SCÈNE IV
ARTHUR, seul, puis CÉCILE.
ARTHUR, seul.
Brave colonel! La droiture et la loyauté mêmes! — Je ne le recevrai pas chez moi.
CÉCILE, accoudée sur la balustrade du perron.
Eh bien, confiant Arthur, êtes-vous suffisamment édifié sur mon compte?
ARTHUR
Quoi, madame! vous écouliez?
Ci': CI LE.
ISOn; mais j'étais là (montrant une fenêtre du preniier étage), danS
mon boudoir, les fenêtres ouvertes, et Zéphyr, qui est justement au sud-est, m'apportait toutes vos paroles.
ARTHUR
Pourvu qu'il n'ait rien ajouté de son cru, je lui pardonne.
Ah! VOUS ôtes jaloux?
A R T II u n.
Curieux seulement.
CÉCILE
Il parait que vous n'avez pas grande idée de ma vertu?
ARTHUR
Pardonnez-moi! J'étais |)ersuadé qu'il n'y avait eu de votre part qu'un peu de coquetterie...
CÉCILE
En auriez-vous mis la main au feu?
ARTH UR.
Sans hésiter... s'il ne s'était agi que de la main gauclie; mais il s'agit de la droite, et vous comprenez...
CÉCILE
Savez-vous que si le colonel eût été moins honnête homme, vous l'exposiez à une furieuse tentation de mentir?
ARTHUR
Je le faisais bien exprès... pour vous couronner de gloire.
CÉCILE
Vous êtes trop bon... Je suppose qu'il y eût cédé; comment vous seriez-vous arrangé avec moi? Car vous êtes trop bien élevé pour me dire : Madame, vous avez un amant.