SCÈNE III
Les Mêmes, ARTHUR.
ARTHUR
Excusez-moi, mademoiselle, de me présenter chez vous sans plus de cérémonie : je viens peut-être vous rendre un grand service, (a Louis.) Très-heureux de vous rencontrer, colonel ; vous n'êtes pas de trop, non plus que madame votre mère. — Je quitte madame Lecoutellier; ma tante vient de m'annoncer ma défaite et votre victoire; mais je vous préviens que je ne
me tiens pas pour battu, et le service que je viens rendre à mademoiselle fait partie de ma défense.
FRANGINE
Asseyez-vous, monsieur.
ARTHUR
Mille grâces, j'aurai fait en deux mots. — Vous êtes fort attachée à ce château, dit-on? *■
FRANGINE
Fort attachée.
ARTHUR, à part, regardant la chambre.
Tous les goûts sont dans la nature. (naut.J Eh bien , je vous annonce qu'à la suite de certaines manœuvres ténébreuses, vous êtes sur le point d'être dépossédée.
FRANGINE
Impossible! Quelles manœuvres?
ARTHUR
Je ne vous dirai pas; mais je sais qu'il suffit de vous avertir pour faire manquer le coup, et je vous avertis. Pour le surplus, informez-vous-en auprès du colonel.
LOUIS
Auprès de moi? Qu'ai-je à voir là dedans?
Dame! puisque ledit château fait partie de votre dot.
LOUIS
Vous rêvez, monsieur.
ARTHUR
Je vous assure que non! C'est la même raison délerminanto du revirement soudain do ma tante; vous devez prendre le nom de Vallaneuse.
LOUIS
Finissons cette plaisanterie, monsieur; elle no m'amuse pas.