‹ Maistre Pierre PatelinChapitre 17 sur 200 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

(Dans la boutique du drapior.)

PATELIN, GUILLAUME JOCEAULME.

GUILLAUME JOCEAULME.

Et dieu vous doint joye.

PATELIN

Or ainsi m'aist dieu que j'avoye De vous veoir grant voulenté.

Comment se porte la santé ?

«« Estes vous sain et dru , Guillaume ?

LE DRAPPIER.

Ouy, par dieu !

PATELIN

Çà,ceste paulme.

Comment vous va ?

LE DRÀPPIER.

Et bien vraiement , A vostre bon commandement.

Et vous ?

PATELIN

Par sainct Pierre Tapostre , «10 Comme celuy qui est tout vostre.

Ainsi vous esbatez ?

LE DRAPPIER.

Et voire !

Mais marchans , ce devez vous croire , Ne font pas tousjours à leur guise.

PATELIN

Comment se porte marchandise ?

"» S'en peult on ne soigner ne paistre?

V. 415. — Sic G. Leroy. — Tous les autres, seigner ou Baigner*

LE DRAPPIER.

Et se mVisl dieu, mon doulx maisire , Je ne sçay ; tousjours hay ! avant !

PATELIN

Ha, qu'estoit ung homme sçavant!

Je requier dieu qu'il en ait Famé, «20 De vostre père. Doulee dame !

II m'est advis tout clerement

Que c'est il de vous proprement.

Qu'estoit ce ung bon marchant et sage !

Vous lui ressemblez de visage , ^v> Par dieu , comme droite painture !

Se dieu eut oncq de créature

Mercy, dieu vray pardon luy fan»

A Tame.

LE DRAPPIER.

Amen! par sa grâce ; Et de nous quant il luy plaira!

PATELIN

«80 Par ma fov, il me desclaira Maintefois et bien largement

V. 4 38. — Alors Télision ne se faisait pas d*un interlocuteur à l'autre. Les textes rajeunis et le manuscrit La Valliére rectifient cet endroit : c Amen , Jésus Christ par sa grâce, • et ils ôtent « à Famé. > Vovez la note sur ce vers.

Le temps qu'on voit présentement :

Moult de fois m'en est souvenu.

Et puis lors il estoit tenu «» Ung des bons...

LE DRAPPIER, offrant un siège.

Seez vous, beau sire :

Il est bien temps de le vous dire , Mais je suis ainsi gr^cieulx.

PATELIN

Je suis bien. Des biens temporeulx Il avoit. . .

LE DRAPPIER , insisUnl.

Vraiement , vous serrez. . .

PATELIN, «'asseyant.

«*o Voulentiers. Ha! que vous verrez, Qu'il me disoit, de grans merveilles !

Ainsi m'aist dieu , que des oreilles , Du nez , de la bouche et des yeulx , Oncq enfant ne ressembla mieulx

«w ^ père. Quel menton forché !

Vraiement c'estes vous tout poché !

V. 138. — Sic L. V. — B. : c Par Dieu preciculx. » — (>. Leroy et 1 490 : « Par le corps precieulx. > V. 139. — Sic B. — 4 490 . « Vous vous serrés. »

484 LA FARCK DE PATKLLX.

Et qui diroit à vostre merc Que ne feussiez filz vostre perc , Il auroit grant fain de lencer.

ïso Sans faulte je ne puis penser

Comment nature en ses ouvrages Forma deux si pareilz visaiges , Et l'ung comme Taultre taehié :

Car quoy ? qui vous auroit crachié

if.» Tous deux encontre la paroy D'une manière et d'ung arroy.

Si seriez vous sans différence.

Or, sire , la bonne Laurence , Vostre belle ante, mourut elle?

LE DRAPPIRR.

<M Nenny dea !

PATELIN

Que la vis je belle , Et grande, et droite, et gracieuse Par la mère dieu précieuse , Vous lui ressemblez de corsaige .

Comme qui vous eust fait de naige.

»6î En ce pays n'a, ce me semble , Lignage qui mieulx se ressemble :

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