‹ Maîtresse d'esthètesChapitre 21 sur 25 · ARTE TT EPA GAL FETE EE · texte numérisé non relu

ARTE TT EPA GAL FETE EE

Elle se précipita sur moi.

— Ah!tu ne veux pas; tu...! tu... mufle Tu fais semblant que ça ne soit pas vrai!

Lul..4u1. >.

Son indignation bafouillait à gros bouillons. Puis, rejetant ses cheveux en arrière, elle fut Jeanne Hachette ne voulant pas désespérer du sort de Beauvais.

— Mais ça ne se passera pas. ainsi...

Et elle se jeta sur moi, tendue. Oh! que mes précautions étaient indispensables!

Elle m’enliana le cou et juxtaposa sa bouche à mes lèvres. Je me dégageai un peu pour respirer :

— Non! mais enfin, quoi? Vous voulez me faire subir les derniers outrages? Si vous répétez le rôle de madame Putiphar, laissez-moi chercher mon ulster.

Elle fut tendre et crispée :

— Jimmy! Jimmy! Ne continue pas!

250 MAÎTRESSE D'ESTHÈTES je vais crier! je veux! je veux! je veux!

Elle savait débrailler ses vête:xents jusqu’à sembler plus que nue. Elle me rejeta sur le divan, — dame, je n'offrais pas beaucoup de résistance, — elle se tordit, elle rugit, elle gémit, elle glapit, elle chercha des caresses dans tous les coins de son érudition.

Et moi... moi je regrettai presque...

oui. d'avoir trop bien pris mes pré-

cautions.

Elle restait assise au bord du divan,

tremblante, pâle, se calmant peu à peu.

Je sentis qu’elle me méprisait. J'en fus vexé, mais c'étaient les inconvénients de ma méthode. Puis elle bondit :

— Je suis sûre que tu l'as fait exprès,

Je ne répondis pas. Il avait réussi, mon moyen, mais je n’en étais plus fier du tout.

Ah! ce qu’il aurait fallu, c’eût été le cou-

rage de dire : « Non, parce que c’est non!»

mais puisque je ne l’aurais jamais eu ce courage.

Après un bête de silence éclatèrent les lamentations d’Ysolde :

— Oh! Franz et toi vous ne m'avez pas comprise, vous ne m'avez pas aimée comme il fallait m'aimer. Vous n'avez pas voulu voir en moi la Prêtresse, vous m'avez aimée comme la première femme venue, vous avez eu peur pour vos santés. Vous n'avez vu que mon corps eb vous n'avez pas Su atteindre mon âme, vous n'avez pas su communier avec moi dans l’Immatérialité de l’idée.

J'écoutais ces gargouillages prétentieux tandis qu’elle replantait les fourches tombées de ses cheveux. Oui, c'était son jargon de hasard et son idéalisme en toc...

— Je sens en moi une Reine qu: souffre

dans la sale vie grise d'aujourd'hui ; quand j'ai fait souffrir Franz, c'était malgré moi, et toi, tu as peur de souffrir comme lui; mais je ne te regrette pas parce que tu n'es qu’un mufle comme les autres, et ça m'est bien égal qui j’ai ; tous sont bons, puisque je ne peux pas avoir de demi-dieux... Mais je veux servir l’Art par eux et cela ne me réussit pas. La statue de Franz est brisée

et les vers de Mouront sont ridicules.

Y Elle avait l’air presque émue en psalmo-

diant ses litanies, mais elle ajouta :

— Je demeure intangible et pure.

Et ce fut de nouveau ridicule, parce qu'évidemment elle avait une grande préoccupation d’être noble et digne. Elle me tendit la main disant:

— Je te pardonne.

C’est vrai qu'elle avait à me pardonner.

— Ysoide, c'est parce que je ne me sen-

JE FAIS CHARLEMAGNE 293 tais pas digne de votre façon d'être belle que je.

Elle se rengorgea, mais pourquoi se ren« porgea-t-elle ?

Sur le seuil elle conclut encore :

| — Vous avez été cochons tout de même!

Mais mon orgueil me sauve.

Et de nouveau j'eus envie de rire, un

peu.

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CIIAPITRE DIXIÈME

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