‹ Maistre Pierre PatelinChapitre 148 sur 200 · V. 1 1 0. Or suis je le roy des meschans · texte numérisé non relu

V. 1 1 0. Or suis je le roy des meschans

MescUunt n'est point primitivement la traduction du latin improbus, il signifie qui a la chance contraiie, cxjnmio ([ui (Wv^xirneS'Chêant :

Allés sont li mesquant preniieremenl tué.

(Baudouin de Sebourg, ch. Vil, p. t8i.)

C'est-à-dire, toujours les mal-chanc:'ux sont les pn»niiers atteints.

Se (list une parole, que li lioms est mesquaufi

<Jui trop se fie en femmes, car lor enj^iens est j;ransî

{Hawlouin de Sebourtf, eh. V, vers 682.)

NOTKS. 317

Alain Charlier oppose meschant à heureux : « Adonc y » seras tu plus meschini de ce que tu cu'uleras y estrc » plus heureux. » (Curial, p. 394.)

Les bergers, à la mort de Charles VU :

Par troupeaus s'assembleront ez chanis,

Crians : ha Dieu! que ferons nous, meschans?

(fiREBAN, Epilaphe de CiiarL'S VU.)

« Meschant , » dit Charles Bouilli : « Qua voo^ Galli »abutentes, virum interdum inopem, iaterdum ini- » quum, dolosum et infelicem effantur. » {De vitiis vulgar. ling., p. 15.)

On avait aussi le substantif meschance :

Tu es le vray Dieu, qui meschance N*aymes point ny malignité.

(Marot.)

Mais ici Marot encourt précisément le reproche adressî'» à ses contemporains par Ch. Bouilli : il prend meschance au sens moderne de méchanceté. L'auteur du Patelin lui conserve son primitif et véritable sens, qu^ind il fait dire h Guillemette :

Helas ! le povre chrestien A assez de maie meschance !

Unze sepmaines, sans laschance, A esté illec le povre homme !

En revanche, il prend déjà méchant dans racception moderne au vers 1273 :

(iOmme le wcschant homme forj^r Dp loing pour fournir son lilieUe !

Je ferai observer que cette particule inséparable mtx (malè), qui entrait en français dans la composition d'une foule de mots : mesparler, mesarmer, mesvoier, mescroire, mesavoir, mesdire, mesprendre, meschoir, etc., existe dans l'anglais sous la forme mis : mUiaken^ nustrente, misconduct, misconceit, misclnim, misrhnnre, etc. . .

V. 1 1 1 . Mesiiic'iiieul les bergei's des champs Me cabuêent ores le mien...

Les éditions rajeunies portent me cabasse^it^ ce qui ferait un sens acceptable à la rigueur, mais beaucoup moins juste et moins énergique. G. Leroy et lii90 donnent cabustmt, ce qui lève toute incertitude et toute dilBculti». Voyez la note sur le vers 3, où il me parait évident que cabosser a usurpé la place de cabuser.

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