‹ Maistre Pierre PatelinChapitre 182 sur 200 · V. 1 o89. Des corbineurs et des bailleurs (jj · texte numérisé non relu

V. 1 o89. Des corbineurs et des bailleurs (jj

Corbineur^ mot formé de corbin^ corbeau, oiseau rapace. On désignait ainsi au palais les gens de loi qui extorquaient l'argent des plaideurs. Le mot se rencontre môme dans un arrêt du parlement de Rouen rendu contre les solliciteurs de procès, Tan 1570. « La court » permet auxdits procureurs et supposts... à la charge h de mettre par devers ledit procureur général la liste w et déclaracion des corbineux et exacteurs par eux pré- » tendus, etc.» {BibL de l'Ecole des chartes^ 1, 102.)

« On disoit autrefois corbiner pour dire desrober, faire

(I) Cette note se rapporte à la variante du vers.

» le mestier de corbin ou de corbeau, desclùrer ou tirer » ce qu'on pouvoit d'une carcasse. On a aussi appelé au » palais corbineurs ceux qui tiroient la pièce des plai- » deurs et ruinoient les parties. Et en général on appelle » encore en plusieurs provinces cor^metirs les gens qui » trompent les autres par leurs flatteries : ce qui a été dit » par allusion à la fable d'Esope, du renard qui trompe » le corbeau. » (Fitretièrv.)

Patelin a corbiné le drapier. Dans V Esope à la ville, de Boursault, M. Doucet, le généalogiste, tente de corbiner Esope qui le laisse aller d'abord, et après lui avoir récité la Table du Renard et le Corbeau^ ajoute :

Par une indignité qu*on peut nommer atroce, Vous m*avez flatté, moi, jusqu'à louer ma bosse ! 11 faut être corbeau pour donner là-dedans.

(Acte m, scène V.)

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