ACTE DEUXIÈME
CÉCILb: , se levant.
Mai?, quand je n'aurais pas d'autre raison à vous opposer en voici une qui sufr.t; je ne veux pas m'appeler encore une fois madame Lecoutellicr.
Je respire.
ARTHUR
Ou'ii cela ne tienne; si ce malheureux nom vous incommode si fort, je n'ai pas de préjugés, moi; je le troquerai volontiers contre un autre.
CKCILE.
Je vous le conseille, en tout état de cause.
GUÉRIN, passant entre eux.
Mais personne n'est dupe de ces subslilulions!
.XRTIIUR.
Que pardonnez-moi! la plupart de nos jeunes gens féodaux no descendent pas d'autre chose. La recette est bien simple : Yous vous appliquez un nom de terre; vous vous enveloppez d'opinions armoriées, comme on met des toiles d'araignee autour d'une bouteille de piquette, et voilà le chambertui demandé.
CECILE
C'est positif. — Votre oncle avait une terre dont le nom a belle tournure.
.\RTHUR.
La Roche-Giron, n'est-ce pas?
CÉCILE
Précisément. 11 y a eu un La Roche-Giron qui a épousé une Yallaneuse en 1611.
GUÉRIX.
La famille est éteinte à présent.
ARTHUR
Ressuscitons-la, madame!
CÉCILE, riant.
Vous me donnerez bien huit jours?
Mais notre affaire est au rôle ; si je perds, vous ne voudrez plus entendre parler de moi.
CÉCILE
Je vous remercie de ne pas prévoir le cas oii vous gagneriez.
ARTHUR
Ohl moi, j'ai mille raisons de vous épouser; vous, vous n'en avez qu'une.
CÉCILE
Eh bien! je vais réfléchir; venez me voir demain.
GUÉRIN, à part.
D'ici à demain, il coulera de l'eau sous le pont... je m'en charge.