JANVIER
Climals de Paris et de Flandre.
** Fèves. Chicorée sauvage.
** Laitues. ** Cardons.
** Melons. ** Concombres.
** Radis. ** Cerfeuil.
** Pclilcs raves. ** Cresson alenois.
** Pourpier vert. * Oignons de Sl-Anloine.
Climat des bords de la Méditerranée.
** Melons. / allemande.
** Concombres. ^ pomme de; Berlin.
** Pourpier. £. \ grosse rouge.
** Céleri. | l jeune rouge.
* Radis. ^ j coquille.
* Peliles raves. [ passion.
* Choux. - fleurs liâiifs. V grosse bloade.
MAISON RUSTIQUE, gtosse gorge. * Cresson alénois.
Bapaurae.
les Gc'ues.
r Italie, la royale, la golte. chicou rouge, panaché, hùlif.
gris, sanguine ou
gelle'c.
* Mâche.
* Cerfeuil.
Poireaux.
Oignons.
blancs.
pommes, de Milan, verts, rouges.
fla-
Fèves.
Pois.
Persil.
Échaloltes.
Épinards.
FÉVRIER. Paris.
** Melons.
** Aubergine.
** Petites raves. ** Radis.
** Pourpier vert.
** Concombres.
** Oignons.
** Carottes.
** Choux de Milan.
** Choux-fleurs.
** Basilic.
** Couches à champignons, ** Asperges.
** Haricots.
* Pois.
* Fèves de marais.
* Ail.
* Eclialottes.
* Rocamboles.
* Ciboules.
* Oignons.
* Chicorée.
* Scarole.
* Chou frisé nain.
Epinards.
Cerfeuil.
Persil.
** Laitue du mois précédent.
Méditerranée .
fleur.
brocoli.
cabu ou pommé.
de Milan.
de Strasbourg.
* Oignons d'automne.
Pois.
Fenouil.
Cher vis.
Topinambours.
** Poivre d'Inde.
** Aubergines.
** Courges.
** Concombres.
** Melons.
** Céleri.
■** Basilic.
Fèves.
Fournitures de salade
Cardons d'Espagne.
Haricots.
Asperges,
Carottes.
Pommes-de-terre.
Poirc-e.
Petites raves.
Radis de toute espèce*
Persil.
Salsifis.
Cerfeuil.
Scarole.
Mâche.
Sénevé.
Panais.
Arroche.
Lentilles.
MARS. Paris.
** Couches a champignons.
** Melons.
** Potirons.
** Courges. • ** Concombres.
** Choux-fleurs.
** Céleri.
** Capucine.
** Basilic,
** Chicorée sauvage.
** Fèves de marais.
** Haricots.
j^ ' Versailles.
g. I la George.
fi I la petite crêpe.
" 1 le Bagnolet.
Persil.
Cerfeuil.
Radis.
Raifort.
Petites raves.
Navets.
Pimprenelle.
Pourpier vert.
Poirée.
Cresson alénois.
Oignons.
Epinards.
Fèves de marais.
Pois.
Carottes jaunes et rouges.
Lentilles.
Pommes-de-terre.
Estragon.
Chicorée sauvage.
Moutarde.
Chicorée,
Méditerranée .
à coquille.
de la passion.
romaiue.
chicon vert.
grison.
d'Espagne.
d'Allemagne.
panachée.
alphange.
Raifort.
Radis.
Petites raves.
Epinards.
Persil.
Poire'e.
Betteraves jaunes et rouges.
carrés.
nains.
à parchemin.
romains.
d'Angleterre.
verts.
michaux.
baron.
à cul noir.
de tous les mois.
^ goulus.
Courges.
Melons.
Concombres.
Esli-agon, Perce-pierre.
Navets.
Radis.
On peut encore essayer des laitues des mois préce'dens.
Poireaux.
Oignons d'cle'.
Oignons d'automne.
Échalotles.
Aulx.
Fèves.
Chervis.
Cardons.
Haricots.
Artichauts.
Asperges. •
Basilic.
Capucines.
Bourrache.
Sarriette.
Carottes.
Panais.
Scorsonèi'e.
Salsifis.
Céleri.
Cerfeuil.
Chicorée de toute espèce.
Pourpier.
Cresson alénois.
Angélique.
Petites raves.
Pommes-de-terre.
ïopinamboms.
Pommes d'amour ou tomates.
Choux de toxite espèce.
El même les choux-Ueurs.
AVRIL. Paris
de Milan, fleurs.
Céleri.
Cardons.
** Polirons.
Chicorée.
Maïs ou blc de Turquie
Cai'dons.
Haricots
à cul noir.
goulus ^ carre's.
Fèves Persil.
Carotte» jaunes et rouges Laitue.
Chicorée sauvage.
Salsifis.
Betterave jaune et rouge, Sarriette.
naricoi!
l Ci
** DilTc'rcntes laitues.
** Pourpier.
Choux de Milan.
Poiice.
Radis.
Petites raves.
Panais.
fT* ( de Silésie.
^' I de Versailles- <^ \ d'Italie, frisés.
Cj
nains.
flcui's durs.
de la Saint-Remi.
brocolis.
longs.
plein, branchu.
Cardons.
Polirons,
Concombres.
Mcditerranée.
la royale.
la crêpe blonde.
la petite rouge.
la capucine.
d'Autriche.
roule lie verte.
tous les cliicons.
fleurs.
* de Milan.
raves.
brocolis.
Oignons.
Chicoiées-endives.
Epinards.
Persil.
Fèves.
Raiforts,
Radis de toute espèce.
Cardons,
Artichauts.
Haricots,
Oxcc ou alléluia.
à cul noir.
nains.
goulus.
michaui.
Scorsonère.
Salsifis.
Pourpier.
Pommes d'amour ou tomates.
Anis.
Oscille.
Basilic.
Carottes.
Poivre (l'Inde.
Aubergines,
Navets.
Fenouil.
MAI. Paris.
**■ Choux-fleurs.
Choux tardifs.
Cardons d'Espagne.
Melons.
jjaricots blancs.
Fèves de marais.
Poirée.
Oseille.
Céleri.
Cerfeuil.
Laitues.
Pourpier dore.
Pois, et surtout le carré
blanc.
Choux divers.
Scorsonère.
Betteraves.
Concombres.
Cornichons.
Radis.
MdcUterran ée.
chicons de toute es- Laitues.
pèce. Pourpier dore',
brune de Hollande. Pois, et surtout le carre
petite crêpe.
de Milan, fleurs tardifs.
Raves.
Pois à cul noir.
Epinards.
Raifort.
Haricots.
Chicorée.
Mikhe.
blanc.
Choux d'hiver.
Scorsonère.
Betteraves. Concombres.
Cornichons.
Radis.
JUIN. Paris.
Poirée blonde et Verte.
Pourpier doré.
Laitues.
i58 NorvEiite
Chicons vcrls. ^ f michaux.
Cerfeuil. K' j suisses.
p / porame's hâlifs. Radis.
o / frises hâlifs. Raves.
H I de Milan. Raiforts.
Méditerranée.
Chicons de toute espèce. Epinards.
P l verts. Haricols.
g < de Milan. Concombres.
X * brocolis. Carottes.
^ f nains. Basilic.
»■ i à cul noir. Chicorée-endive.
Toute espèce de radis, et Scarole.
surtout le gros radis Pourpier doré.
noir de Strasbourg. Mâche.
JUILLET. Paris.
Oseille. Radis.
Poirée. Raiforts.
Cerfeuil. Raves.
Laitue royale. Choux de Bonneuil.
Chicorée. Haricots.
Pourpier doré. Oignons blancs.
michaux. Ciboules.
carrés. Fraisiers des bois.
Navets.
Méditerran ée.
Laitues. Radis de toute espèce.
Ciboules. Haricols de toute espèce ,
Epinards. excepté celui d'Espagne.
Cerfeuil. Navets.
Endives de toute espèce. Pourpier.
\ MAISON RUSTIQUE. l5()
AOUT. Paris.
Cerfeuil. Oseille.
Chicorée. / fleurs durs.
Poire'e. I pommés hàlifs,
Epinards. ^ \ irisés halil's.
Navets. o' \ ^*^ Milan.
Laitues d'hiver. g 1 gros de Milan, Mâches. [ de Bonneuil.
* Oignons ])lancs. V d'Aubervilliers,
Raves. Salsifis.
Ciboules/ Scorsonère.
Méditerranée.
petite ci'êpe. Epinards.
grosse blonde. Cardons.
brune de Hollande. Carottes.
cocasse. Scorsonère.
coquille. Endives.
la passion. Chicorées.
laitue-épinard. Mâches.
Chicons romains et verts. Navels.
Oignons d'été. Raves.
ri ( fleurs. Raiforts.
t \ cabus. Radis de toute espèce.
P i de Milan.
SEPTEMBRE. Paris.
Raves. Raifort.
Radis. Carottes jaunes et rouges,
Epinards. Cerfeuil.
Mâches. * Pois michaux.
Oignons blancs.
Méditerranée.
à coquille. Endives,
de la passion. Chicorées,
pommées. Mâches,
petite crêpe. IS'avcts.
brune de Hollande, Radis.
la roulette.
la royale.
la Gcnes.
chicon d' Allemag.
laitue-cpinard.
Choux-fleurs hâtifs.
Cerfeuil.
Petites raves,
Épinards.
Oignons.
Ail.
Ilocamboles. I
Echalottes.
à remettre en terre.
Épinards.
Cerfeuil.
Mâches.
Radis.
OCTOBRE. Paris.
Petites raves.
* Pois verts.
romaine; crêpe.
Méditerranée.
fleurs, cabus.
* Fèves.
* Concombres.
Oignons.
Endives.
Chicorées.
Raiforts.
-Mâches.
Cresson alénois.
Navets.
Radis.
Petites raves.
Epinards.
! goulus, barons, michaux.
nains.
Coriandre.
NOVEMBRE, Paris.
yerts.
dominés.
michaux.
à semer en mannequin.
Méditerranc'e,
roulette. * Chicons.
la George. Oignons,
la mignonne. Raiforts,
de Silésie. Radis,
panachée. Petites rayes,
de la passion. Epinards.
capucine, * Fèves
paresseuse. ^ (
d'Autriche. 2
iGi
michaux.
nains.
goulus.
1 crêpe verte.
DÉCEMBRE. Paris.
* Pois Yerts. *- Fèves de marais.
Méditerranée.
Laitues, les mêmes que La Versailles.
dans le mois préce'- Oignons.
dent, et en sus : Fèves.
La rouge pomme'e. '^ Radis.
La royale. * Petites raves.
On sera peut-être étonné de voir certaines espèces semées chaque mois de l'année , surtout dans les provinces méridionales , comme les radis , les epinards. Sans cette précaution on n'en auroit à cueillir que depuis le mois de septembre jusqu'en mars,alors les derniers et les premiers scroient trop durs après trois semaines ou un mois de leur semis. Si l'on veut jouir toute Fannée , il faut semer souvent, parce que la grande chaleur fait promptement monter les plantes en graines.
x6q nouvelle
Espèces de plantes potagères.
Gomme elles sont en très-grand nombre, on peut les réduire en quatre ou cinq classes : 1° les racines, telles que sont les carottes, panais, navets, raves, boitera ves, salsifis j 2° les verdures , tels sont les cboux , ]apoire'e, la bourrache, les épinards, l'oseille; 3° les salades, comme les laitues, la cliicorée , le céleri, les mâches, les raiponces, le pourpier, le cerfeuil , l'estragon, la pimprenelle , la capucine; 4° les le'gumcs, pois, fèves, haricots, lentilles; 5'^ les fruits de terre, tels sont les melons, les concombres, citrouilles , potirons , artichauts , asperges , cardes et cardons ; G"^ les plantes fortes , comme oignons , ciboules , échaloltes , rocamboles , ail, poireaux; ']° les odoriférantes^ comme le baume , la lavande, la sauge , le thym.
De toutes ces plantes on en laisse la plus grande partie dans la place où on les plante ; mais on transplante les cardes , les poirées , le céleri , les chicorées blanches , les laitues, ]es melons, les concombres, les potirons. On doit planter à leur saison chacune de ces plantes potagères : on plante les oignons, les fèves, poireaux, choux, chicorées et autres plantes qui ont peu de racines , en faisant lin trou en terre avec un plantoir. On S'.'mc les autres plantes, ou en plein champ comme le blé, ou eu rayons, c'est-à-dire en traçant
MAISON RUSTIQUE. l63
avec im bâton des rayons sur des planchbs : on met ensuite un bon pouce de terre sur chaque planche^ et on l'arrose tant qu'il fait chaud. Au reste il faut autant qu'il est possible varier les plantes sur le même terrain.
Un potager bien entretenu doit fournir à chaque saison certaines plantes. Ainsi , au printemps on doit y trouver des raves , des petites salades sur couches ; vers juin;, toutes sortes de racines, des laitues pomme'es de plusieurs espèces ; toutes sortes de salades , des asperges , les premiers pois verts -, en automne, de la chicore'e blanche, laitue royale et de Géiies, concombres, melons, carottes, panais, betteraves, choux - fleurs ; en hiver, des laitues plantées sur couche en automne , et mises sous cloche.
Les terres sèches et sablonneuses , ainsi que les pieds des murs du midi et du levant , sont bonnes pour les choses hâtives et les nouveaute's du printemps • les lieux les plus secs , lorsqu'on est réduit à en avoir , sont bons pour les chicore'es, laitues, choux d'hiver , ail , échalottes , cerfeuil. Les teiTes grasses , fortes et humides , sont bonnes pour les légumes, qui y sont plus gros et plus nourris. Les tempe'rées entre le sec et l'humide, pour les asperges, le céleri, cardon, fraises. Les fonds luimides et gras , qu'on doit auparavant desse'cher et ameublir autant qu'il est possible, sont excellens pour toutes sortes de productions • mais on doit y tenir les plantes plus éloignées que dans les lieux secs.
l64 NOUVELLE
Durée des principales plantes potagères.
Les asperges durent dix à douze ans.
Les artichauts quatre à cinq ans.
Les framboisiers huit à dix ans.
Les fraisiers trois ans.
La poire'c un an.
Les betteraves, cardons d'Espagne , carottes, cbervis, choux pommés, choux de Milan, choux-fleurs, citrouilles, bourraches, potirons, panais, poireaux, environ neuf mois, c'est-à-dire depuis le printemps qu'ils ont été semés, jusqu'à la fin de l'automne. Les pois hâtifs sont en place six à sept mois ; les autres pois, quatre à cinq^ il en est de même des fèves ordinaires et haricots.
Les raves , pourpier, cerfeuil, cinq ou six semaines : ainsi l'on doit semer tous les quinze jours.
Les chicorées blanches , et toutes sortes de laitues, occupent leur place deux mois.
Les mâches et épinards occupent la place de toutes les plantes qui ne passent pas l'été ; ainsi elles sont en place l'automne et l'hiver j les couches à champignons ne donnent de fruits qu'au bout de six mois , et laissent la place libre au bout de ce terme.
Du semis.
La sémination est uniquement l'ouvrage de la nature , qui disperse les graines à son gré
MAISON RUSTIQUE. » l65
lorsqu'elles sont mûres • les semailles sont du ressort du laboureur ,• ce qu'on appelle le semis appartient plus au jardinier et au forestier : on dislingue dans la semence son e'corce ou peau qui lui sert d'enveloppe , les deux lobes, la plantulcy la radicule. Les lobes ou cotylédons sont appliqués l'un sur l'autre; ordinairement convexes à l'extérieur , aplatis du côté où ils se touchent j mais intérieurement un peu concaves vers le point par lequel ils se tiennent et se réunissent. Ils sont très- visibles dans toutes les semences des plantes légumineuses au moment de leur germination • ce sont les deux parties de la levé, des haricots, épaisses et charnues, qui sortent avec le germe : le germe est cette petite partie séparée des deux lobes , que l'on voit très - distinctement dans la châtaigne , etc. La partie supérieure de ce germe , qui pointe à l'extrémité de l'amande , est ce qui forme la radicule , et la partie inférieure de ce germe , renfermée au milieu des lobes , se convertit en plantule au premier développement qui sort de la terre.
Pour semer avec succès , il faut , outre la préparation du terrain , que les graines soient parfaitement mûres , qu'elles soient semées clair , pour que le plant , surtout celui qui doit être transplanté , pousse un bon chevelu au lieu d'une seule racine , qu'elles soient enterrées à une profondeur convenable : les trois premiers points n'ont pas besoin d'être expliqués.
l66 « NOUVELLE
Il est d'expérience que des mêmes graines' enterrées à diverses profondeurs , les unes ne germent pas , d'autres germent ; mais la plantule périt sans pouvoir soitir de terre , et le plant se fortifie lentement et diflicilement j d'autres enfin germent promptcment et donnent du plant vigoureux , ce sont les moins enterrées ; il est donc certain que la promptitude de la germination des graines , et les progrès du jeune plant qui en provient, sont à proportion inverse de la profondeur à laquelle on les a semées.
Ainsi les plus grosses semences , comme fèves de marais, châtaignes, amandes, etc., ne doivent pas être couvertes de plus de deux pouces de terre ( un pouce à un pouce et demi est suffisant ); d'abord, parce que la plante, étant obligée d'acquérir la force et la longueur nécessaires pour percer une plus grande épaisseur de terre , sa sortie seroit beaucoup retardée j en second lieu , parce que la plante dont le tronc seroit trop enterré dcmeureroit foible.
Les autres graines s'enterrent à une profondeur proportionnée à leur grosseur ; ne le couvrant point trop , on emploie moins de graines , parce qu'elles lèvent toutes , et que le plant est plus vigoureux , sauf à rechausser celui qui en a besoin.
Mais si on les enterre très-peu, elles sont exposées à manquer de riiumidité nécessaire à leur germination. En les couvrant de terreau ou même de sable fin, dans les terrains
forts et sujets à être cribles par les vers, ou pre'serve la terre du desse'cbement -, la plantule naissante est défendue des rayons meurtriers du soleil; elle jouit de l'air, et s'ouvre aisément un passage au travers de ces matières meubles et légères. o
Lorsque j'ai dit que les graines doivent être semées à une profondeur proportionnée à leur grosseur, j'ai cru inutile d'ajouter et à la qualité du terreau^ parce que personne n'ignore que dans une terre iièclie et légère il faut les enterrer davantage que dans une terre Immide et compacte.
Si l'on sème sur couclics , il faut que les couclies soient cbargées de terre ; dans le terreau pur , le plant fait des racines trop foibles pour pouvoir se soutenir ensuite en pleine terre.
Pour les graines fort menues , et surtout celles qui sont dures et lentes à germer , comme de raiponces , de fraisier , etc. , il faut dresser , unir et ameublir la terre en pots ou autrement, suivant l'étendue du semis, lui donner une mouillure très-abondante, y répandre aussitôt les graines , tamiser pardessus un peu de poussière ou du terreau fin , qui à peine couvre et cache les graines • jeter sur le tout un paillasson , de la paille , du fumier court , ou mieux de la mousse , une épaisseur de deux ou trois doigts ; au travers de cette couverture et sans la retirer , donner de petits arrosemens assez fréquens pour entretenir l'humidité. Lorsque le plant com-
l68 NOUVELLE
mencG à paroître, on relire .les couvertures; mais on J'abrite contre le soleil , et on le mouille souvent, jusqu'à ce que toute la graine soit leve'e. Cette pratique est très-bonne pour toutes les graines fines. Il y en a même , telles«que celles de saule, de bouleau, d'aulne, de peuplier, sur lesquelles il ne faut point tamiser de poussière ; elles veulent demeurer nues sur la terre.
Depuis mai jusqu'en septembre , il faut semer à l'ombre les graines de presque toutes les plantes qui doivent être repique'es, comme clioux , laitues , cliicorées , etc. , et même plusieurs qui doivent demeurer en place, comme raves, radis, roquette, cresson^ etc. Dans les terrains sujets aux petits pucerons qui coupent les germes naissans de ces plantes, et qui en de'vorent les cotylédons , il faut donner à ces semis des arrosemens le'gcrs , mais fréquens , et aussitôt tamiser de la cendre ou de la suie de cliemine'e , alhi qu'elle s'attache à la terre et au plant mouillé.
S'il y a des courtilières dans un terrain , il faut faire , en pots ou en terrines , tous les semis qui ne sont pas étendus.
A défaut de couches , il faut amender et ameublir quelque coin de terre douce et bien exposée , pour repiquer les jeunes plants délicats , et les lever le plus en motte qu'il est possible, lorsqu'on les met en place. Couper ou retrancher partie des feuilles et des racines du plant qu'on pique et qu'on met en place , est une pratique absurde.
Nous allons donner la note la plus succincte possible des plantes les plus essentielles, et de leur culture , en suivant Tordre alphabe'tique , pour que les recherches soient plus faciles.
Absinthe.
L'absinthe vient de semence que l'on sëme en février et en mars , et de plant enraciné ou boutures : c'est la voie la plus ordinaire ; on, la lève au mois d'octobra , et on la replante en bonne terre. Elle s'accommode de tout terrain et de toute exposition , et préfère la mi-ombre.
Ail.
C'est par ses gousses qu'on le multiplie ', on les met en terre au mois de mars, à quatre pouces de profondeur et autant de distance- En juillet , quand la tige commence à jaunir^ on les lève de terre , on les met sécher dans un lieu sec.
Anis.
On sème la graine en planches au printemps , ou mieux en bordures dans une terre légère , bien labourée , entretenue humide jusqu'à ce que la graine soit levée; éclaircissez le plant lorsqu'il est fort , sarclcz-le , arrosezle dans les sécheresses. Au mois de septembre, la graine étant mûre, on coupe les tiges à rase-terre ; les pieds repoussent au printemps suivant , et donnent une seconde récolte.
ITT. t'^
iyO NOUVELLE
jdrrocke.
On eu sème la graino clair au printemps ; clic lève promplcmcnt, cl monte en graine dès les premières chaleurs.
Artichauts.
11 y en a de trois sortes : les verts ou blancs , qui viennent les premiers , ce sont ceux dont on fait le plus d'usage. Etant bien cultive's , ils deviennent très-gros j ils ont les ièuilles larges et résistent au froid. Les violets sont plus délicats, ils ont la pomme en pyramide; on les fait sécher pour les mettre dans les ragoûts. Les rouges sont fort petits et ont la tête ronde; on les mange à la poivrade. La manière la plus ordinaire de multiplier les artichauts est par œilletons : ce sont des productions que les vrais pieds d'artichauts ont jetées; on les sépare de leurs souches avec les racines, et on les plante au mois de mai, un seul ou deux dans un trou profond d'uu pied. On doit auparavant avoir fouillé la terre à trois pieds de profondeur, dressé les trous par rang au cordeau, et les avoir espacés de trois pieds ; chaque planche ne doit avoir que deux rangs. En les plantant il faut les couper à sept pouces de long, les mettre à trois ou quatre pouces en terre, les arroser, les labourer deux ou trois fois l'an, les couper, vers le mois de novembre, à un pied de haut , et
les buUer, les couvrir de feuilles et de litière sèche, les découvrir peu à peu à la fin de marsj alors on les œillctouuej on laisse sur pied les plus beaux œilletons, et on arrache les autres. Parmi ceux-ci on choisit les plus forts , c'est-à-dire ceux qui ont le talon blanO avec quelques racines , pour planter. Cette ope'ration étant CaitC;, on recouvre les artichauts de bonne terre mêlée de fumier; on laboure le carré, ce que l'on réitère à la mi-mai, et on les arrose une ou deux fois la semaine. Avec ces soins, les artichauts plantés au printemps peuvent donner du fruit en automne ; on doit les renouveler tous les trois ans.
Les terres qui conviennent le mieux aux artichauts sont les fortes et pierreuses exposées au midi, et fournies de sucs abondans j car l'artichaut est une plante fort vorace. Ils viennent encore plus promptement dans une terre légère et sablonneuse qui a beaucoup de fond, mais c'est lorsqu'on a auprès des eaux en abondance pour les arroser dès qu'ils en ont besoin; alors on peut en avoir deux fois l'année.
On appelle cardes d'artichauts les côtes de cette plante; quand elles sont blanchies, après qu'on les a enveloppées de paille, on s'en sert à la cuisine comme des cardes d'Espagne.
Asperges.
On les multiplie de graines qui se sèment au printemps et en plein champ, dans un carré
de terre clioisic et préparée avec du terreau ; ensuite 011 herse la terre avec Je râteau j on doit arroser le plant dans les chaleurs. Au JDOUt de deux ans on les lève de terre, et on les replante vers le mois d'avril : on fait pour cela des planches, larges de trois pieds, dans lesquelles on fait des tranche'es d'un pied de profondeur, en sorte qu'elles forment de petits sentiers élevés en dos d'âne. On y met des racines d'asperges, qui sont des fdamens attachés à une petite tête, à la distance d'un pied l'une de l'autre , et on les couvre de quelques pouces de terre. 1° Si le terrain étoit liumide^il ne faudroit pas de tranchées; car alors on doit tenir les asperges hautes ; 1° on doit les arroser pendant les chaleurs ;, et leur donner un petit labour avec le râteau vers le mois de mars j 3° on peut réitérer tous les ans le labour en pareil temps, et le faire de trois ou quatre pouces , recouvrir les asperges d'un peu de terre avec du menu fumier. Un tel plant peut durer quinze ans , mais on ne doit cueillir d'asperges qu'au bout de quatre ans si l'on veut en avoir de grosses.
Si le terrain n'est pas de bonne qualité, on doit remplir le fossé avec des terres qu'on a ramas^sées dans un bois, en raclant les feuilles, la mousse et les petites broussailles qu'on a laissées pourrir avant de s'en servir : cette terre vaut mieux que tous les fumiers et les terreaux , qui ne produisent jamais de bonnes asperges.
MAISON nrsTiQUE. 173
Basilic.
En février et mai on sème la graine sur couche j plus lard en pleine terre. Lorsque le plant a cinq ou six feuilles, on le repique dans une leire légère, meuble, entretenue humide par de fréquens arrosemens.
Betterai>e.
C'est une plante annuelle j celles qui ont la chair la plus rouge sont les meilleuies : on ne les multiplie que de graines, que l'on sème vers la fin de février, clairement; elles veulent une terre bien amendée -, on doit les éclaircir si elles viennent trop drues.
Bourrache.
Ses feuilles sont violettes, longues; on en garnit les salades; elle se multiplie de graines. Pour la cultiver, il suffit de la sarcler et de la serfouir de temps en temps. Il faut semer tous les mois pour n'en pas manquer, parce qu'elle monte en graine promptement. On coupe les tiges un peu avant la maturité de la graine, pour qu'elle ne se répande pas, et on les expose au soleil pour qu'elle achève de mûrir.
Capucine.
On la sème au printemps sur couche ; on la replante au pied d'uii mur exposé au midi.
On doit lui donner un appui pour soutenir le montant, l'arroser en été. Les lleurs servent à garnir nos salades; les boulons de ces fleur-, s'appellent câpres; on les lait coiiiire au vinaigre avant cprils s'e'panouissent. On la sème en pleine terre, et elle réussit très-bien. La graine se conlit ainsi que le bouton de sa fleur. Il faut la prendre avant (ju'ellc commence à se détacher elle-même de sa queue.
Cardon d'Espagne,
Il se multiplie de graine qui est de la grosseur d'un grain de froment. On la sème depuis la mi-avril jusqu'à la mi-mai, en pleine terre, bien meuble, dans de petites fosses de six pouces de profondeur et larges d'un bon pied, dans chacune desquelles on en met; et quand elles sont levées, on n'y en laisse que deux ou trois.
On peut les semer aussi sur la couche; en ce cas, les planches doivent être de quatre pieds de large et de bonne terre bien labourée. Lorsqu'on les transplante, on les met dans des trous profonds et larges d'un pied. On doit arroser les cardons avec soin, et les labourer deux ou trois fois l'an. Lorsqu'ils sont bien hauts on les lie avec de la paille, et on les butte d'un pied de terre.
Carottes.
Il y en a de blanches longues, de blanches rondes, de jaunes longues ou rondes j les
jaunes sont les meilleures. Elles ne viennent que de graine. On les sème sur planche au mois d'avril : quand elles sont levées on doit les sarcler avec soin , et les éclaircir si elles sont trop dures. Pour les faire grossir, on en coupe les montans à un demi-pied déterre vers la mi-aoùt. Les terres dont le grain est le'ger, un peu sablonneux , point trop froid^ et tresprolbndcs, sont les plus favorables aux carottes. C'est vme mauvaise méthode de replanter les carottes ; car alors elles repoussent des racines late'rales qui sont défectueuses. Pour conserver les carottes et les panais pendant l'hiver, il faut les cueillir avant les grandes gelées et par un temps sec, et les enfouir dans des fosses de sept à huit pieds de profondeur. On jette auparavant un peu de paille dans le fond du trou , et on arrange les carottes par couches, à côtelés unes des autres, en les entremêlant d'un peu de paille, et ainsi de suite, jusqu'à la hauteur de trois ou quatre pieds. Gela fait, on recomblc le trou avec la terre qu'on a ôtée, mais après l'avoir bienpilce: et on observe qu'il y en ait trois ou quatre pieds d'épaisseur par-dessus les carottes, aiin que la i£e\ée ne puisse pas pénétrer. Par ce moyen on peut en conserver toute l'année d'excellentes.
Céleri.
On le multiple de graine qui est jaunâtre et fort menue- on la sème sur couche ou en plein champ dès le mois d'avril. Au mois de
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juin on love le céleri, et on le replante en pleine terre, sur une planclic de quatre pieds de hiii^c et creuse, dont la Icrro doit être bien amendée. On laisse entre deux planches pleines une planche vide, sur lafjuelle on met des laitues ou de la cliicoree. On doit beaucoup arroser le céleri. Lorsqu'il est assez fort pour le faire blanchir , on le lie de trois liens de paille par un temps sec; on le butte avec la terre de la planche qu'on a laissée vide de chaque côté, et on coupe l'extrémité,- mais on ne doit le faire blanchir qu'à mesure qu'on veut le consommer en salade. Pour le i^^arantir de la gelée on doit le couvrir de fumier sec, après l'avoir lié de deux ou trois liens. Dans les terres humides, on ne creuse point les planches.
Cerfeuil.
On le sème sur planches et en rayons , ou tien en bordure, dr^puis le commencement du printemps jusqu'à la fin de septembre; tout terrain labouré lui convient : il se multiplie de graine que Ton hiil bien sécher avant de la serrer. On doit en semer tous les mois pour en avoir toute l'année. Lorsqu'il est grand , on coupe les feuilles pour qu'il en repousse d'autres.
Chcivis.
On mani:;e les racines de celle plante, qui sont faites eu forme de petits navels longs. On la mullipUe de graine qui est noirâtre et
piquante à la langue. On la sème vers la fin de février, par rayons ou autrement, sur du terreau très-fin, ou de bonne terre bien meuble. On la cultive comme la betterave. Elle vient encore mieux de plant.
Chicorée.
Il y en a de plusieurs sortes; la blanche; qu'on appelle menue, est la meilleure; elle est tendre, f'rise'e, et blanchit fort bien. La scarole est estimée ; la verte est plus sauvage. On les perpe'tue toutes par le moyen de la graine. On les sème ordinairement en juin et juillet ; c'est le moyen d'en avoir en septembre pour l'automne. Si l'on en veut avoir de bonne pour l'hiver, on doit la semer depuis la miaoùt jusqu'à la mi-septembre, du moins dans les terres sablonneuses.
On en fait de grandes planches de cinq à six pieds de large , pour les replanter au cordeau , et au mois de septembre on sème la graine fort clair. On doit avoir soin d'éclaircir le plant quand il lève trop dru ; il a besoin d'être souvent arrose' et sarcle'. Comme les chicorées craignent beaucoup le froid , on doit les couvrir avec du grand fumier sec. Pour les faire blanchir on les lie de deux ou trois liens ; et pour les conserver plus long- temps on les enterre dans du sablon , dans une cave ou dans une serre , la racine en haut.
Si l'on veut en avoir dans toutes les sai-
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sons , on doit en semer tous les quinze jours, depuis le mois de mai jusqu'aux premiers jours d'août. A rei,Mrd de la chicorée sauvage, on la sème à la lin d'a\ ril en terre légère , et à la mi-mai en terre forte. On la mange en été', jeune coupée, après lavoir fait tremper quelques heures pour lui ôter son amertume.
Choux.
Le chou, en général, demande une terre abondante en sucs , et qui ait beaucoup de fond, sans être trop humide. On sème les choux blancs au mois d'août, et même plus tôt, si le terrain est froid. Lorsqu'ils sont levés d un demi-pied ^ on les transplante en pépinière, et dans la suite on les replante dans une terre bien fumée, à deux pieds l'un de l'autre ; on les arrose et on les sarcle. Les choux de Milan ou choux frisés, qui se mangent en hiver, se sèment sur couche au mois de mai et dans tous les mois de l'année , jusqu'en octobre, et on les cultive comme les autres.
Les choux blonds se sèment sur terre , vers la fin du mois de mai. On doit planter jusqu'au collet toutes sortes de choux, leur couper le pivot, butter le pied de terre , et les arroser pendant les chaleurs. Pour en avoir de la graine , il iaut attendre au bout de l'année qu'ils ont été plantés ; on en met pour cela un certain nombre dans un endroit à fécart et exposé au soleil; et depuis les mois de mai
OU de juin jusqu'en juillet , ils montent en graine ; celte graine est rousse et grosse comme des tctcs d'e'pingles.
Pour conserver les choux pendant l'hiver , on pratique des trous en l'orme de puits , de quatre pieds de profondeur j on en garnit le fond avec de la paille, et par un temps sec on y met les choux fraîchement cueillis, la télé en bas et à côté les uns des autres : on met une couche de paille sur chaque couche de choux, et une forte couche de paille sur le- dernier lit de choux, et on couvre le tout avec deux pieds de terre un peu pilée.
Les choux-Heurs sont les choux les plus délicats, et dégénèrent en raison de ce qu'ils s'éloignent des pays méridionaux. Il faut en renouveler la graine tous les ans; la bonne est de couleur vive , pleine d'huile et bien ronde ; on la sème sur couche dans le mois d avril , et on les cultive comme les autres-
Ciboule.
On la multiplie de graine, qui est grosse comme delà poudre à canon, un peu plate d'un colé et demi-ronde de l'autre. On la sème sur planches , pendant toute l'année , hors les grands froids.
Citrouille.
Avant de semer la graine, on doit la faire tremper dans l'eau pour avancer le germe.
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Quand on veut replanter les citrouilles , ort fait des trous fort éloi^'nes les uns des autres, on les couvre de beaucoup de fumier, et on a soin de les bien arroser; c'est à la un du mois d'août qu'on les cueill^.
Concombre.
La graine se sème sur couche et sur du terreau, en novembre et décembre ; on place quinze ou vingt grains sous chaque cloche , on les replante trois semaines après sur une couche neuve , et au bout d'un mois sur une troisième. On les tient couverts jusqu'à la fin de mai.
Cresson.
Il faut semer souvent le cresson , parce qu'il monte promptement en graine ; le mettre à l'ombre pendant l'été, et le mouiller fréquemment.
Ëchalotte.
On la cultive comme l'ail.
Epinards.
Ils se multiplient de graine, semée à la mi-août sur une planche bien labourée, dans des rajons profonds de deux doigts, éloignés d'un pied l'un de l'autre, et couverts de terre. Ces rayons sont une espèce de petite rigole qu'on tire au cordeau sur des planches pour
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Y semer des graines • on les sarcle, on les arrose. Les premiers semés peuvent être coupes à la mi-octobre , les seconds après l'hiver, et les derniers plus lard. Dans l'été, on les sème tous les quinze jours , parce qu'ils ne se coupent qu'une fois. Il faut alors semer à l'ombre et mouiller fréquemment.
Estragon.
Il se multiplie de graine et de plants enracinés. On le plante au mois de mai , et on l'espace de quelques pouces.
Fenouil.
Il sert à faire l'eau de fenouillette : sa tige est droite et cannelée, et haute de quelques pieds; elle vient de graines et en toutes sortes de terres. On la sème en planches,- on la recueille au mois d'août; elle repousse après qu'on l'a coupée.
Fèces,
Vulgairement nommées fèves de marais à Paris et dans les environs , parce qu'on les sème dans des potagers qu'on désigne sous le nom de marais. Cette dénomination, prise à la lettre, seroit funeste au cultivateur, s'il semoit ses fèves dans un sol trop humide et marécageux. La fève aime les terres substantielles , bien fumées et bien travaillées ;
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elle ne réussi l pas aussi bien dans le sol Ic^er ou trop compact. Il faut la garantir des eflcls des gele'es , et veiller à ce que les mulols et autres animaux ne la détruisent pas. Dans les provinces du midi , on sème également les lèves en janvier et en février ; les premières ne germent pas plus tôt que les secoudes j mais elles végètent mieux dans la suite, et le fruit en est plus beau. Dans les provinces du nord , on peut encore semer en mars et en avril.
Dès ({uc le plant est de quelques pouces de hauteur^ il faut pioclieter le sol et le relever contre le pied. La plante bien chaussée produit beaucoup plus ; elle demande à être rigoureusement sarclée^ lorsque les pucerons attaquent les plantes , il faut supprimer les sommités des pousses auxquelles ils s'acharnent. C'est le seul cas, je crois , qui autorise à pincer , et non la crainte que ces sommités ne consomment inutilement la sève.
A mesure qu'on pince les sommités chargées de pucerons , il faut les jeter dans un panier et les porter au feu, aiin de détruire ces insectes autant qu'il est possible. Lorsque l'on aura cueilli en vert les principales gousses , si on coupe les tiges près de terre , on aura une seconde récolte de fèves, surtout si l'on a l'attention de recouvrir cette tige avec un peu de terreau , et de la travailler tout autour.
On laissera sécher sur pied les plantes qu'on réserve pour graines ; et ou choisira toujours
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les pins belles pour cet usage. Elles seront arrachées de terre par un temps sec et beau, ensuite battues, et les fèves conserve'es dans un lieu sec. Elles germent aussi bien à la seconde année qu'à la première.
' raisier.
Il y a la fraise rouge , qui donne le plus, et la blanche. La fraise de bois est la meilleure • la fraise se multiplie de plants enracine's ; il ne faut ni trop ni trop peu les arroser , et on doit les labourer et les sarcler de temps à autre. Si l'on veut avoir beau-' coup de fraises, il faut renouveler le plant tous les deux ou trois ans, et ne conserver que les traînasses qui sont ne'cessaires au plant. Les fraisiers demandent une terre le'gère,
Haricots.
Le'gume irès-connu qui vient sur une petite plante dont les feuilles approchent de celles du riz, et qui portent des gousses où la graine est renferme'e. On les plante en avril et mai , après les avoir fait tremper dans l'eau, afin qu'ils lèvent plus vite. On les mange avec les gousses quand ils sont dans leur primeur^ mais dès qu'ils deviennent durs et blanchâtres , on les se'pare de leurs gousses. Les trois espèces principales sont : les haricots gris sans parchemin , qui filent , très-abondans et trèsdehcats ; les haricots blancs communs , les
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haricots noirs et liâtifs. Toutes ces espèces se cullivcnt en pleine campagne comme dans les jardins. On les sème dans les mois d'avril , de mai et de juin , pour en avoir jusqu'en automne. On conserve des haricots verts pour l'hiver , en les faisant blanchir dans l'eau bouillante , ensuite on les jette dans l'eau froide , on les met égoutter sur des claies d'osier, on les fait bien sécher au soleil , ou dans un four tiède , et on les enferme eu caisse dans des lieux secs.
Laitue.
Le nombre des varie'te's de cette plante est prodigieux , et s'accroît chaque jour , parce que les laitues sont des espèces jardinières, susceptibles de perfections ou de détériorations, suivant le climat, le sol et la culture qu'on leur donne. La grande division, et la plus simple , est celle qui les distingue en laitues pommées et en laitues à longues feuilles ou chicons , vulgairement appele'es laitues romaines.
On choisit pour la semence un lieu bien abrité ou par des murs ou par des claies faites exprès. La terre doit être fine , bien terreau téc et travaillée. Quand elle est ainsi préparée, elle est prête à recevoir les semences des laitues à manger au printemps. Si l'on a des couches et des cloches , on peut semer en décembre et même en novembre j dans ce cas, ou a des plants à lever et à mettre
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en pleine terre dès les mois de janvier et do fe'vrier. Quelques jardiniers, afin de conserver la fraîcheur et d'empéclior l'es^aporation de la terre, couvrent le sol , dès qu'il est semé, avec des feuilles d'artichauts et de choux • la graine germe plus vite, et n'est pas enlevée par les chardonnerets , les pinsons et autres oiseaux, qui en sont très-friands.
Les semailles d^liiver peuvent être faites en. tables, en planches , attendu que, dans cette saison , la terre a très-rarement besoin d'être arrosée j on sème à la volée , en recouvrant le tout d'un peu de terre. Les semailles d'automne , au contraire, exigent que la terre soit déjà disposée en sillons tronqués, c'est-à-dire que la partie supérieure ne soit pas entièrement terminée par la terre tirée du fossé. La gi'aine de laitue germe assez facilement- celle de deux ans moins vite que celle de la première année ,• et celle de trois ans à proportion , qui est à peu près le dernier terme auquel on puisse la conserver.
La disposition des jardins par sillons feroit perdre beaucoup de terrain si on ne prolitoit des deux côtés de Fados du sillon ; le jardinier attentif plante d'un côté les laitues, tandis que de l'autre il a semé ou planté un autre herbage, qui ne parviendra à son point de grosseur ou maturité que lorsque les laitues seront coupées.
G est ainsi que sont disposés les sillons entre les rangées de pois , dans les tables de cardons , de céleri j d'oigaons^ etc.
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Pour avoir de bonne Jieurc dos laitues au printemps , du i^r au i5 mai, il faul ^ dès Je milieu du mois d'août , semer eu 33onne exposition les varie'tes qui passent l'hiver , telles que les crêpes, l'Italie, la cocasse, la coquille , la passion , la romaine Iiàtive. A la fin d'octobre , ou au commencement de novembre , on doit repiquer les plants sur les plates - bandes des espaliers au midi et au levant ; dans les fortes gelées , les couvrir de litière, paillassons et autres matières propres à les défendre , et qu'on relire dès que le temps s'adoucit. On laisse en pépinière le plant le plus foihle ; s'il re'sistc à l'hiver , il fournit ime autre plantation en mars.
En septembre et octobre on peut semer ces mêmes variétés sous cloches , sur des ados de terreau ou de terre meuble, mêle'e avec du crottin ; trois semaines après , on 3'epique le plant plus à l'aise sur d'autres ados , pour y repasser l'hiver en pépinière ; on couvre les cloches de litière dans le;? foiles gelées , et on les découvre dans le milieu du jour, et même on leur donne un peu d'air, à moins que le temps ne soit excessivement rude. Au commencement de février on leur donne chaque jour plus d'air, et on ôte entièrement les cloches pendant le jour , et 3nc*nie pendant la nuit , si les gelées ne sont pas trop fortes , afin d'endurcir le plant. Lorsqu'il aura passé huit à dix jours sans cloches , et qu'il sera accoutumé au plein air, on le repiquera en place, en bonne exposition , entre
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le i5 février et le i*-^'" mars, si la tempe'rature de la saison le permet.
Depuis la lin de septembre jusqu'au temps des premières laitues pommées , on sème tous les quinze jours de la graine de laitues crêpes / de Versailles, de georgc-biondc , etc., afm d'avoir pendant toute la saison rigoureuse de la petite laitue , ou laitue à couper. Sur des couches de chaleur tempérée et couvertes de quatre à cinq pouces de terreau , on sème la graine assez clair et en petits rayons , ou à la volée j on la couvre très-peu de terreau , et on la presse fortement avec la main sur le terrain sans l'enterrer ; on couvre de cloches. Environ quinze jours après , lorsque le plant a deux bonnes feuilles , outre ces cotylédons, on coupe la plante.
Pour avoir des laitues pommées pendant l'hiver , il faut , à la lin d'août , semer sur un ados de terreau bien exposé , de la graine de pv'^tite crêpe, de crêpe ronde, ou autre variété qui résiste au froid , et pomme sous cloche. Lorsque le plant est assez fort , on le repique en place sur des couches qui n'ont pas besoin d'être fort hautes ; il y pomme sans cloche en décembre.
A la lin d'octobre , ou au commencement de novembre , on fait un autre semis sur couche ; lorsque le plant fait sa première feuille , on le repique plus à l'aise ; et lorsqu'il est assez fort , on le repique en place sur une couche neuve , pour qu^il pomme en janvier , sous cloches ou soii,s châssis. Ce second semis, et
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les suivans , ne sont ordinairement que des laitue > crêpes.
En décembre , janvier et février, on fait de nouveaux semis des mêmes laitues ; mais la rii^ueur de cette saison exige plus de soin. Il faut semer la graine fort clair , sur une couche de chaleur tempérée , chari,u;c de quatre pouces seulement de terreau. Dès que le plant commence sa première fouille, on doit le repiquer à un pouce l'un de l'autre , sur une nouvelle couche , ou sur )a même , si elle conserve encore assez de chaleur. Lorsque la quatrième ou cinquième feuille est formée , il faut la transplanter sur une couche neuve , charijée ele six bons pouces de terreau , ou mieux de terre meuble mêlée de terreau. Si c'est un châssis , on pique les pieds à cinq ou six pouces de distance en tous sens j si c'est sous cloche , on peut en mettre sous chacune jusqu'à quinze pieds , et lorsqu'ils se serreront , on n'en laissera que quatre ou cinq j et le surplus sera repiqué sous d^autres cloches. Il est reconnu que les cloches neuves font périr le plant. Depuis que les graines sont semées, jusqu'à ce que les laitues soient pommées , Oii ne peut être trop attentif à couvru" les cloches de grande litière, à les borner pendant la nuit , à augmenter les couvertures dans les grands froids, à ajouter des paillassons par - dessus , pendant les neiges et les grandes pluies , à donner de l'air aux cloches et aux châssis , le plus souvent qu'il est possible^ et toujours du coté opposé au vent; iV
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soutenir dans les couches , que l'on fait fort étroites dans cette saison , une chaleur modére'e , et non un grand fou , qui fcroit fondre le plant. Lorsque les lailucs commencent a tourner , c'est-à-dire à pommer, on doit retrancher les feuilles basses qui sont jaunes^ et plomber , approcher et presser le terreau contre le pied.
Dans les plants de laitues faits dans l'hiver et dans le printemps , il faut choisir les pieds les plus gros et les plus pomme's pour graine ; il est nécessaire de ficher au pied de chacun un échalas pour le marquer, et dans la suite, poursouienir la tige contre les vents, on doit de'gagcrlc pied , surtout des grosses variétés, des feuilles jaunes , fanées , pourries , ou même trop nombreuses. Lorsque les aigrettes des graines commencent à paroître à l'extrémité des rameaux , il faut couper ou arracher les tiges, les exposer pendant quelques jours au soleil, sur des draps ou dans un van, ensuite les secouer ou les battre légèrement , et ramasser la graine qui s'est détachée ; remettre les tiges au soleil pendant quelques jours , et les battre. La graine qui s'en détache est bien inférieure à la prennère , et ne doit être employée que pour faire de la laitue à couper. La graine do laitue peut se conserver quatre ans • mais elle n'est bonne que la seconde année : semée la première année , le plant monte flicilement ; la troisième année une partie ne lève point , et la quatrième , Une lève que les graines parfaitement abritées,
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pourvu encore que la graine ait cte' tenue bien renferme'e.
Lavande.
On la multiplie de graine^ et mieux encore de rejetons. On la plante au printemps , et on la coupe en automne. Elle aime les lieux secs et pierreux.
Lentille .
Elle vient sur une plante haute d'un pied et demi , et rpii porte des gousses dans lesquelles sont les lentilles , au nombre de trois ou quatre. Il y en a de bleuâtres, ce sont les meilleures • d'autres sont jaunes , d'autres rougeâtres. Les lentilles viennent abondamment dans les fonds médiocres, c'est-à-dire qui ne sont ni trop gras ni trop maigres. On les sème au mois de mars • mais auparavant on doit les mêler avec du fumier sec , et les recouvrir avec la herse quand elles sont semées ; elles sont dans leur maturité dès le mois d'août.
Marjolaine.
On fait des bordures dans les potagers , de cette plante odoriférante. Le grande pousse des tiges a la hauteur de troiis pieds ; ses tiges sont rongeai res et ses fleurs en gueule : on cultive la petite dans des pots et à Tonibie. L'une et l'autre se multiplient de semence et de plant enraciné en avril. Elle est tendre à la gele'e.
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Mélisse.
Elle se mulliplic par les semences ; mais mieux par les pieds c'clales et planle's au mois de mars^ en bonne terre et un peu à l'ombre. Tous les ans en automne on coupe toutes les liges à llour de terre. Ses fleurs nouvelles ont plus de qualité.
Melon .
Toute la culture du melon peut se réduire à quelques points principaux : le semer en pois , pour lui ménager la fatigue et les retardcmens que lui occasionne la transplantation ; le planter en bonne terre , pour lai fournir la nourriture et la qpalité qu'il ne peut tirer du terreau ,• le défendre du froid , et cependant lui donner de l'air le plus qu'il est possible j ne le point ruiner par des plaies, des tailles , des suppressions continuelles • préserver le fruit des pluies et des arrosemens.
Dans un terrain substantiel sans être humide , on peut cultiver des melons en pleine terre avec succès dans les années chaudes et sèches. En avril ; il faut semer dans des pots placés dans une couche , de la graine des variétés les plus hâtives ; y soigner et former le plant jusqu'après sa première taille j alors le planter en motte dans la plate-bande des espaliers au midi , ou sur des ados inclinés au midi. Loi'squ'il y a du fruit arrêté , placer au-dessus des plantes des paillassons en forme
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d'auveiiL , assez élevés pour ne leur point dérober le sqleil , et assez I)as pour les garantir des pluies , ou disposes de façon qu'ils puissent être baisses et élevés suivant le J)esoin. Lorsque ces melons réussissent , ils sont d'un goût fin et excellent. Comme ils n'exigent ni grands soins ni dépense , on peut en réserver quelques pieds dans les années qui paroissent favorables. Leur fruit mûrissant tard , il est nécessaire de mettre dessous plusieurs ^ tuiles j pour les préserver de la fraîcheur de" la terre.
Moutarde,
La graine de moutarde , qu'on appelle sénevé, se sème fort clair en mars, en terre meuble , et bien exposée, ou bien en pépinière sur couche ou dans des caisses ; et lorsque le plant est assez fort, on le repique en place. La graine mûrit en août, et est bonne à semer pendant deux ans.
Navet.
Il aime les ferres légères et sablonneuses : il devient moins gros que dans les terres fortes et humides , mais il acquiert plus de goût et de qualité. Quelle que soit la nature du terrain, il doit être bien labouré, dressé et ameubh. Lorsqu'il n'est ni trop sec ni trop mouillé, on y sème la graine très -clair , et on y passe légèrement le râteau. Depuis qu'elle est levée jusqu'à ce que le plantait quelques feuilles il faut donner fréquemment
de légères mouillures , pour en éloigner le puceron, la lisette qui enveloppe les cotyle'dons , et ruinent les semis , surtout dans les mois de juin et de juillet. Lorsque le plant est fortifie' , on le sarcle et on l'eGlaircit : il ne demande pas d'autres façons. Avant les fortes gelées , on arrache les navels et on les entasse en lieu couvert.
Le navet peut se semer au commencement de mars sur des couches fort tempérées, couvertes <lo dix pouces de terre meuble , et en pleine terre depuis la lin de mars jusqu'au commencement d'août. Les navets des derniers semis s'arrachent vers le milieu de no^ vembre ; on les met dans le sable, ou en tas sans sable , dans une serre , ou bien on les arrange dans une fosse creusée en un terrain sec, dans laquelle les pluies ne puissent pas pénétrer, et qu'on couvre de chaume vers le milieu de mars. On choisit le nombre convenable des plus beaux , et on les plante à un pied de distance pour recueillir d.e la graine. Dans quelques terrains , où le oavet ne vient ni verreux ni cordé , et où les gelées ne l'cndommag'^iit pas , on ne l'arrache qu'à mesure qu'ouïe consomme : c'est on soin de moins.
Oignoji,
Il ne multiplie que de graine ° on la jette en plein champ depuis la fin de février jusqu'en avril , et on la recouTi'e de terre. Les