‹ Maitre Guérin; comédie en cinq actes, en proseChapitre 40 sur 106 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les MÊMES, LOUIS.

LOUIS

Bonjour, mon père. Il l'embrasse.'

GUÉRIN

Bonjour, mon garçon.

M \ D A ME GU É R I N s'npprnche pour l'embrasser, et, ji'arrètant avec terreur.

Ah! mon Dieu!

LOUIS

Lli bien! maman, c'est moi.

MADAME GUÉRirC.

Qu'est-ce que tu as au front?

Il n'a rien.

Là, là!

LOUIS

Tu as de bons yeux; je croyais qu'il n'y paraissait plus. C'est un coup de sabre.

MADAME GUERIN, se jetant dans ses bras et baisant la cicatrice.

Ah! malheureux enfant!

GUÉRIN

Eh bien! quoi? Il n'en est pas mort. Un coup de sabre, qu'est-ce que c'est que ca pour un homme?

Qui est-ce qui t'a fait ça?

LOUIS

Un grand diable de Mexicain, qui éprouvait le besoin de me nommer commandeur.

GUÉRIN

Tu es commandeur ?

LOUIS

Ma foi, oui.

GUÉRIN, à part. ,

Commandeur! quand son père n'est pas même chevalier! Quelle pitié!

LOUIS, à qui sa mûre fait signe de s'occuper de son père.

Et vous, mon père, vous avez une mine de santé qui me réjouit.

GUÉRIN

Comme tu vois... Nous ne t'attendions pas si tôt.

LOUIS

Notre régiment a reçu l'ordre de partir du jour au lendemain, et comme j'ai pensé que j'arriverais on même temps quema lettre, je ne vous ai pas écrit.

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