‹ Maitre Guérin; comédie en cinq actes, en proseChapitre 38 sur 106 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

le temps d'écrire aux dames! C'est mal: cela m'afllige el mï'tonnc.

ARTHUR

Je partage votre étonnemont... sinon votre aflliction.

GUliRIN.

Enfin! s'il écrit, c'est qu'il n'est pas mort. De quel jour est timbrée la lettre ? (La retournant dans tous les sens.) Il n'y 3 pas de timljre !

ARTHUR

C'est singulier.

G u li R I X.

Ah ! je vois ce que c'est : il l'aura sans doute écrite avant son départ; j'aime mieux cela.

ARTHUR, descendant en seine.

Et ma tante la porte sur elle depuis un an ?

GUÉ R IX

Elle l'aura retrouvée dans une poche de l'an dernier.

Probablement. J'ai vu souvent monsieur votre fils chez mon oncle, à Saint-Germain.

GUÉ R IX

Il y allait beaucoup... le digne homme s'en était coiffé.

Coiffé..;

G u E R I X , avec un çros rire.

Oh! je n'y entends pas malice...

ARTHUR

Moi non plus... Ma tante avait bien fait quelques coquetteries au colonel dans le commencement...

GUÉRIX.

Mais ce manège n'a pas duré longtemps, je parie?

ARTHUR

Non... il s'est arrôlé tout à coup.

J'en étais sur : le gaillard n'est pas homme à perdre son temps. Bon chien chasse de race : Voulez-vous mon cœur? Non, n'en parlons plus! — Et on ne remet plus les pieds dans la maison.

ARTHUR, pensif.

Le colonel a continué à venir chez ma tante.

GUÉRIN

A cause de votre oncle, sans doute, qui était bien le plus charmant vieillard que j'aie connu.

ARTHUR

Tout s'explique.

GUÉ R IN

Mon fils le vénérait; et je gagerais que celle lettre est un compliment de condoléance à sa veuve.

ARTHUR

C'est évident : ce ne peut être autre chose. Tenez, donnezla moi; je la lui rendrai moi-môme.

C'est plus simple; après cela, si vous préférez que je la lui envoie?

ARTHUR

C'est inutile, du moment que ce billet n"a aucune importance... Adieu, mon cher Guérin. (n sort.)

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