ACTE QUATRIÈME
ARTHUR
Parbleu! croyez-vous qu'elle m'amuse, moi? il n'y a que monsieur votre père qui la trouve de son goût, puisqu'il la fait.
LOUIS
Mon père ?
ARTHUR
Je suis bien aise pour vous, colonel, que cela se trame h votre insu, mais cela se trame; demandez plutôt à madame votre mère.
MADAME GUÉRIN, sous le regard de son flU.
Je ne sais rien, mon ami.
LOUIS
Tu ne permettrais pas, j'espère, qu'on joue avec mon honneur à mon insu ?
Non, non.
LOUIS
Tu trembles, tu rougis I Voyons, parle, je t'en conjure !
Je t'assure...
LOUIS, à deiui-voix.
Sais-tu bien que si on me rendait complice d'une pareille machination, je n'aurais plus pour me justifier qu'à me casser la tète?
MADAME GUPRIN.
Oh! mon Dieu !
LOUIS
Mademoiselle est-elle sur le point d'être dépossédée, oui ou non?
Oui.
LOUIS
Par (|iii?
MADAME GUÉUIN, vivement.
Ce n'est pas par ton père.
Par qui ?
M. Desroncérets a vendu son château à Brénu.
FRANGINE
Vendu?
A réméré! s'il n'a pas cent mille francs demain soir, la vente est définitive.
FRANGINE, à pari.
Était-ce pour cela qu'il me les demandait?
LOUIS
Mon père n'est donc pour rien dans tout cela, vous l'entendez, monsieur?
ARTHUR
Parbleu! Brénu est son liorame de paille! (Mouvement du coionei que sa mtre retient.) C'cït noloire! Il n'y a ^quo VOUS dans le pays
qui ne le sachiez pas. (Louis reste interdit, la tôte basse.) YOUS VOilà
prévenue, mademoiselle. Procurez-vous cent mille francs d'ici à demain; cela ne doit pas vous être difficile, votre banquier ou le premier banquier venu vous les prêtera sur dépôt de titres; et ma foi, mon cher colonel, madame Lecoutellier ne changera peut-être pas autant de nom qu'elle se l'imagine. — Sans rancune, n'est-ce pas? C'est de bonne guerre.
LOUIS
Je vous remercie.
FRANGINE
Et moi aussi, monsieur.