‹ Maitre Guérin; comédie en cinq actes, en proseChapitre 3 sur 106 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ARTHUR, on costume de voyage élégant ; UN DOMESTIQUE, en livrée.

LE DOMKSTIC LL'.

Madame prie monsieur Artluir de vouloir bien {"attendre dans ce salon; elle va descendre.

A rîTiiur,.

Bien. Tu conduiras mon valet de chambre et mes bag<lge5 dans mon appartement. Où me loge-t-on ? Dans la chambre bleue ?

LF. DOMESTIQUn.

Non , monsieur : la cliainbre bleue est occupée.

ARTHUR

Ah! ma tante a du monde?

LE DOMESTIQUE

Un voisin de campagne et sa fille.

2 MAITUI': GUERIN.

!-:>l-ellc jolie, sa fille?

I,!: nOMESTIQUE.

Ah! monsieur conipi'ond (jue je ne me permettrais pus d'avoir une o[)iiiion sur les iin ilés de madame.

A li t;i ur.

C'esljus:c. Va, mon garroii... A propos, pendant mon séjour ici, il se présentera dos gens de mauvaise mine : sois trèsre.-pectueux! Ce sont des courtiers d'élections.

L i; DOMESTIQUE.

D'élections ?

ARTHUR

Cela l'éionne?

Li: DOMESTIQUE.

Dame! je croyais (|ue monsieur était déjà député.

ARTHUR

Tu ne sais donc jias, iml)écile, 'que ton conseiller général est mort et que tu \as être appelé à exercer tes droits de citoyen? Je te demande ta voix.

LE DOMESTIQUE

Monsieur veut rire... Je n'oserai jamaiSi

ARTHUR

Puisque je le le permets, animal.

LE DOMESTIQUE

Monsieur me coaible... Voici madame, (n soi-t.) SCÈNE II.

A R T FIU R , C K C ILE, en toUeito ,i„ mmin.

ARTHUR, bnisant In iiiaiii île Cwilc.

Comment se porte la plus belle des tantes ?

ACTK l'UKAIllilî. 3

c.kci I, l:.

Aussi bien que le i)Ius beau clos neveux. Avez-vous laissé mon mari c;i B"oniic sanlé?

ARTIIIR.

IS'en douiez pas : sa face reluit sous ses cheveux gris; comme braise sous la cendre. Voilà une vieillesse, je ne dirai pas verte, mais cramoisie.

ci: CI LE.

Ne plaisantez pas : celle exubérance de sanlc m'inquiète quelquefois.

.\1\TI1 un.

Vous avez peur qu'il n'éclate? rassurez-vous; il est cerclé d'égoïsme.

ci; Cl r,E.

Sovez donc convenable, Arthur, J'espérais presque que vous l'amèneriez avec vous.

ARTII IR.

Moi aussi; mais il a eu peur, en m'accompagnant, d'être obligé de se remuer pour mon élection, vous le reconnaissez là; en sorte que ce qui vous attire ma présence vous libère de la sienne. Il y a compensation.

CECI LE

Si vous voulez dire qu'en vous voyant je me console de ne pas le voir, vous êtes un fat.

A UT II un.

Oui; mais si je veux dire que vous vous consolez de me voir en ne le voyant pas?

CÉCILE

Avouez qu'il serait bien bon de se déranger pour un neveu aussi respectueux.

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