C É C II
Aurait-il encore une invention sur le métier?
FRANGINE
Oui, mais celle-là ne m'inquiète pas; c'est une méthode mécanique pour apprendre à lire aux enfants.
CÉCILE
Vraiment?
Il obtient des résultats surprenants, je dois le dire.
CÉCILE
Quoi qu'il en soit, vous devez être bien heureuse qu'il ait enfin trouvé une occupation innocente.
F RANCI NE
Je vous assure; j'ai eu tant d'inquiétudes! Après le rétablissement de notre fortune, il m'avait bien juré qu'il était guéri de sa passion d'inventer; mais je n'ai pas la pleine confiance à ces guérisons-là, et dans sa moindre distraction je voyais un svmptôme de rechute. Ce que j'ai employé d'industrie depuis trois ans pour l'attirer hors de lui-même. Dieu le sait! mais je sentais bien que je ne faisais que relarder la crise, et je n'espérais pas qu'elle tournerait à notre salut. Jugez de ma joie le jour où je découvris le nouvel objet de ses contemplations!
CÉCILE
Celui-là du moins n'est pas ruineux : c'est une folie douce.
FRANGINE
Oh! ne dites pas ce mot-là, madame; mon pauvre père, si bon, si généreux!
cÉciLe.
Un c;.'ur d'or, je le sais; mais cela n'empêche pas...
/12 M AIT RI' OrKRIN.
FR VXCINK, l'Mrr.-lMiit du geste.
Héla?!
ciîcn, K. •
Homme de grand mérite, malgré toiil ! Comme disait un de noi; amis, il ne lui maïKiuo pcuL-èlie que le côlé pratique du gér.ie.
FU ANCINi;.
A'ou.-; connaissez le commandant Guérin ? C'est un mot de lui.
Clicil, !■.
En eir.'t... nous l'avons trouvé en garnison h Saint-Gerniaiii, l'clc dornier. En qualité de compatriote, nous lui avons fait accueil, et mon mari a fini par le prendre en grande affection,
FUAXCINK.
Vous pnilait-il quelquefois do nous?
nicii.E.
Souvent; pourquoi?
FR.VXCINE.
C'est que sa conduite envers nous est singulière. Autrefois, quand il a\ait un congé, il était fort assidu à la maison; je dois même dire à sa louange qu'au moment de notre ruine il a redoublé d'égards; puis il est tout à coup rentré dans les boines de la stricte politesse, et à ce dernier congé il ne nous a fait que la visite indispensable. Aurait-il à se plaindre de nous?
CIÎCILE.
Je ne sais pas; mais il parle de vous dans les termes les plus respectueux. Il admire beaucoup votre a|ililudc aux affaires, votre bon s;mis.
FRAXCINT: , ù paît.
Je ni'en doutais.
CIÎCILF, la roK.uMuiit dans U-s yeiiv.
Ce que vous prenez poui- de la froideur n'e^t p,Hit-èlre que