ACTE QUATR!i:Mlï. Î
DESRONCERETS.
Ah! vos yeux s'ouvrent enûn!
G U É R I N , continuant.
D'être l'humble esquif qui porte César et sa fortune!
DESRONCERETS.
Guérin, je ne connais qu'un homme à la hauteur de cette tâche.
GUÉBIN.
Qui donc?
DESRONCERETS.
Celui qui en parle si noblement.
GUÉRIN
Moi? Me croyéz-vous toutes les qualités nécessaires?
DESRONCERETS, déposant sa valise et son chapeau.
Toutes! Avec vous, je suis prêt à rentrer en lutte.
GCÉRIN.
Non, ne me tentez pas! Je n'ai que trop de pente à croire que je n'ai pas donné la mesure de mon intelligence. Nous en sommes tous là.
DESRONCERETS, l'enveloppant.
Mais ce qui n'est chez d'autres qu'une suggestion de l'amourpropre est chez vous le cri de la conscience.
GUÉRIN
Ah! sirène que vous êtes! Mais je me bouche les oreilles. Partez, partez! le temps passe.
DESRONCERETS.
Ma pendule avance.
GUÉRIN
Je ne crois pas.
DESRONCERETS.
En tout cas, j'ai dix minutes devant moi pour vous décider.
iîH MAITRE GUÉRIN.
GUÉRIN, remontant.
Si NOUS croyez que dix minutes sufBsent... Je demande à réfléchir.
DESRONCERETS, interceptant la porte
Si VOUS réfléchissez, vous refuserez. Les grandes choses se l'ont d'enthousiasme, ou ne se font pas.
GUÉRIN
Soit! Mais j'ai dès à présent des scrupules.
DESRONCERETS.
Lesquels?
GUÉRIN
D'abord, celui de vous faire manquer le convoi.
.l'ai un trotteur excellent! Voyons vos scrupules.
GUÉRIN
fites-vous sûr de votre trotteur?
DESRONCERETS.
Parfuitement.
GUÉRIN, s'asseyent à droite.
Eh bien! je vois là une grande responsabilité à prendre.
DESRONCERETS.
A mon égard?
GUÉRIN
Devant mon pays.
En quoi?
GUÉRIN
Je me demande s'il y auriiit un gouvernement possible chez une nation où tout le monde saurait lire?
DESRONCERETS.
Ah! Ii's phrases toutes faites! c'est le fléau de notre pays.