‹ Maisons de la Grande MademoiselleChapitre 1 sur 36 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

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Lors de son mariage avec Marie de Bourbon fdle du feu duc de Montpensier, célébré à Nantes le 6 août 1626, Gaston d’Orléans, en échange de ses dénonciations et de son consentement donné à l’union qu'avait voulu empêcher ta conspiration de Chalais, stipula, entre autres avantages, ta constitution d’une maison quasi royale. Luimême, ou plutôt Algay de Montagnac, le rédacteur de ses Mémoires -, nous l’apprend avec quelque détail.

Madame lui porta de son chef la souveraineté de Dombes, la principauté de la Roche-sur-Yon, les duchés de Montpensier, de Chatellerault et de Saint-Fargeau, avec plusieurs autres belles terres portant titres de marquisats, comtés, vicomtés et baronnies, et quelques rentes constituées sur le Roi et sur plusieurs particuliers, le tout faisant 330,000 livres de rentes, et outre cela madame de Guise la mere donna à Madame un beau diamant, estimé 80,000 écus. Le Cardinal de Richelieu eut pour sa livrée et en présent de noces la terre de Champvant, dont il avoit auparavant eu grande envie de s’accommoder, étant proche et à la bienséance de sa maison de Richelieu.

Après la disgrâce du maréchal d’Ornano, le sieur duc de Belle-

1. On rencontre au tome 378 des Mélanges Clérambault, fol. 187, un acte de transaction passé entre « Cliarles de Lorraine, duc de Guise, prince de Joinville, pair de France et lieutenant général pour le roi en Provence et admirai des mers de Levant, et Henriette-Catherine de Joyeuse, son épouse, douairière de Montpensier, tuteurs solidaires de la très illustre princesse Marie de Bourbon, et Mgr Henri de la Tremouille ». 11 est antérieur au mariage de la trè.» riche héritière et daté du 10 février 1623.

2. Mémoires de Gaston, dans la collection Michaud et Poujoulat, H® série, t. lX,'pp.567 et suiv.

INTRODUCTION

garde fut donné par le roi à Monsieur pour tenir la place de surintendant de sa maison et premier gentilhomme de sa chambre. La duchesse de Bellegarde fut aussi dame d’honneur de l\Iadame, et tous deux tiroient 30.000 livres par an en gages, livrées et appointemens de leurs charges; et pour la lieutenance de la compagnie de gendarmes de Monsieur, ce maréchal en avoit auparavant traité avec le sieur de la Ferté Imbault d’Etampes.

Monsieur commanda que l’on travaillât à même temps au grand état de sa maison, qui fut faite approchante de celle du Roi, et par la qualité et par le nombre d’ofliciers, avec cette différence toutefois qu’aucune des principales charges de sa maison ne porteroit le titre de grand comme chez le Roi, mais celui simplement de premier. Il fut dressé des états pour chaque dépense de sa maison, ainsi qu’en celle du Roi, savoir l’etat des officiers domestiques et commensaux, un estât particulier des officiers de l’ecurie, un autre pour l’entretènement de ses gardes françaises et un autre pour les gardes suisses, un autre pour la dépense des tables, cuisines, paneteries, échansonnerie, gobelet et fourrière, le tout compris sous le nom de la chambre aux deniers; un autre état pour la dépense des écuries, un autre pour la venerie, un autre pour la fauconnerie, un autre pour la musique de la chapelle, un autre pour les bastiments. On fit aussi la Maison de Madame, dont la dépense ordinaire devait monter à quatre cent tant de mille livres *. Monsieur eut quatre-vingt gardes françaises portant casaques et bandoulières de velours rie ses livrées, leurs casaques chargées devant et derrière de ses chiffres en broderie rehaussée d’or

Il eut aussi vingt-quatre suisses qui marchoient devant lui les dimanches et autres jours de fêtes, tambour battant encore que le roi fût à Paris; mais il ne se trouvait pas aux lieux ou était Sa Majesté 3.

... Son Altesse étoit fort curieuse de tableaux des meilleurs maîtres. Comme aussi des antiques et autres raretés dont il avoit fait un beau cabinet et s’appliquait particulièrement à la médaille, à quoi il réussissait, comme il fit ensuite à la recherche des simples, qu’il avoit, ayant un soin particulier de les faire représenter au naturel et d’insérer leurs noms dans un gros volume par le sieur

1. Voir cette Maison dans mon Elal de la Maison de Louis XIII, p. 160.

2. A propos d’un conflit survenu en 1615, entre le capitaine des gardes de Gaston et l’exempt des gardes du corps du roi, un arrêté fut porté le 11 juillet 1617. Voir Appendice I.

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