ACTE QUATRIÈME
DESROXr.KRETS.
Mais nous n'avons pa^ de visite à recevoir, tu n'attends personne aujourd'hui?
FRANGINE
Si fait, j'attends précisément madame Giiérin et son fils.
DESRONCERETS.
Bail '. le colonel et sa mère sont de braves gens qui ne font pas attention à ces choses-là.
l-RANCINE.
Mais ce n'e^t pas pour eux, c'est pour moi que je tiens à te voir présentable. Je ne veux pas que madame Guérin puisse dire : Voilà une petite femme qui n'a pas soin...
DESRONCERETS.
De ses enfants.
FR.\NCINE.
Mets-loi là... (EUe tire un peigne de sa poche et arrange les cheveux de
£on père.) J'cntends que tu me fasses honneur.
DESRONCERETS.
Je l'entends aussi, mais pas tout à fait comme toi. Ah ! Francine, quel dommage que tu ne sois pas un garçon !
FRANGINE
Je ne le regrette pas du tout.
DESRONCERETS, s'açitant sur son fauteuil.
Tu pourrais t'intéressera mes idées... tu serais le confident de mes travaux.
FRANGINE
Calme-toi, voyons, calme-!oi.
DESRONCERETS.
Tu ne me prendrais plus pour un vieux mécanicien fêlé !
FRANGINE
Que dis-tu là, père?
102 MxVITRE GUÉRIN.
DESROKCERETS.
Oh! la vérité!
FRANGINE
Tu mériterais d'avoir raison. — La, tu ne te ressemi^les plus... Si tu avais fait ta barbe, tu aurais l'air d'un jou\enceau.
DESROXCEUETS.
Je me la suis faite avant-hier; je t'en ai donné l'étrcnne, à preuve!
FRATS'CINE.
Je ne devrais plus l'embrasser que quand tu serais rasé. — Et ta cravate!... Où est ton col de chemise ?
DESRONCERETS.
Dame! il doit être après ma chemise... Ah! non.,. {Fouuiant
dans sa poche. )
FRANGINE
Il est dans ta poche ?
DESRONCERETS.
Qu'est-ce que tu veux!... il me gênait, je l'ai coupé. Regarde-moi ce carton-là! Et tous les matins tu m'envoies un carcan pareil! J'aime le linge blanc, c'est ma coquetterie, mais je l'aime mou.
FRANGINE, mettant de l'ordre sur une table à gauche.
Jo donnerai des ordres en conséquence. (Entre un vieux domestique en noir, une lettre sur un plat d'argent. )
LE DOMESTIQUE
Pour monsieur, (ii sort.)
DESRONCERETS, regardant l'adresse.
Strasbourg ! enfin ! (u parcourt la lettre à demi-voix.) « Kon, cerlt^s, je ne t'ai pas oublié, mon vieux camarade... » Brave ami, j'en étais sûr! (n continue «i lire.) Comment! il refuse?... —«Réserve-moi pour une occasion plus sérieuse, et lu me trouveras. » — NalureHomont !