‹ Mal de VénusChapitre 4 sur 11 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Da V origine de la vémisalgie.

L V Vénusalgie ne nous est venue ni des côtes (l'Afrique, ni de Naples , ni d’A/uénqiie , comme l’ont préleridu les médecins anciens et modernes. Fille du libertinage et de l’intempérance, dont Vénus et LaccUus sont les emblèmes mytîiologiques, la Vénusalgie a pris naissance

chez tous les peuples, qui , contre le vœu de la nature , se livrant à rimpétuosité de lueurs passions, ont cherché à multiplier leurs jouissances par tous les rafinemens de la volupté. Ainsi le mal de Vénus est aussi ancien que le monde , comme je vais le démontrer l’Histoire à la maiu.

La plus ancienne de toutes, l’histoire de Moïse décritla blennorrhagie ou écoulement muqueux. , l’un des symptômes de la Vénusalgie , de manière a ne pouvoir s’y méprendre. Dans le livre qui a pour titre le Lèin'fit^ue, Moïse, législateur prudent et éclairé , prend les plus sages précautions pour préserver les personnes saines de la contagion de cet écoulement, virulent auquel il donne le nom de Gonorrhée , Jiuxum seminis , flux de semence, parce que. moins instruits que nous en pathologie, les médecins hébreux prenaient l’écoulement muqueux ou blennorrhagique pour un flux spermatique. Moïse prescrit, des lotions

fréquentes à ceux qui ont couché avec un malade de Vénus; si quis tetigerit lectuin ejus , lavabit uestijnenta sua ; à ceux qui s’assiéront où il s’est assis; sisederit ubi ille seclerat , à ceux qui l’auraient touciie meme du bout du doigt ; jz tetigerit carnciii ej us ; à ceux qui auraient été atteints par sa salive ; si salivatti hujusce mocli horno jecerit super eum. Il veut qu’un vase de terre soit brise, p;utot que de . orvir à l’usage d’une personne saine; ÿus JicüLe nuud tetigeritj confringetiu .

La circoncision chez les ;uifs fut encore une praii.iue que la p d.iiique et la religion consacrèrent, ae concert, pour prévenir \e plimosis ci entretenir ainsi plus aisément la p.cr- eto entre le gland et leprépuce, siegp r Imaire des ulcères venusaigiques, pl ..s dangereux sous un Ciel brûlant et dans ini pays où la rareté et souvent le défaut absolu d’eau, condamne les liabitaiis a la malprojirecé.

Moïse imposait aux Lévites, prêtres Jes

Juifs le devoir de représenter aux en fan* d’Israël le danger d’une maladie putride, que la malpropreté rendait souvent mortelle : Docebitis er^ojilios Israël, ut caveant ùnmunditiem et non mo-

ria/itur in sordihus suis.

Quant aux malades de ^'énus atteints de la blei.norrliagie lépreuse , eC

leprosus , ils étaient en horreur à la société , et l’on sait que les lépreux , ou alleinls de la J udham, étaient reléguésloiu des villes et entassés dans des maisons isolées , où ils périssaient sans secours. Celte maladie terrible est comparée par le prophète aux ravages causés par le Ywn: fuyez, dil-il, la personne affligée de la J udham, comme vous fuiriez un

lion-

Voilà donc la vénusalgie bien connue

des enfans d'Israël, sous le nom de lepre

noire, ou FAephantiusis , parce qn elle rendait la peau semblable a celle de c-

^Les Grecs distinguaient la vénusalgie

sous le nom de leontiasis , à raison des ravages affreux qu’elle causait.

Dioscoride parle de ragades, condylomata , maligna ulcéra 'valvœ^ tubercula genitalinm , vuluæ ulceraùones.

Galien fait mention de phimosis , paraphimosis, rhagades, condyloniata, hubones , phyinata punilenta, acrocordones ^ thymi , myrrnecioe ad inguina-, tubercula in puderidis ; ulcus tesliculorum, etc.

L’Evèque Palladics dit que He'ron crmitt grec , qui vivait au cinquième siècle eut un ulcère à la verge, produit par un coït impur.

Celse a très-bien décrit la blennorrhagie.

JüVENAL et Marti AL parlent dans leurs satires d’excroissances et d’ulcèressurvenus aux parties génitales, comme fruits de la débauche; tels que marisca, ficus , ulcus acre, pustulœ luce/iles, sordidi lichenes.

PxihE le jeune parle de Itt gangrène

des parties génitales , après un coît impur.

Un auteurmodernequi veutqueChristoplie Colomb ait apporté le premier la vénusalgie en Europe, ne trouve pas dans des autorités si respectables, énoncées d’ailleurs en termes si clairs , des preuves assez fortes de l’antiquité de la vénusalgie; et pour soutenir son système, il regarde ces symptômes , comme des maladies propres aux parties génitales. Il ignore sans doute que Juvexil et Martial n’étaient ni médecins, ni chirurgiens , et que leur intention, en composant des satires contre les mœurs corrompues des Romains, ne fut jamais de composer un traité des maladies propres aux parties génitales. D’ailleurs, dés les treizième siècle, LaSfraxc et Salicet n’ont-ils pas parlé de pustules , d’ulcères, de chancres du gland, qui paraissaient après un commerce impur

avec une femme gâtée après avoir

couché avec une femme gâtée ? Fosi

coïtnni ciim mnliere fæda. . . . Trop ter decubitum cum muliere fæda. Peut-on s’exprimer en termes plus clairs ? dirat-on que ce sont la des maladies propre^ aux parties génitales?

La vénusalgie était connue dans l’Inde plusieurs siècles avant la découverte de l’Amérique , et on la traitait avec le mercure et les sudorifiques.

Un rabbin très-iiistruit qui avait fait deux fois le voyage des Iiides-Orientales, avec lequel je passai deux mois aux bains de Bade, en i8o5, m’assura que la vénusalgie existait dans la Perse depuis un temps immémorial , sous le nom de feu-Persan , et que l’usage du mercure y était connu. On y emploie aussi les sudorifiques , lorsque la maladie est récente.

La vénusalgie a été connue en Afrique Jong-tems avant de l’ètre en Asie, sous la dénomination dçyanJSice qui adonné lieu à SydemiaiU et à plusieurs autres médecins, de penser qu’elle venait origi-

naîreinenl d’Afrique , parce que leyau's avait une ressemblance fr.ippanle avec la vénusalgie d Europe au quinzième îiéde.

Bekée rapporte deux passages remarquables desslatuts anglais pour la police des mauvais lieux ; l’un de l365 dit que mil concierge ne doit garder de femme qui ait la maladie, dangereuse de la brûlure. L’autre de ; qSo, prononce iineainende i rè^-forte contre le concierge qui tiendrait dans sa medson des femmes avant ceire maladie abominable ( malum nefandurn la brûlure.

Les statuts du lieu fie débauché de la ville d'Avignon, faits en iSq^parla reine Jeanne 1“', prouvent incontestablement que la vénu’salgic liiisail des ravages en France i4^ avant la decouverte de l’Amérique, en 1492, et l'expédition de Charles Vlil, roi de France, en 1494 et l^o5, pour la conquête du royaume de ISaples. Voici le texte de ces statuts eu langue vulgaire , ou idiome provençal :

« Lareinobol que, tontes Ions samdes,

» la bailouno et un barbier clepulat das » consouls , visitoun toutos las fillos de- » bauchados que seran au bourdel, et se « s^’en trouvo qnalruno qu’abia mal ,

» bengut de paiilardiso , que talos fillos » sien separados et longeados a part, afin » que non las counougoun , per évita lou « mal que la jeunesso ponrrio prendre. »

La reine veut que tous les samedis la baillive et un barbier délégué par les consuls , visitent toutes les filles débauchées qui seront au bordel ; et s’il s’en trouve quelqu’une qui ait du mal provenu de paillardise, que telles filles soient séparées et logées à part , afin que l’on n’ait point commerce avec elles , pour éviter que la jeunesse prenne du mal.

Un tel réglement honore la souveraine, devient un monument historique de la sagesse qui la dirigeait, et une preuve incontestable de l’existence de la vénusal— gie en France, long-temps avant la découverte de l'Amérique.

'Un argument sans réplique sur Tanliquité du mal de Vénus, est i‘*Que chez chaque peuple cette peste anti-sociale a un nom différent , ce qui prouve qu’elle a pris naissance dans ce pays même, et qu’elle n’y a point été transportée d’une i contrée voisine, dont elle aurait conservé I la dénomination. 2° Que l'étymologie jj desnoms divers donnés ace terriblefléau, est tirée , chez tous les peuples , des effets qu’il produit , soit intérieurement, soit extérieurement; de la, les noms de brûlure us tare, àe feu-, et en Anglais,

de burn , ou buming. En effet , en quelque partie du corps que le virus vénu- i salgique se manifeste , il y a brûlure , ou | déperdition de substance. 3*' Que les j progrès de l’ordre social vers le bien sont si lents , qu’il a dû nécessairement s’é- * couler plusieurs siècles depuis celui qui donna naissance à Avignon à ce mal de ■paillardise , et celui oû une sage souve- i raine fit un réglement pour éviter que f la jeunesse fût infectée de ce mal. |

La vennsalgie est comme nous l’avons dit , la judliam ou juzam du peuple Juif; la lèpre des Hébreux ; le korali de l’Indostan ; le feu-rersan ; le leontiasis des Grecs ; le yaws des Africains ; la pua du lUalabar; l’epian ou pian des Iles-Antilles; le mal de Naples; le mal Français; las bubas des Espagnols ; le morbiis pestifenis ; la peste inguinale ; le mal Anglais de la baie Saint-Paul ; le sibben ou siwin des Ecossais ; la variola amhdi- 7zewj{V;l’ulcére, universel dePauld'Egine; la scorra pestilentialis ; le mal de chicot; la grande gorre ; la grosse vérole ; la poques de Picardie ; la Jramboïsia. etc:

La ve'nusalgie naquit, naît, et naîtra toujours du libertinage et de l’intempérance. La vierge la plus saine qui aura un commerce amoureux et fréquent avec •plusieurs hommes sains , sera atteinte en ;moiiis d’un mois de la vénusalgie, mallladie affreuse que propagent les guerres, [lies voyages d’oulre-mer, leÿ expéditions

lointaines, les croisades , les pèlerinages , les découvertes , les cooquêtes, dont le viol , le libertinage et l’intempérance sont les fruits déplorables.

L’époque de la découverte dunouveaumonde , ne fut donc pour la France et l’Italie J que l'époque désastreuse de l’explosion de la vénusalgie , qui , jusques là avait été reléguée sons le nom de lèpre, dans cette classe du peuple que la misère, la crapule et l'immoralité , réduisaient à coucher pêle-mêle dans le même taudis; tels qu’on voit de nos jours à Naples les Lazaroni coucher père, mère, frères, sœurs, nus comme vers dans le même l'éduit, et dont les individus repoussés par la société , allaient périr couverts d’ulcères dans les ladreries on maladre~ ries , hôpitaux plus ou moins éloignés des villes ; tel que celui qu’on voit encore et que j’ai visité hors de la porte orientale à Milan.

Fracastor , l’un des plus grands médecins de son temps, dit ; que, quoique 1«

époques de la de'couverte de l’Amérique, el de l’expédition de Charles VIII , dans le royaume de Naples coïncident avec les ravages de la vénusalgie en Espagne et en France, il n’est pas vraisemblable que cette maladie se soit répandue si promptement en France, en Italie, en Allemagne , en Hongrie, en Pologne ; et en effet, la maladie de Vénus existait nonseulement dans différentes contrées de l Europe , plusieurs siècles avant la découverte de l’Amérirpie , mais encore dès l’origine du monde chez les Egyptiens , chez les Juifs, chez les Grecs, chez les Romains, comme je crois l’avoir démontré.

C’est pour faire sa cour au pape Paul IV j que Fracastor composa son excellent [joëme latin, la Syphilis, afin d’effrayer les pères du concile d.; Trente , que la politique voulait transférer à Bologne, à raison de la mésintelligence qui régnait entre le pape et Cliarles V; les pères effrayés par l’augure funeste de

Fracastor, qui avait consulté les astres pour satisfaire au préjugé de son siècle, vinrent tenir à Bologne la neuvième session du concile, le 21 avril i547, et la douzième, au mois de juin suivant, pour se soustraire à un fléau que ce poêle courtisan présagea devoir être endémique-

A l’époque de la découverte de TAmé-; rique et la conquête du royaume de Naples , la vénusalgie , à la vérité , reçut une nouvelle impulsion de l’or corrupteur du Mexique et du Pérou , et ce fléau n’ayant alors épargné ni couronne ni crosse , comme le dit gaiement le poète Le Maire , l’art s’occupa sérieusement de le combattre par un traitement méthodique.

Bétliencour, chirurgien français, fut le premier qui lui donna le nom de ma. ladie vénérienne ( lues venerea ). Béthencour son parrain, savait du moins qu’il n’y avait qu’une maladie de Yénus, tandis que ses successeurs ont fait de chacun de ses symptômes une maladie

vënéiienne. Depuispeu même un docteur allemand nommé Hecker, a subdivisé la gonorrhée ( blennorrhagie ) en quinze espèces , dont chacune fait le sujet d’un chapitre. De là, ces innombrables affiches qui tapissent les murs de la capitale , et sur lesquelles on lit en frémissant: Traitement des tnaîadies vénériennes , et qui pis est ; Traité complet sur les sypmptômes , les effets , la nature et le traitement des maladies syphilitiques ou vénériennes.

A l’appui de noçre assertion sur l'origine et l’antiquité de la vénusalgie , nous aurions pu citer l’exemple de Job, illustre modèle de patience , qui couché sur un fumier , en proie à deux fléaux également redoutables, l’humeur d’une épouse acariâtre et le virus de la vénusalgie, détachait avec un débris de vieux vase les croûtes squainmeuses sous lesquelles les insectes et les vers se nourrissaient de sa chair, s’abreuvaient de son sang, et le dévoraient vivant.

Nous aurions pu citer l’exemple de ce Pioi pénitent , qui , en composant scs pseauines sublimes , s’écriait dans un accès de douleur, mes os se sont desséchés comme le foin. Ossa mea sicut fœnum arueruTit.

Nous aurions pu citer le châtiment terrible de Sodôme et de Goraorrhe , et suivant l’opinion de quelques auteurs {GonorrJie)^ villes célèbres, dans les livres saints , par l’infâme débauche de leurs habilans , que dévora le feu de la vénusalgie, feu criminel ( ignis scelestus ) , que le génie oriental a métamorphosé en feu céleste , ainsi que l’épouse de Loth en statue de sel , symbole de la sagesse , afin de donner a entendre que ce couple vertueux prit la fuite pour se dérober ’a la contagion du plus incendiaire de tous les fléaux j et que dans le sentier de la vertu , la femme doit savoir dompter sa curiosité naturelle , et ne jamais tourner la tète pour jeter encore uu regard sur le vice qu’elle fuit.

Mais il nous suffira de citer deuK observations qui nous sont propres, et dont nous garantissons la véracité, qui nous coûte assez cher, pour que nous ayons acquis le droit de dire avec Juvenal,nie/z" iiri nés cio.

Première observation. J'ai traité de la vénusalgie trois jeunes gens de la plus liante noblesse , qui n’avaient jamais eu de commerce intime qu’avec une jeune fille sage, vierge encore et privée comme eux, par état, de sa liberté. Ces trois messieurs étaient amis intimes , et pour ne pas s’exposer à prendre le mal de Vénus, ils convinrent de s’enjtenir à cette jeune personne , dont la tante pieuse et crédule aurait cru faire un crime de soupçonner aucun de ces messieurs capable de parler d’amour ’a sa nièce, qui ne pouvant devenir l’épouse d’aucun d’eux. consentit, pour éviter tout soupçon ’a être la maîtresse des trois. Du reste, leur jeunesse et leur générosité ne lui laissaient rien à désirer. Bref, après deux mois d’un commerce

amoureux et frequent, des symptômes pou équivoques me convainquirent que ces trois messieurs et la jeune personne étaient atteints de la vénusalgie , Lien persuadés, ainsi que moi, que la maladie dont ils étaient affectés, ne pouvait avoir d’autre cause que le commerce charnel de trois hommes sains, avec la même femme aussi saine qu’eux et incapable de les tromper, quand même ses forces physiques lui en auraient laissé la faculté.

Deuxième observation. Ce fait révoqué en doutepar trois jeunes élèves en médecine de l’école de Paris a donné lieu à une nouvelle expérience. Ces messieurs m’objectaient, avec quelque fondement qu’une femme, quipeut consentir à se livrer à trois hommes par intérêt ou par tempérainment, aurait bien pu accorder ses faveurs à un quatrième par inclination et prendre la vénusalgie avec ce dernier. J’étais bien convaincu du con. traire, mais j’avais trop d'intérêt à les laisser faire pour chercher à les détrom-

per. Or , voici ce qu’ils firent. Animés clu seul amour de la science , ils résolurent d’entretenir à frais communs et de garder à vue une fille de quinze à seize ans , dont les signes de virginité n’étaient point équivoques, jouissant d’une santé brillante et née de parens sains. Libres de jouir de ses faveurs à toute heu re du jour et de la nuit, et rassurés d’ailleurs par cet axiome , ex nihilo , nihil fit , Dieu sait comme ils s’en, donnèrent ! Mais trente- neuf jours après , c’est-a-dire beaucoup plus tôt que les trois messieurs qui ont donné lieu à ma première observation , ces trois étudions et la jeune fille furent atteints des symptômes les plus graves de la vénusalgiej je les ai traités ainsi que la jeune fille qui avait sa bonne part d’infection. Pleins de reconnaissance pour leur professeur et leur médecin, ces iriessleurs m’avaient permis de les nommer , mais les égards dus à des lainilles honnêtes , m’imposent un silence respectueux dont les parens et les

enfans me savent d'autant plus de gré, que c’est un sacrifice que je fais à la vérité de ma découverte.

Je suis donc infiniment convaincu , non seulement que la vénusalgie est aussi ancienne que le monde, ainsi que je crois l’avoirdéinontré, mais encore que toutes les maladies chroniques dont la cause latente écliappe à la sagacité des praticiens les plus expérimentés , ne peuvent être imputées qu’au virus vénusalgique , que de génération en génération , nous ont transmis nos premicr?J)arens, natifs peut- , être de Sodôme ou de Gonorrhe j virus héréditaire, dont la nature cherchait à nous débarrasser par une érujition effroj'able, et à laquelle aucun individu n’é;happail , avant la découverte de la vaccine.

En effet , ce serait vouloir se refuser à l'évidence, que de nier, que la petite vérole ne sojt la fille de la grosse , d’après l’analogie de caractère qu’on observe entre l’enfant et la mère. Des milliers Je

pustules remplies d’une humeur jauns ou verdâtre, plus ou moins corrosive, couvrent la surface du corps du malade depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la fête. Les yeux , le nez, les oreilles, l’intérieur de la bouche, la gorge même , ne sont pas épargnés. La mort moissonne les victimes de ce fléau dépo- ^pulateur, et celles qui lui échappent portent des empreintes ineffaçables de sa rage , semblables à celles que laisse le virus vénusdlgique , c’est-à-dire , des cicatrices , des empreintes de brûlure , avec déperdition de substance. Peut-être même en suivant l’arbre généalogique do la famille infernale de la vénusalgie, trouverions-nous que la rougeole est la petite-fille de la grosse vérole ; enfin que les dartres , la gale, et tant de maladies cutanées, ne sont que les rejetons malheureux de cette Vénus pestilentielle.

Cette analogie frappante entre les symptômes et les effets de la grosse et ceux de la petite vérole a donné lieu 'a

une expérience, que les hommes de l'art jaloux d’en reculer les limites, prendront sansduule en considération.

2'roidièrne observation.Mrv malade de iVénusse présente chez moi le ii octobre 1820. 11 avait déjà subi plusieurs traitemens , et ses forces vitales étaient si épuisées, qu’il était impossible de lui administrer le moindre remède. Un ulcère sanieux et du plus mauvais caractère , avait rongé une partie du frein , et s’étendait de huit à dix lignes entre le prépuce et lé gland. Désespéré de son état, il convint cependaut de la nécessité où il se trouvait de suspendre tout médicament. Quelques jours après il revint; j’avais réfléchi sur sa situation dans le silence du cabinet, et ne jiouvant encore lui administrer la Diane , je m’avise d’étendre sur toute la surface de son chancre , du virus vaccin pris h Manchester même, sur le pis de la vache et que j’avais conservé précieuseBient dans deux flacons de cristal dont m’avait fait présent à

Londres, M. Lowis, chirurgien, gol^ den-squarre. Quel fut mon étoanement de revoir, deux fois vingt-quatre lieures après, mon malade transporté de joie, me remercier de la guérison radicale de son ulcère.

« Comme une seule hirondelle ne fait n pas le printemps , une seule expérience » ne saurait faire une science, a dit in-^ *> gén liment le restaurateur de la chi- « rurgie française, Ambroise Paré. » Que je serais heureux, si celle que je viens de faire pouvait étendre le bienfait de la vaccine , et tuer un jour la mère comme nous tuons la fille, h la faveur du virus vaccin !

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