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EUGÈNE LE ROUX

L’art de la lithographie vient de perdre un de ses classiques. Eugène Le Roux, né à Caen en 1807, est mort le 28 août, à la Maison municipale de santé, dans un état de gêne cruelle, qu'il savait courageusement dérober à ses meilleurs amis.

Eugène Le Roux avait étudié le dessin à Caen, à l’école publique de la ville, sous la direction de M. Élouis, en même temps que Versolles, mort architecte delà ville de Caen, et que M. Guillard, peintre, actuellement conservateur du musée. Il travaillait au cadastre ; il y était le meilleur dessinateur topographe.

LE LITHOGRAPHE EUGÈNE LE ROUX 9o

Le Roux vint s’établir à Paris vers 1833. Ne suffisant point à la vie de tous les jours avec de charmants dessins qu’il exécutait à la plume avec une finesse extraordinaire, — (par exemple, il écrivait à un ami, une lettre en gothique microscopique avec réductions de miniatures). — Il commença l’étude de la pierre lithographique par des cartes d’adresse et gagna son premier argent avec une immense planche pour un fabricant de cols. Nous connaissons de ces premiers essais, une facture pour un marchand de parapluies, dans les marges de laquelle s’agitent une foule de petits bonshommes très-spirituellement campés.

Le Roux fut mis en rapport par son ami M. Jourdain, actuellement directeur du grand théâtre de Nantes, et dont la femme écrivait des paroles de romances, avec Aristide Delalour. Il composa quelques vignettes pour le premier album de ce musicien. Mais Delatour était difficile et Le Roux était peu endurant. L accord allait se rompre lorsque enfin la vignette de la romance Venise eut quelque succès. Le Roux continua l’étude de la pierre, qui lui coûta de nombreux essais infructueux.

Naas Vimeux, Delatour, et surtout Masini, (qui l’a précédé de huit jours dans la tombe), se prirent enfin d’affection pour Le Roux. Il eut

tanta faire qu'il s’associa à M. Mouilleron, et pendant de longues années ces deux artistes illustrèrent avec Gélestin Nanteuil, et bien d’autres moins notables, la couverture de toutes les compositions nouvelles. Bien avant eux, Bonington, Géricanlt, Gharlet, Delacroix, H. Monnier, J. -J. Grandville avaient dessiné des titres pour les éditeurs de musique.

Eugène Le Roux collabora aux Salons, édités par M. Challamel, à V Album du comte de Forbin-Janson, à V Artiste, aux Beaux - Arts, de l’éditeur Gurmer. En 1843, lorsque M. Gélestin Nanteuil conçut l’idée de la publication des Artistes contemporains, il s’assura la collaboration de Le Roux, avec celle de MM. Mouilleron, Français, Baron, A partir de 1848, Le Roux fut encore un des plus sérieux collaborateurs des Artistes anciens et modernes, de l’éditeur Bertauts.

Les qualités solides de son talent étaient fort appréciées par Eugène Delacroix. Le maître ne dédaigna pas de venir chez M. Bertauts donner avec le crayon l’harmonie suprême, au moment où l’on allait la mettre sous presse, à la belle lithographie que Le Roux avait exécutée d’après son tableau de Marvhyse , tiré de l’Arioste.

Le Lazare à la porte du mauvais riche,

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