura Je bon esprit délaisser à la terre, avant de cbercber à en jouir , le temps d'être travaillée et pénétrée par les météores.
Après ces opérations, le jardinier divise ses carrés en tables ou planches. Si le jardin doit être arrosé par irrigation , il trace la place des rigoles j eu un mot, il prépare le terrain pour recevoir des plants enracinés ou des semences. La commodité, la facilité dans le service, dans l'arrosement, le transport des fumiers , sont les seules considérations qui doivent diriger dans le plan d'un potager.
Du temps de semer.
Il est impossible de fixer une époque générale pour les semailles, à moins de se contenter d'écrire pour un canton isolé; encore nos conseils seroient-ils subordonnés à l'état variable des saisons. Nous considérerons les deux extrémités de la France, celles du midi
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et du nord. Los cullivalcurs modifioront l'epoquc des scmaillos en raison de leur cloignement do ces doux points o])posësj et surtout en raison des abris que la nature leur l'ournit. Lille en Flandre et Paris sont les exemples pour le nord j Marseille et Beziers pour le raidi. Les deux ** indiquent qu'il faut semer sur couches et sans cloches, pour le climat de Paris seulement^ la couche et la jurande paille au besoin suffisent pour l'autre. La seule * marque que la graine demande à être seme'e dans un lieu bien abrité j le reste sans * indique qu'il faut semer en pleine terre.