‹ Maitre Guérin; comédie en cinq actes, en proseChapitre 50 sur 106 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LOUIS, se;.l, puis ARTHUR.

LOUIS met son chapeau, boutonne sa redingote fiévreusement, marche vivement jusqu'au perron, s'arrO-le et dit entre ses dents.

Imbécile, va-l'en donc! (En se retournant, il se trouve en face d'Aithur.)

ARTHUR

Parbleu, colonel, je viens de chez vous, où je ne vous ai pas trouvé; mais j'étais bien sur de vous rencontrer ici.

Qu'y a-t-il pour votre service, monsieur?

ARTHUR

J'ai une petite explication à vous demander.

LOUIS

A moi?

ARTHUR

A vous-même. Il paraît que nous sommes rivaux ?

* LOUIS, violemment.

Ah! c'est vous!... (Froidement.) Sorlons : je suis à vos ordres.

ARTHUR

Vous êtes bien bon; mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit pour le moment.

LOUIS

Vous trouvez ?

ARTHUR

Je commence par vous dire que je me soucie d'aller sur le terrain comme de ça.

LOUIS

C'est pourquoi vous refusez d'y venir?

AUTIIUR.

Notez que je ne refuse rien ; mais j'ai à vous proposer un moyen moins rigoureux de terminer notre rivalité; s'il ne réussit pas, nous aurons toujours le temps de nous couper la george. — Pouvez-vous m'accorder cinq minutes de sang-froid?

LOUIS, stchement.

Cinq minutes, soit.

ARTHUR

Vous étiez parti pour le Mexique avec la conviction que vous épouseriez ma tanlc à la fin de son deuil...

LOUIS

Qui vous a dit cela?

ARTIIIR.

Peu importe, je le sais. Or, comme vous n'êtes pas un fat, je suis bien obligé do croire qu'elle avait un engagement (]iielconque avec vous, et je viens vous demander de quelle nature, pour savoir si je dois persister ou vous céder la place.

LOUIS, avec effroi.

Il n'y a eu d'elle à moi que des coquetteries de fonmu; désœuvrée, que j'ai sottement prises au sérieux et dont tHe ne se souvient même plus aujourd'hui.

ARTHUR

C'est très-possible.

LOUIS

Puisque je vous le dis !

ARTHUR

Oh! ce ne serait pas vrai que vous vous croiriez également obligé de me le dire.

LOU IS

Paroles inutiles! sortons, monsieur.

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