‹ Maitre Guérin; comédie en cinq actes, en proseChapitre 46 sur 106 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

(Cécile, assise sur le banc de gauche, devant un guéridon oii est servi son déjeuner. Un domestique en livrée , la serviette sur le bras, se tient derrière elle. J

CÉCILE

Dites à Joseph de monter à cheval , d'aller au château de Valtaneuse et de demander à mademoiselle Desroncerets si elle peut me recevoir aujourd'hui, et à quelle heure? (te domestique

sort. Cécile, en se versant un grand bol de café au lait.) La nuit m'a porté

des conseils excellents. C'est étonnant comme on voit clair dans sa situation lorsqu'il fait bien noir. Tant que ma veilleuse a brûlé, j'ai épousé Arthur par-devant nos avocats; dès qu^elle s'est éteinte, j'ai vu briller dans l'ombre cette vérité lumineuse que le véritable usage à faii'e du bel Arthur n'est pas de

l'épouser (EUe s'accoude sur la table, le bol entre les mains, et boit ii

petites gorgées pendant ce qui suit.), iiiais de le laisscr soupiror trèslongtemps, devant témoins , dans mon salon. (Eiieboit une gorgée.) Pendant qu'il soupire, j'achète Valtaneuse, dussé-je le payer le double de ce qu'il vaut. (Autre gorgée.) J'y reçois tous mes amis, et je signe bravement mes invitations : Cécile de Valtaneuse, le château me tenant lieu des transitions ordinaires. (Autre gorgée.) A la fin de novembre, mon nom m'est

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