‹ Maître Alicd Hénaut; pìece en trois actesChapitre 15 sur 33 · SCÈNE VIL LES MÊMES, REBÉRAND · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL LES MÊMES, REBÉRAND

REBÉRAND, qffaù-é.

Je vous cherche partout, Gériaux que je rencontre m'envoie au greffe ; un autre m'assure que vous êtes au vestiaire. Je n'aurai donc pas été le premier à vous féliciter.

AIJCE.

Mais vous aurez été le plus exubérant; c'est quelque chose.

BARNET

Et nous autres nous serons les premiers à féliciter les deux présidents...

REBÉRAND Comment, vous savez déjà?

D'AVELINE

Il y a des nouvelles à sensation qui éclatent et se répandent sans qu'on sache pourquoi ni comment.

ALICE Alors, c'est dit : la Ligue peut compter sur vous ?

REBÉRAND

La Ligue, la Ligue... Tenez, je suis heureux de l'occasion qui se présente de m'expliquer devant quelques témoins.

ALICE Il vous faut toujours un auditoire.

.MAITRE ALICE HÉNAUT yS

BARNET Toujours?... Hum! Cela dépend.

REBÉRAND

S'il ne s'était agi que de la Ligue, uniquement de la Ligue, jamais je n'eusse accepté. Vous savez bien que je ne partage pas toutes les idées qu'elle compte défendre et surtout que je ne suis pas d'avis d'adopter les modes d'action qu'elle préconise. Ils sont en contradiction avec ce que j'ai toujours défendu à la Chambre ou dans mon journal. Non, ce n'est pas la Ligue qui doit compter sur moi. C'est par sympathie, par grande sympathie pour vous seule, Madame Hénaut, que j'ai voulu associer mon nom au vôtre en ces circonstances. C'est un grand sacrifice que je vous fais. Vous ne l'oublierez pas?..,

Toutes les causes sont faites de sacrifices. Mais, puisque vous êtes franc, laissez-moi être franche aussi.

REBÉRAND Comment cela ?

ALICE

Vous agissez pour moi et non pour mon œuvre? Eh bien ! moi, je vous avoue que c'est le concours du Grand Radical que j'apprécie dans le fait de votre

y6 MAITRE ALICE HÉNAUT

adhésion plutôt que l'appoint du nom ou du prestige de Monsieur Rebérand.

REBÉRAND, vexé.

Ah! pour de la franchise, c'en est.

BARNET N'allez pas vous désister au moins, là-dessus?

SAGNY, à mi-voix à Lavaremie.

Est-ce que la discorde régnerait dans le camp d'Agramant?

LAVARENNE, inêmejeii.

Coquetteries d'amoureux.

D'AVELINE, même jeu.

Laissons les frères ennemis se réconcilier en paix.

BARNET

Les augures ne savent pas se regarder sans rire; les apôtres trop bien convaincus ne savent peut-être pas se parler sans se taquiner?

Vous plaisantez. Je vous assure que je suis très sérieuse.

D'AVELINE

Mais nous sommes tous très sérieux ici. Et nous vous laissons : vous devez avoir de très pressantes dispositions à prendre.

BARNET

Gériaux vient de nous dire que c'était l'heure de la mise sous presse. Revoyez bien vite les épreuves du manifeste.

D'AVELINE

Adieu, Rebérand. Chère consœur...

LAVARENNE Monsieur le président d'honneur...

BARNET Madame la présidente...

ALICE

Mais M. Rebérand sort avec vous autres. Ou bien demeurez. Je ne veux pas que vous vous sépariez à cause de nous.

D'AVELINE Si, si, restez.

Voyons, Monsieur Rebérand, retenez-les. Nous n'avons rien de secret à nous dire. C'est une plaisanterie.

REBÉRAND, riant.

Laissez-les donc aller.

{Ils sortent en }'ia?it.)

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