ACTE QUATRIÉ.ME
En êtes-vous encore à comprendre*, « conservateurs aveugles, « que la seule cause de solidité pour une société, c'est le par- « fait accord de ses institutions et de son principe? que le pre- « mier danger pour tout édifice, ce sont les porte-à-faux? que « la diffusion des lumières est aussi essentielle au régime de « régalité qu'elle a été fatale au régime du privilège?... et » que la conséquence immédiate du suffrage universel, c'est l'éducation universelle!
GUÉRIN
Mais ne me disiez-vous pas que vous aviez payé le temps de vos élèves à leurs parents?
DESRONGERETS.
Eh bien, après?
GUKRIN.
Il nesuËBrait donc pas que l'éducation fût gratuite?
DESRONCERETS.
Sans doute; il la faut obligatoire.
GUÉRIN
Huml grave atteinte à la liberté du père de famille.
DESROKCERETS.
Encore une phrase toute faite! Je n'aurais pas le droit, moi, société, de changer les clauses du contrat social et d'augmenter les charges en même temps que les bénéfices? Quand je ne vous assurais que la sécurité et l'indépendance, je me contentais de l'impôt de la bourse et du sang; aujourd'hui que je vous assure une part de souveraineté, j'exige l'impôt de l'intelligence; n'est-ce pas logique? n'est-ce pas juste? Quand vous prétendez m'agréger malgré moi des sociétaires incapables, ce n'est pas une liberté que vous réclamez, cest le droit sans le devoir, c'est la tyrannie!
GUÉ BIX.
C'est très-beau en théorie, mais dans l'application?
1. Les mots guillemetés peuvent être coupés à la représentation.
DESRONCERETS.
L'éducation obligatoire fonctionne depuis des années en Suisse, en Allemagne, en Suède.
GUÉRIN
Bah?
DESRONCERETS.
Vous ne le saviez pas? Nous ne savons jamais en France ce qui se passe chez nos voisins, et nous disputons sur des questions depuis longtemps résolues à deux pas de nous... Eh bien, le mérite de mon invention, c'est d'alléger l'impôt de l'intelligence; comprenez-vous, maintenant?
GUÉRIN
Je ne dis pas...
DESRONCERETS.
Eh bien, alors, vous acceptez?
GUÉRIN, se levant.
Je vais peser tout cela; mais fuyez, vous n'avez juste que le temps, si votre pendule va bien.
DESRONCERETS, repreaanl sa valise.
Oh! j'arriverai... je pousserai mon cheval.
GUÉRIN, de la porte.
C'est ça, poussez votre cheval!... (a part.) Comme il voulait m'entortiller... Ah! les hommes! Tous les m.êmes!
DESRONCERETS, reparaissant sur la porte .
Accompagnez-moi donc jusqu'à la station?
Impossible! madame Lecoutellier m'attend... A demain !
DESRONCERETS.
A demain, (u sort.)
GUÉRIN, seul.
Poussez votre che\al , mon bon ami, il est distancé par votre dada, (u sort.)
ri^i DU yUAlKliiME ACTE.