‹ Maistre Pierre PatelinChapitre 74 sur 200 · V. 4 58. la bonne Laurence · texte numérisé non relu

V. 4 58. la bonne Laurence

Vostre belle ante, mourut elle?

La forme moderne tante est venue par l'addition d'un t euphonique, pour fuir cet hiatus ma ante, ou cette élision fâcheuse m'ante, — Ha/ ante, ou ma Tante.

Sylvius, dans sa grammaire latine-française, p. 96, explique que de son tems le désir d'éviter les hiatus

a conduit à mettre des pronoms masculins devant des noms féminins : par exemple , mon âme, mon espée ; ce que nos aïeux évitaient, dit-il, par Taddition d'un t intercalaire : « Quam asperitatem ut vitarent t in qui- » busdam interjecerunt. — Mea, tua, sua, avia, amita : » ma, ta, sa 7aïe, Jamte, vel Tante, pro Aïe, Amie, vel » Ante. » (Voy. sur 300.)

Les lettrés sont parvenus à faire prévaloir mon omet mon épée, sur m'ame, m'épée; mais ma tante était si profondément passé dans le langage, qu'ils n'ont pu l'en arracher pour y substituer mon ante : « Hodièque manent vestigia. »

Rabelais parait s'être souvenu de la tante Laurence de Patelin, dans ce passage : — a On regard du hauit de » chausses, ma grant tante Laurence jadis me disoit qu'il » estoit faict pour la braguette, a {Pantagruel, III, 7.)

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