CHAPITRE VI
Eaux sulfureuses. Barége.
Ville de la vallée du même nom , dépa)tement des Hautes-Pyrénées , à quatre lieues de Bagnères , et à deux cent dix lieues de Paris ', ses eaux thermales sont au nombre de trois , distinguées par les noms de chaude , tempérée et tiède ; il y a en outre cinq bains situés au bas de Barége : i» le bain de l'entrée ; 2° le grand bain, ou bain royal ; 3° le bain du fond • 4° le bain Colard ; 5'> le bain de la chapelle.
Ces eaux sont rcnomméos pour les maladies de la peau , les afrcctious catarrliales , les maladies laiteuses, l'ictère ou jaunisse, les plaies d'armes à feu , etc. ; elles sont dangereuses dans les ane'vrismes ^ dans les palpitations qui dépendent des maladies organiques du cœur , dans les plaies pénétrantes de poitrine , dans la phtliisie tuberculeuse , chez des sujets épuisés , etc.
Saint-Saiu>eui\
Bourg situé dans la vallée de Luz , près de Barége , département des Hautes-Pyrénées.
Ces eaux doivent être considérées comme annexes de celles de Barége , et se trouvent dans une plus agréable situation.
Propriétés médicinales. La position si heureuse des eaux de Saint-Sauveur pourra leur donner un jour beaucoup de célébrité -, mais leur basse température ne les rend propres que pour l'usage intérieur , car on préférera toujours celles de Barége ou de Baguères de Luchon pour les bains.
Bonnes.
Petit village à sept lieues de Pau , près la vallée d Ossan , département des Basses-Pyrénées. Ces eaux, qui sont nommées dans le pays aiguës - bonnes , s'écoulent par trois sources.
Les vertus efficaces des eaux de Bonues
acquirent une grande rcnomme'e par les bons effets qu'elles produisirent sur les soldats béarnais blessés à la bataille de Pavie , et qui avoient e'té conduits par Jean d'Albret , grand-père de Henri IV. On leur donna à cette époque le nom d'eaux d'arquebusade. Elles sont très-utiles dans les affections chroniques des viscères abdominaux, les maladies cutanées , et spécialement dans les affections commençantes de poitrine , suite des catarrhes négligés.
Cauterets.
Village de la vallée de Lavedan , au pied des Pjrénées-Occidentales , à sept lieues de Barége, département des Basses-Pyrénées.
On y trouve plusieurs sources : i** celle de la Raillère , qui est la plus fréquentée , elle est tiède ; 2° la fontaine du Pré ou de Courbère ; 30 celle de Bayard • ff celle de Mahourat , ou du Mauvais-Trou ; 5^ celle des OEufs j G« cell« des Bois. Les bains sont aussi distingués par des noms différens.
Les effets salutaires des eaux de Cauterets n'ont pas été constatés d'une manière aussi éclatante que ceux des eaux de Barége j elles ne laissent pas néanmoins d'avoir un degré d'utilité tout aussi éminent. Ces eaux présentent en outre des avantages qui leur sont particuliers ,• elles se trouvent dans '-lU climat plus doux que Barége ; elles sont situées sur un sol plus agréable , et ont des sources telle-
ment consitk'ral)Ins , qu'une seule suffit pour alimenter plus de bains et de douches que Barege. Tiicopliile Bordeu recommande spécialement les eaux des sources de la Raillere et de Bayard, dans les vomissemens nerveux et la plithisie calarrliale. On peut aussi les administrer dans les affections chroniques des viscères abdominaux , dans les maladies cutane'es , les blessures anciennes et les cicatrices.
Bagnères de Luchon,
Bourg situé dans la vallée de Ludion , département des Hautes - Pyrénées , à deux lieues des frontières d'Espagne • on y comptoit douze sources : i'' celle de la Salle; 2° de la Grotte; 3^ des Romains, 4° des Roches; 5° de la Reine ; G» la Douce; 7° la Chaude à droite ; S*^ la Chaude à gauche , etc, La onzième et la douzième sont froides ; il n'y a plus maintenant que sept sources.
Les eaux de Bagnères de Luchon ont des vertus qui se rapprochent beaucoup de celles de Barége , de Cautercts, etc.
Camho^
Bourg situé au pays de Labour , à trois lieues de Bayonne , département des Basses- Pyrénées , a trois sources , dont deux sont chaudes et l'autre froide.
Elles oat les mêmes propriétés que les eaux sulfureuses en général.
Aix-la-Chapelle.
Ville du dëpai tement de la Roër , à douze lieues de Coloi^ne. Les eaux tliermales de cette ville jouissent depuis très-long -temps d'une grande re'putation.
Les eaux d'Aix-la-Chapelle jouissent de vertus très-energiques, et leur administration présente les mêmes avantages que celles des eaux de Barége , deBagnères deLuchon^ etc. Les bains sont très-utiles , surtout contre les anciennes douleurs de rhumatismes et les douleurs qui sont la suite de blessures.
Salnt-Amand.
Ville du département du Nord, à trois Heues de Valenciennes ; a des eaux sulfureuses thermales qui ont quelque réputation , la principale source est connue sous le nom de fontaine de Bouillon , analogue aux précédentes.
On administre ces eaux intérieurement, dans quelques maladies chroniques , telles que les catarrhes anciens de la vessie, lesaffections calculeuses des reins, les engorgemens du foie , l'ictère, etc. On loue spécialement les bains des Boues , qui ont produit quelquefois d'excellens effets dans les roideurs des articulations, quelques espèces de paralysies, et dans l'atrophie des extrémités.
Ax.
"S ille située dans le département de l'Ariége, à quatre lieues de Tarascon. Les sources qui jaillissent des montagnes graniteuses qui environnent la ville sont très - nom breuses j on en a compte' jusqu'à cinquantetrois j- il paroît que ces eaux étoient connues dans les temps les plus rccule's ; on a trouvé un monument qui prouve qu'il cxistoit anciennement sur l'emplacement des sources une léproserie qui avoit été bâtie en 1200. Un des bains a conservé le nom de bain des Lépreux : les sources des eaux d'Ax ont été distinguées par les noms des lieux où elles sourdênt , et l'on en a fait trois divisions j celles du Teix , celles de l'hupital , et celles du Gouloubrct. La réputation des eaux d'Aï est loin d'être aussi célèbre que celle des eaux de Barége ou de Bagnères de Luclion. Néanmoins leurs propriétés sont tout aussi efficaces , et le grand nombre de sources offre un avantage qu'on ne trouveroit peut-être nulle part, puisqu'on peut modifier à volonté la force de ces eaux , selon les maladies contre lesquelles on veut les administrer. Le docteur Pilhcn établit , dans son ouvrage , toutes les règles relatives à l'administration de CCS eaux , et spécifie parfaitement les cas qui indiquent l'emploi de telle ou telle source. Ainsi les eaux de la source dcsCausus, qui sont très - actives ^ conviennent dans
raslîime humide , les affections catarrhales clironiqncs des poumons, dans les engorgcmens chroniques du foie , l'iclcre , dans quelques espèces de dartres rclielles , ou dans les gales invétérées. Celles de la source de Ganalette conviennent mieux aux maladies cutanées récentes , et aux en^'^orgemens commençans des viscères abdominaux. Les eaux du Lain Fort , qui appartiennent aux sources du Couloubret , jouissent de vertus très-énergiques , et sont très - ajipropriées pour les maladies des articulations , la goutte , les ankiloses , les tumeurs articulaires^ les paralysies y etc.
Digne.
Ville du département des Basses-Alpes , à sept lieues d'Embrun , a plusieurs sources et des bains à des températures différentes.
Propriétés médicinales. On vante les effets des eaux de Digne contre la paralysie, l'asthme , les douleurs articulaires.
Gréoux.
Village du département des Basses-Alpes , à deux lieues de Manosque. Les eaux minérales sont près de la rivière de Verdou ; elles ont acquis une espèce de célébrité depuis quelques années.
Les auteurs qui ont écrit sur les eaux de Gréoux les ont lortement préconisées contre la paralysie , les douleui^s et les engorgemens m. 7
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des articnlaliulis , etc. , cl ils* ont loue leur usage à rinU'ricur , dans le cas de foiblesse de l'appareil digestif, dans l'hypocondrie de'pendante de quelques. engorgcmens abdominaux ^ la phthisie calarrhalc; etc.
Bade.
Est une des plus anciennes villes de la Suisse, située sur les bords de la Limmat, à quatre lieues de Zurich. Son nom vient de Baden,qui signifie bain. Les diverses sources thermales se trouvent près d'une plaine située au nord de la ville. Ces sources sont au nombre de cinq : trois fournissent deux réservoirs qui sont publics ', les deux autres alimentent trente à quarante bains particuliers. Celle qui est la plus abondante et la plus intéressante est designée sous le nom de Saintc- Vérenne;elle jaillit du fond d'un réservoir situé au milieu de la place publique. Au milieu de ce réservoir on voyoit, il y a peu de temps, une colonne surmontée d'une déesse Hygie,avec une inscription romaine. Tacite nous apprend que la splendeur dont la ville de Bade jouissoit dans l'antiquité étoit due principalement à ses bains. Elles ne sont vraiment salutaires que pour quelques maladies chroniques, notamment pour les douleurs rhumatismales , les sciatiques nerveuses, les ençoriremens des articulations , les dififormwàs rachiliques de la colonne epmiere, etc.
MAISON RUSTIQUE. yS
Leuck ou Locche.
Petite ville du Valais^ à six lieues de Sion, située sur la rive droite du Rhône, dans une vallée dont le tond est sillonné de torrens sur les bords desquels ont trouve des pâturages et des champs cultivés. Les glaciers se prolongent jusque là. C'est au pied même de ces glaciers que sont les sources d'eaux thermales (j). Les bains de ces eaux sont surtout propres à combattre les affections cutanées^ rebelles , et spécialement quelques espèces de dartres, les douleurs rhumatismales ou arthritiques , les engorgemens des articulations et les jiaraiysies , etc. Ces eaux , prises à 1 intérieur, produisent aussi des effets très-marqués dans quelques maladies clironiques.
TJ^isbaden.
Ville d'Allemagne , à deux lieues de Mayence et à sept de Francfort ; possède des sources de diverses natures. Celle qui se trouve à l'une des extrémités de la ville offre le spectacle singulier d'une eau sans cesse agitée et comme bouillante. Les eaux sulfureuses de Wisbaden sont renommées en Allemagne et sont assez fréquentées. On les
(i) Les environs de Leuck sont très-beaux, mais le lieu lui-même est affreux j il est au fond d'uu précipice ; on n'a pour habitation que des cahutes itle bois , etc.
recommande dans los incmcs cas que ceux qui réclament l'emploi des eaux sulfureuses en ge'néral. Oh trouve encore aux environs de Wisbaden une source d'eau sulfureuse froide et quelques sources d'eaux gazeuses.
Aix au Mont-Blanc.
Ville située au Mont-Revel^à deux lieues de Chambe'ry , dej)artement du Mont-Blanc, a plusieurs sources qui ont été courues et fréqucnte'es des anciens. La construction des bains remonte jusqu'au temps des Romains; ils furent re'parcs par l'empereur Graticn.
Les eaux d'Aix sont efficaces dans le traitement de quelques maladies de la peau , dans kl roideur des articulations, la paralysie, etc. Elles conviennent aussi contre les douleurs des anciennes blessures.
A ries o
Les eaux d'Arles sont utiles dans les rhumatismes chroniques , les anciennes plaies d'armes à feu , la paral^ sie , etc.