‹ Maistre Pierre PatelinChapitre 139 sur 200 · V. 894. Hédea, j'ay le mau saint Garbot · texte numérisé non relu

V. 894. Hédea, j'ay le mau saint Garbot

Saint Garbot , ou mieux saint Gerbold , vivait au vir siècle. Nommé évéque de Bayeux, il fut chassé par les habitans. Saint Gerbold, en s'en allant, jeta dans la

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mer son anneau pastoral, protestant de ne revenir qu'après l'avoir retrouvé. Tous les Bayeusains furent aussitôt attaqués de iienti'?rie et d'hémorrhoides, mal qui fut appelé le mal saint Gcrbold, et dont les habitants de Baveux conservèrent le surnom de foireux. Du Gange, au mot Senescollus, rapporte Tépitaphe de l'Encal ou Sénêclial qui chassa saint Gerbold et mourut de la maladie m question :

(a gist Fencal [de] Cranquclol ;

Ly fut qui cacha saint (lorbot ;

Le mal l'en prist le jour de Pasquos ;

Denpcu (depuis) son ventre n'ul relagiir-.

Ah Dieu, combien il chia !

Dites po ly Ave Maria.

Il existe encore, dit-on, à Buyeux, une famille qui pn'?tend avoir le privilège de guérir le mal saint Gerbold i^îir l'attouchement, comme les rois de France guérissaient les écrouelles.

On lit dans le Livre des proverbes, 1, p. 208, que Bayeux était célèbre au moyen âge par son commerce et ses foires, d'où est venu le dicton des foireux de Jinyeux.

Il est évident que c'est là une explication arbitrairement inventée , et suggérée par le dicton même qu'il s'agissait d'expliquer.

V. 896. Jehan du Quemin sera joyeux Mais qu'il saiche que je le sée.

Mais que, dans les vieux écrivains français, signifie exactement pmrvu y?/c; mais ce mot, en basse Normandie, porte une nuance d'acception un peu différente : c'est aussUàl que, dès que, 11 faut donc traduire :

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n Su.s-je des l'oireux de Baveux? Jeiiii du Clieniiu sera cliarnié dès qu'il saura que j'en suis. »

Que je le sois, au subjonctif, h cause du que entre deux verbes, et aussi h cause de quii sache, pour la symétrie i\cs tenis qui était alors d'obligation étroite. « Ou dirait que je vous ai trompé, » eut été jadis un solt'cisnie ; il eût l'a il u mettre : « On dirait (jue je vous «rwroi» trompé.»

Corneille suivait encore la règle du que entre deux verbes. Dans le Menteur (I, iv, 12) :

Lu plus belle (les deux je crois que ce soil ruutre.

« Je crois que ce soit , dit Voltaire , est une faute de » grammaire, môme du tems de Corneille. » Et il montn; que la logique et la raison en sont égaliMnent blesséL*s. Voltaire se trompe : la locution de Corneille est tout au plus un archaïsme comme ceux dont \a\ Fontaine est rempli ; et au nom de la logique, Voltaire condanme du même coup notre ancieime langue et le latin qui lui avait prêté cette règle.

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