‹ Maistre Pierre PatelinChapitre 145 sur 200 · V. 983. Adieu, dame · texte numérisé non relu

V. 983. Adieu, dame

Pour Dieu, qu'il me soit pardonné !

Ce vers se retrouve mot à mot dans le Petit Jehan de Sainiré,

Saintré, prêt à partir pour la guerre, distribue aux filles de la cour des anneaux d'or émaillés de fleurs de souvietigne vous de moy , ce qui montre en passant que le myosotis, en allemand verginmein nichty portait ce nom en France dès le xiv* siècle. La reine réclame en riant pour la dame des belles cousines et pour elle-même une de ces bagues: — « Ha, ma dame, dist Saintré, pour » Dieu, qu*il me 9oit pardonné ^ car je n*avoie bardement » ne cuydoie que telles dames daignassent prendre de » moy si petit don. » (Chap. 27.)

Y. 988. Je me tiens plus esbaubely Qu'oncques.

La forme conservée dans le langage hmilier est ébaubi, c'est-à-dire rendu bègue par l'excès de Tétonnement. La racine est balbus^ d'où le français baxAe : « Loys, H » fil Challes le Cbauf, qui Loys li baubes fu apelez. » {Chron, de Saint-Denys,)

On a mal à propos confondu ébaubi avec ébahi, Vébnki est celui qui demeure bouche béante : racine, hiare.

NOTKS. :U3

V. 1005. Au moins avons nous recouvn* Assez drap pour faire îles robes.

Entre ce vers et le suivant, le manuscrit Bigot introduit cinquante vers qui ne se trouvent dans aucune édition à moi connue. Cette interpolation, d'ailleurs sans mérite et tout à fait liors-d'œuvre, est un exemple des modifications que les comédiens se permettaient défaire subir à Touvrage, et d'où sont nées tant de variantes sans valeur. Voici le passage :

PATELIN

Au moins aurons nous recouvré Assez drap, comme qu*il en voise.

Qu'en dites vous donc, ma bourgeoise?

Scay je rien d'avocasserie ?

GUILLE>IETTE.

Uuil, dessus la draperie. Vrayment, vous avez bien fait peslre Joceaulme. Uu^esles vous bon mestre l)*embougler gens, sainte Marie !

Je n*eusse ceste tromperie Jour de ma vie controuvce Que vous avez cy esprouvée.

; Sacrement bieu ! quant vous voulez

Je voy bien que vous y moulez Bien parfont, en Tadvocassage !

Je ne vous cuidoie pas si sage, Mes je voy bien sans vous louer Que Ton vous peult bien appeler Dessus tous les aultres le mestre.

PATELIN

Je feray plus fort que Pierre (sic) Encore, mais que je m'y mette.

Ce n'est if V riens, Guiliemelte ;

Je pense bien à auUre chose

Qui sera fait sans faire pose ;

Car pourquoy ? ung homme autentiqiie

Ne doit point lesser sa pratique

Dormir au feu ne reposer,

Mais se doit toujours exposer

La procéder de mieulx en niieulx.

Et pour ce, belle seur, je veuK

Aller encore marchander.

Voulez vous encor»^ esrhauder Nescay qui?

l'ATELIN.

Ouil, par saint Pierre ; Ce sera mon gentil compère Le fournier du bout de la rue ; Il a tant que chacun lui rue.

Mais ou je faudray laidement A traire, ou certainement Il me rendra ains que je fine Céans pain tout cuit et farine, Des huy jusques au bout de Tan, Et si sera payé en bran Ainsi qu'a esté Joceaulme.

GUILLEMETTE

Haro ! vous valiez ung royaulme !

Onques mais je ne vy nul tel .

PATELIN

Or gardez très bien à Tostel ; Je m'en vay par icy devant.

(Saluant raudiloire.)

Messeigneurs, à Dieu vous commant.

(Us !«ortent, et h scène se transporte dans la boutique du drapiir.)

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