ACTE DEUXIEME
GUÉRIN
Et par de belles mains.-, car elle a des mains superbes, votre tante.
Ma tante? rayez cette qualification qui n'est plus de circon- ■-lance... et qui d'ailleurs n'est pas juste.
GUK RIN.
C'est vrai : depuis la mort de son mari, elle n'est plus votre tante du tout.
ARTHUR, riant.
Et elle a dû si peu l'être, quand elle l'était!
G u É R I >■ , riant.
Il est certain que...
ARTFIUR.
Et une femme qui a été fidèle à ce mari-là a fait ses preuves.
GUÉRIN
D'autant que madame Lecoutellier était sans doute fort entourée ?
A R T II u R .
Je vous en réponds! et très-surveillée aussi... par moi, qui n'aurais pas été fâché de la prendre sur le fait. Eh bien, non! de la coquetterie, et rien de plus.
GUÉRIN
C'est un ange.
ARTHUR
Ou approchant; autrement, croyez bien que je ne l'épouserais pas.
GUÉRIN
Pourquoi? en somme le passé ne vous regarde pas.
ARTHUR
Non, mais il annonce l'avenir. Et puis, on a beau ne pas avoir de préjugés, il est insupportable de se trouver nez à nez
;38 !\IAITRE GUÉRIN.
avec un monsieur qui connaît tous les petits secrets de votre bonheur. Je comprends qu'on épouse une veuve ; mais je n'aurais jamais épousé une femme divorcée.
GUÉRIN
Vous êtes délicat.
Plus que je n'en ai l'air. Adieu, mon clier Guérin; voilà une bonne journée.
GUERIN, raccompagnant,
Je vous reverrai bientôt pour le contrat?
ARTHUR
Je 1 espère... [U passe la porte sans voir la lettre.) GUÉRIN.
Vous perdez un papier.
ARTHUR
Une lettre ? (n lo ramasse.) « Madame Cécile Lecoutellicr. »
GUÉRIN , assis près do la table.
Les femmes perdent (out. Vous la lui rendrez demain.
ARTHUR
Non, elle est ouverte... Faites-moi le plaisir de la lui renvoyer vous-même.
GUÉRIN
Comme il vous plaira. (Prenant la lettre.) Ticus I récriture de mon fils.
ARTHUR , sur la porte^
Bah?
GUÉRI N
Positivement. Voilà qui me fait beaucoup de poinOé
ARTHUft.
En quoi?
Il nous laisse sans nouvelles, sa mère et moi, et il trouvt"'