ENTR’ACTE
Le Réel.
ON ne parle pas de 1TNSOUMIS. Un sociétaire retraité de la Comédie-Française à un jeune tragédien du CONSERVATOIRE : — Vous avez le masque d’un acteur que vous connaissez peut-être de nom : Taillade?
Un amateur de spectacle parle de V incendie du THÉATRE-FRANÇAIS ; — « La pauvre petite actrice!... Corneille était sur l’affiche mais le rideau n était pas encore levé.,. » Et en parlant, il soigne sa diction comme pour ren dre hommage à la majesté du lieu.
U n amateur de spectacle raconte ses peines : — Quel rôle pour Antoine !
B. H . Gausser on. — « Tous les épis ne sont pas fournis et lourds, il en est de maigres, de mal venus, de mangés de nielle et de vides tout à fait. »
Gustave Kahn (sans humeur). — Cest un
art d’équilihriste.
D. — Si vous dites du mal de moi, madame, c’est le mal que j’aime à en dire.
Quelqu'un des petites places. — Ça veut dire... ça veut dire : Tenons-nous propres.
Oui, il dit, sans parler « argent » : Payons nos dettes.
Pierre Quillard — (Défense :) — «Il n’use
de l’ironie que par crainte de montrer dans une nudité jugée impudique sa tendresse, sa pitié, sa ferveur pour le beau. »
D. — Quand le vieil acteur Geoffroy, mon voisin de Belleville, sentait que l’heure approchait, l’heure de l’omnibus, il disait dans tontes les pièces : — ((Et si on mariait ces chers enfants? » On les mariait.
Une danseuse du 2e quadrille de l'Opéra : — ~ Subra nous aurait marché dessus... Maury se signait avant de danser... M... est toujours avec le Prince :
— Un banquier vaut bien un prince.
D. à un ami . . : Les pièces que je lis sont bien jouées...
Un acteur raconte : En Allemagne, deux messieurs lui offrent de boire avec eux. Il accepte. Avant de trinquer ces messieurs disent : (( Nous devons vous prévenir que nous sommes des officiers allemands. » L’acteur trinque et dit : « Ce n’est pas avec un pays que je trinque, je trinqv^ avec des individus. »
Il en fume! L’important est de trinquer.
— Je vais être indiscret...
D. — ■ Il est encore temps de ne l’être pas.
L’auteur cause gaiement avec Carrière, Besnard et Rodin: — On vous y traînera... — Je ne m’y laisserai pas traîner...
Un vieil acteur qui joue les Roméo: — Que
j étais mauves à vingt ans dans les rôles d’amoureux !... (Acteur d’un de ces Théâtres malchanceux où l’on fête la vingtième... »
/. J osefih-Renaud à Henry Degron : — Je vous aurai un duel.
Gabriel Séailles et Maurice Hamel ((voyagent » en Italie. Louis de Fourcaud « est » en Grèce.
Fagus. — Baudelaire, il y a encore des draperies.
— Idéalisons la passade :
Des Utilités de la maison : — Ah ! Louis de Mareuil !
— Jean de Valcreuse !
Un auteur dramatique : — Il me faudrait un Frederick Lemaître de 30 ans. Bocage au rait été trop sombre, Rouvière tranchant, et Albert Lambert fils n’est pas assez beau.
D. — : Au théâtre de mon quartier : On arrête CARTOUCHE : « Applaudissements...
Chut !... Chut !... »
— Ma fin d’acte : '« Il se dit ton amant. — S’il dit vrai : Venge-toi et s’il ment ; Venge nous. »
Roger-Marx et Charles Saunier s animent au souvenir de Chassériau.
D. — : Ce comédien dîne en ville et si un convive parle (quelle faute de tact ! ) ce comédien admirable croit à un spectateur qui interrompt.
Entre acteurs : — Tu es un jeune troisième rôle.
— J’ai aussi quelquefois de la tendresse.
Un Monsieur passe . D. - : Faut-il qu’il
soit changé pour ne pas me reconnaître !... Théâtres de province (un Régisseur ra*
conté) : — Un bouquet sur le piano, un bouquet sur la cheminée... partout des fleurs... La
basse, un bon musicien sans voix... l'amouœux ne savait pas son rôle et cela lui donnait un petit air timide qui faisait assez bien... j'avais envoyé une loge au sous-préfet, une loge au commandant Ils ne sont pas venus... Peu de monde,.
Un amateur de spectacle : — - Messieurs, Vauthier passe à 1a, P or te- Saint -Mar tin.
Un amateur de spectacle : — Mon magasin fermé, j’irai rôder du côté de V Ambigu pour savoir si le drame a réussi.
D. — J’écris une pièce pour Jeanne Granier : En Périssoire .
— Réjane pleure, je sais comment elle pleure — et je le sais par une personne de sa famille : Elle pleure en regardant fixement la rampe. (On entoure celui qui parle..)
Et X Insoumis?
— Ah ! vous savez Y Insoumis...
(Sonnette,)
L' IMAGINÉ
Messieurs les Fonctionnaires de la Critique sont retenus au THÉÂTRE DES VARIÉTÉS où se donne la im représentation d'une pièce de M, Alfred Capus. Ce doit être amusant.
Raimond Bouyer est satisfait de mon orchestre.
— Une femme pleure!... Peut-être avaitelle de la peine et je n'ai pas pu la lui faire oublier... Le deuxième acte, le troisième acte, le quatrième acte... Le public est surpris et un moment on a pu croire que la pièce n'aurait pas de cinquième acte ce soir-là.
Léon Bloy ... Laurent Tazlkade...
Renoir ... Paul Césanne cause avec Pissarro Théodore Dur et est avec Whistler ... Gustave Coquiot et Hüysmans discutent à propos de
Marie de Nys qui interprète au mode lyrique le rôle de Madame Tontonne. Marie de Nys a été appelée du THÉÂTRE- ANTOINE à la Comédie-Française après le Voiturier Hens~ chel et r Assomption d'Hannelé Materne .
ü auteur : — Elle dit !... c’est d’une musique jolie... ah! jolie...
— Ah ! Gauguin ... Et vous apportez de Tahiti !... — De la peinture, de la faïence et du bois sculpté.
Francis J animes... Jean Moréas... Gabriel Sarrasin , qui nous a traduit Shelley.
Un Monsieur siffle et rit : (Il rit, ce n’est .pas un méchant homme, c’est toujours ça!...) Je ne sais pas comment il parle, mais il siffle très bien. Un autre Monsieur siffle, plusieurs Messieurs sifflent: — « Ce serait peut-être supportable en français.» — C’est d’un grammairien instinctif. » — a Et si je dois pleurer, il faut qu’on m’avertisse. » — « C’est une Parade. )) « C’est ronflant ! » - - Et ronflant
ici, paraît-il, voudrait dire : Cela fait ronfler, dormir... — « Où fuir ! » (Effet). — « Il vient de loin. » - — « Il vient de haut. » (De loin... de haut !... vous devinez ?...Bélevil le). Charles Morice : « Il y a là des choses qui ne sont pas ailleurs ». Le rideau tombe sur la dernière scène du dernier acte et le rideau est aussitôt relevé pour que soit dit le nom de l’auteur: « — Chut ! - — chut ! — assez ! » Mais, innovation heureuse, Marie de Nys s’avance et commence la phrase traditionnelle : — : « La pièce que nous avons eu l’honneur... « - — Oh ! oh ! - Ah ! ah ! » « l’honneur... » Par la volonté d’une femme, sa grâce, le demi silence est enfin conquis et l’artiste est entendue. — Merci, Mademoiselle.
C’est ainsi, Madame, que la représentation sest achevée sans un applaudissement, ainsi que je l’avais désiré.