V. 7i0. Je n*ay point apriiis que je donge Mes drapz
Le g caractéristique du subjonctif est un vestige de la langue française primitive, qu*il est très curieux de retrouver encore au milieu du xv« siècle.
Dans la 30* des Cent Nouvelles : — « Nous sommes » troys et elles sont troys : chascun/>rfn;^sa placequand i) elles seront endormyes. »
Cette forme est invariablement celle qu emploie la version des /{ois : — « Mais requier le Rei qu'il me te dunge. » (P. 16^.) — «Tutçoquejoai/)ré'w<7eSiba.»(P. 19&.) — (( Ci est la lance le Rei : vienge un vadiet, pur hoc si Tem- «port. » (P. 105.)
De môme, pour ne pas prolonger les citations in extenso, — paroler fait que je pœ^'olge ;— mûrir, que je murge ou mœrge: — demurer, que je demurge; — requérir, que je requerge; — aler, que yalge; etc., etc.
La chanson de Roland, les testamens des rois, reines et grands personnages d'Angleterre suivent la même orthographe, qui est une forme normande.
Ce g doit sonner mouillé, d'une valeur très rapprochée <îe Vi, comme dans l'allemand morgen (1).
(I) Exemples de g changé en i: — plaga, playe; — paganus, IMiyeiiy — liaga, hagc; — bra^^a, bratjcs; — sagilla, sayetle; — lie fagiis, ftnjcUc, Im Fayeitr;-- saguuit sayr^ t savon de poil
En voici la raison : cette forme française est modelée sur la terminaison latine iam, iar: — veniam, acctpiam^ moriar. Le ^ a été adopté pour représenter ce son, et nous en avons encore aujourd'hui la preuve dans ac^uerir^ requérir^ qui font que f acquière y requière; on écrivait au moyen âge : aquierge^ requierge.
Le principe une fois posé, la règle s'est appliquée indistinctement aux verbes qui n'avaient pas en latin le subjonctif eu tam, ou qui même n'étaient pas transportés du latin.
lenir a fait que je tienge^ comme venir ^ que je vienge, encore que l'un se dise teneam et l'autre veuiam ; ^donner a fait que je donge^ comme si le subjonctif de dunare était doniam, au lieu d'être donem. On prononçait que je oiengne, tiengne^ dongne.
Aller y paroler, ont fait que j*alge , que je jmrolge , comme s'ils fussent dérivés iVallare^ parolarc. On prononçait yuc/ûiY/e, que je poroille.