‹ Maistre Pierre PatelinChapitre 140 sur 200 · V. 912. Sont il ung asne quej'os braire · texte numérisé non relu

V. 912. Sont il ung asne quej'os braire

Cette bizarre façon de parler se retrouve dans d'autres écrits du même tems : par exemple, <lans la farci; <le Sœur Fessne, la sœur Esplourée demande ironi(|uenient : n Sont -il d'usance haut -de- chausses? » — C'est-il l'usage (lue les femmes portent sur la 1ère un haut-de-chausses ?

Dans la farce des Femmes qui font refondre leurs maris, IVrnette exi)ose ses griefs contre le sien :

Foy «lup iloy Dieu, il ont «jrant tort :

Sitosl qii^il sont vont liés ^ il ilnvt!

iA'Wv tournure |KMUTait être Tiinitation d'un germa-

308 >OTKS.

iiisme. L'allemand dit : Sind sie zu haute? « ScMit-ils à la maison ? » pour isl er zu haute^ « Monsieur est-il à la maison?» Cette troisième personne du pluriel est la forme usitée envers quelqu'un à qui Ton doit des égards. Ce mélange du pluriel et du singulier est encore en pratique aujourd'hui. Un auteur pénétré du respect de soi-même se gardera bien de dire : « Je suis allé... je me suis efforcé. . . je me suis aperçu. . .» Mais il écrit majestueusement : (c Nous sommes allé noui nous sommes efforcé nous nous sommes aperçu. . .» Ce n'est pas

le style logique, mais c'est le style digne.

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