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Il y eut lutte en elle, évidemment, mais elle se souvenait trop bien des détails ; aussitôt qu'elle fût sûre, elle se troubla parce qu’elle ne comprit plus.
— Enfin, je sais bien, ce n’est pas possible que tu aies oublié, dis ?.….
— Oublié quoi ?
Elle ébaucha un gracieux geste tendre, mais cela ne me fit rien, rien du tout.
Elle continua d’un ton inquiet comme se parlant à elle-même : Je ne me rappelle plus exactement ce qui s'est passé, nous avons crié à propos de Franz, et puis sur le divan, tu sais bien, tu sais bien.
Je m'appliquais à conserver un air de stupéfaction compatissante, mais vexée ; je levai les bras :
— Décidément, vous devenez folle |
Alors elle sanglota de rage, — à sec.
— Quoi! Je le sais bien, moi, je le sais
bien. Tu te moques de moi, mais je ne veux
pas, tu es mon amant, tu es mon amant.
C'était certainement la première fois que cela lui arrivait. À moi aussi d’ailleurs.
Il fallait brusquer.
— En voilà assez. Je ne sais pas ce que vous voulez dire, est-ce clair? Et je ne veux pas le savoir! Remettez votre chapeau, et bonsoir |
Elle comprit et devint livide. Il aurait été plus malin de la reconduire doucement à la porte, en protestant qu’elle était en proie à un accès de démence; elle l’aurait peut.
être cru, elle serait peut-être devenue folle pour tout de bon et ç'eût été un cas des plus intéressants. Mais... v'lan! Les narines se gonfièrent, les yeux devinrent étincelants, les cheveux croulèrent qu’elle relevait, comme hier, du même geste brusque. Et
cela ne me faisait rien, rien du tout.