‹ Maîtres du XVIIIe siècle. Cent pastelsChapitre 13 sur 27 · GREUZE · texte numérisé non relu

GREUZE

(JEAN-BAPTISTE

Son portrait par lui-même.

De trois quarts à droite, en perruque poudrée : il est vêtu d’un costume bleu qui laisse apparaître, au col, la chemise bordée d’un feston souple.

Haut., 46 cent.; larg., 38 cent.

Le portrait de Greuze nous fournit Toccasion de rappeler un jugement que Diderot portait en 1765 sur le peintre; il y fait allusion à l’admiration que Greuze professait pour lui-même, et il s’en explique avec infiniment de finesse.

« Voici votre peintre et le mien, écrit-il, le premier qui se soit avisé, parmi nous, de donner des mœurs à l’art et d’enchaîner des événements d’après lesquels il serait facile de faire un roman. II est un peu vain, notre peintre ; mais sa vanité

est celle d’un enfant; c’est l’ivresse du talent. Otez-lui cette naïveté qui lui fait dire de son propre ouvrage ; Voyez-moi cela ! C’est cela qui est beau ! vous lui ôterez la verve, vous éteindrez le feu, et le génie s’éclipsera. Je crains bien, lorsqu’il deviendra modeste, qu’il n’ait raison de l’être. Nos qualités, certaines du moins, tiennent de

près à nos défauts . II est difficile à un maître

qui sent qu’il fait bien de n’être pas un peu despote. »

Collection de M. Alphonse Kann.

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