‹ Mal de VénusChapitre 3 sur 11 · A MON AMI · texte numérisé non relu

A MON AMI

Le Docteur Sacombe , Médecin de la Faculté de Monipellier , ancien professeur de Médecine lliéorique et pratique d’accouchemeus au Louvre J salle des ducs et pairs; foiuliiteur de TEcole anti-césarienne de Paris , sous les auspices du gouvernement; clievalier de l’ordre du mérite , et membre de plusieurs sociétés savantes, etc.

Sacombe, l’infernale Envie Aatoui de(oi .depuis licr.te ans^

Trente ans d’iine^yuninnelle vie»

Fait siffler sishidnix scjpens.

Ainsi , victimes de sa haine,

Les Sorratc , les Callisthène ,

Les Galilée et les Roiisseaui,

J’our pris d’avoir insiiuit les lioinmcs Pe.sers, moins qu’au siècle où nous sommes, Euicnt les liointnes pour bourieauï.

Ton sort est beau, je te l’envie,

L’dine faible , au sein du r pos,

Itcçoit nne nouvelle vie,

De i’aiueiiuiac du ces maux.

Ravi par la Parqae cruelle.

Tel, de sa dépouille mortelle 3 Aurait subi le triste sort,

Qui, s'illustrant daus les orages,

A vu Sou nom franchir les âges , Vainqueur du tems et de la mort.

Dans ce siècle esclave et stupide ,

Les chastes Muses sont en deuil;

Le champ des lettres est aride ,

Et la science est un ccucil.

Etre un grand homme, est un grand crime; L’Ignorance usurpe l’Estime ,

Le Génie est persécuté :

Ainsi l’éclat de la lumière ,

Du hibou blesse la paupière ,

£t la nuit proscrit la clarté.

Mais contre un roc inébranlable ,

Que peut une vague en fureur ?

En vain contre Hercule indomptable,

Le Pygmée est tout en sueur.

Cher Sacombe , que dois-tu craindre ?

Le méchant ne saurait t'atteindre ;

L’Envie est rampante à tes pieds Vomi par sa bouche cruelle ,

Le venin retombant sur elle ,

Couvre ses traits humiliés.

Ah dieux ! que l’Envie est stupide ,

Si sa fureur ne comprend pas ,

Qne son poison lâche et perGde Sauve le sage dn trépas.

Apprends, esécrable tigresse,

Qp'en calomniant la sagesse ,

Ta forges sa célébrité 5

Qne ta fureur lui rend hominag*

Et que le souffle de ta rage ,

La pousse k l’immortalité.

Disparais, préjugé volgairc ,

Qoi veut qu’esclave de nos sens, Notre âme soit, sur cette terre ,

Le jouet des événemens.

De moi si je suis toujours maître,

Ce qui ne change pas mon être , Est-il un mal , csi il un bien , Haines, trahisons, impostures.

Chaînes , supplices et tortares:

Pour l’àme intègre ne sont rien.

.Quel spectacle imposant, auguste.

Présente un sage au genre humain !

lleureuï, libre autant qu’il est juste Et libre en dépit du destin ;

Libre , quand le malheur l’assiège.

Quand le bonheur lui tend un piège, Plus libre s’il est dans les fers ;

Libre, quand sa tète sanglante.

Tombe sous la hache fumante;

Libre , «n descendant aux enfers.

Quels sont donc les hommes esclaves?

Quels sont le» vrais infortunés?

Ce sont ces hommes que tu braves,

Sans cesse à ta perte acharnés.

L’esclave est relâche perfide,

Qui, d argent et d’honneurs avide,

Lenr immole la vérité;

Et qui ponr rien comptant son âme ,

La traîne sons le sceptre infâme,

Du crime et de l’impiété.

LAFOV DE -MONTFERRIEB,

Dîrcrtenr du Collège Bnral dei It* »

. dr U ^ille de SAint-OUicl-du'

Gard , le i8 juin i8i5-

Prœstat amicitla jiropinquitati , quod ex propinquitate henevolentia tolli potest , ex arnicitià autem non potest. L’amitié l’emporte sur la parenté ; en effet , il peut y avoir parenté sans bienveillance, tandis que l’amitié n’existe plus sans elle. Cresnoy.

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