‹ Maîtres et petits maîtresChapitre 22 sur 40 · LIS LITHOGRAPHE EUGÈNE LE ROUX · texte numérisé non relu

LIS LITHOGRAPHE EUGÈNE LE ROUX

d’après Adrien Guignet, qui fut donné en prime par une loterie, et les Recrues égyptiennes , d’après M. Bida, sont les pièces les plus brillantes et les plus recherchées de son œuvre.

Mais le maître que Le Roux a reproduit avec le plus d’énergie et de justesse, c’est incontestablement Decamps. Decamps estimait particulièrement la pièce des /Sorcières, qui avait paru dans les Artistes contemporains , Nous nous rappelons qu’il en avait placé une épreuve sous verre dans son atelier à Fontainebleau. Le Roux a lithographié, en divers formats, environ quarante de ses compositions, sujets de chasse, scènes de singes, souvenirs de l’Orient, épisodes bibliques, etc. Nous citerons brièvement les Enfants an lézard, les Bourreaux à la porte d’une prison, le Suicidé, le Café turc , la Défaite des Cimbres, les grandes planches exécutées pour la collection de M. Moreau, la suite des dessins de la collection Delessert, la Vie de Samson en neuf épisodes, dont il n’a pu malheureusement achever que le septième. Les contours fermes, les oppositions franches de lumière et d’ombre , l’expression vigoureuse des tempéraments, l’indication ressentie duinou' vement, notes caractéristiques de la manière de Decamps, répondaient complètement au talent robuste de Le Roux*

Il est bien regrettable pour la Chalcographie qu’elle ne lui ait point coüfié la reproduction de l’unique Decamps que possède le Louvre. Les maîtres 11e sont complètement sentis et rendus que par leurs contemporains, et jamais plus Decamps ne rencontrera d’interprète à ce point consciencieux et rompu à sa manière.

Eugène Le Roux exposa pour la première fois au salon de 1845. En 1851 et 1855, il obtint une médaille de 3° classe, en 1852 une médaille de 2° classe. Au dernier salon , l’étonnement fut universel parmi les artistes et les amateurs, lorsque l’on apprit que le jury ne l’avait même point mentionné, alors que ses cadres primaient victorieusement tous les autres. Cet oubli frappa très-douloureusement cet artiste un peu sauvage, mais qui avait le sentiment de sa valeur. C’était un grand gaillard, bon enfant, lin et gai sous des apparences naïves.

Eugène Le Roux, avec ses grands et beaux travaux, gagnait moins d’argent que lorsqu’il travaillait pour la musique. C’est à peine, dans les derniers temps, s’il arrivait à vivre. Il y a trois ans, à l’insu de tout le monde, il se vit forcé de donner des leçons de dessin dans un pensionnat de demoiselles !

Alors que l'on vient de réunir les Beaux-arts

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