CHAPITRE VII
Traitement de la venus algie , par le seul usage des feuilles et de la racine de Diane , sans bains , sans tisanes , sans un atome de mercure .
1° Appaîser l’inflaraination dans la première période de la maladie; fondre les humeurs coagulées par le virus vénusalgique ; 3“ les évacuer à mesure qu on les fond ; q-» purifier la masse du sang et des humeurs , en dissémiiiant J oxygène dans tout le système des vaisseaux sanguins et lymphatiques ; telles
(i) A Pi'-i'î, c'ier, Pitriî, impri-n^ar-libraire »ae de la Colutobe, ti '* 4, qiiarti»?r de la Ciiél
sont les indications k remplir dans le traitement de la maladie de Vénus.
lo L inflammation est un symptôme terrible , lorsqu’elle est portée à l’excès par l’acrimonie du virus v'énusalgique , ou par l’irritabilité des parties afTectées dans le coït. Elle a l’activité du feu. Dire qu’on a trouvé le lendemain , la verge du malade gangrenée dans le cataplasme emollient , qu’oii avait appliqué la veille, c’est donner une juste idée de la rapidité des progrès do rinllaramatioa véuusalgique.
Nous croyons donc qu’il est de notre devoir de douner ;ï nos lecteurs , qui ne seraient point à portée de recevoir de prompts secours , les moyens les plus efficaces , d’appaiser dans le principe l’incendie des parties génitales causé par le virus.
Dès que le malade éprouve en urinant une chaleur considérable dans le canal de l’urètre, ce que le vulgaire a désigné par le mot chaude-pisse 3 si la verge se
courbe, ce qu’on entend par chaudspisse cordée , parce qu’alors le canal de l’urètre enflammé, en se contractant sur lui-même, se tend comme une corde, et courbe la verge en arc; le malade doit sur-le-champ appliquer (mit à dix sangsues à la partie interne de la cuissse , et le plus près possible du foyer du mal : entretenir lespiqnres ouvertes avec l’eau bien chaude , et favoriser ainsi l’écoulement du sang , jusqu’à ce qu’il éprouve un soulagement sensible , qu’il n’obtiendrait que très-lentement, et peutêtre trop tard par les bains et les tisanes rafraîchissantes. A défaut de sangsues , ^il faut avoir recours à la saignée du bras.
Immédiatement après la saignée , on appliquera sur les ])arties génitales et sur le périnée , jusqu’à , le cata-
plasme suivant :
Prenez. De vin et d’huile d’olive^ de chaque une cuillerée. Un oeuf, le blanc et le jaune. Mêlez et ajoutez, quantité
suf fisaiile de farine de graine de lin , jusqu’à consiilarice de cataplasme , que vous appliquerez froid, sur les]>artie‘ rnflaimnées. Pour empêcher le dessèchement du calajilasme , on l’iiumecte extérieurement avec l’eau tiède de graine de lin.
La seule boisson du malade, jusqu'à ce que l'inflaimnatiou soit appaisée, doit être le petii-lait, et à son défaut une légère limonade , ou du sirop d’orgeat.
Un des symptômes les plus ordinaires de la vénusalgie, est un écoulement muqueux jaune ou verdâtre , qui se mani- .feste peu de jours après un coït impur , chez les hommes par le canal de Turètre, et cliez les femmes par le vagin.
Cet. écoulement urétral, ou vaginal qui ne diffère du coriza, ou écoulement muqueux des narines , que par son siège et racrimonie du virus vénusalgiqne , cet écoulement, dis-je, inquiète beaucoup les jeunes gens qui ont souvent intérêt de caclier les traces de la maladie dent
ils sont atteints; et dans l’impatieince otx ^Js sont de l’arrêter , ils s’adressent à des charlatans qui leur prescrivent des in- " jectiûns astringentes, dans le canal de l’urètre , sous prétexte que la blennori rhagie est une maladie locale. C’est bon à dire à des enfans; mais des personnes raisonnables sentent bien que cet écoulement muqueux n’est qu’un symptôme plus ou moins grave d’une maladie putride , qu’il faut combattre intérieurement pour taire disparaître sans retour ! les symptômes qui la caractérisent. Les personnes raisonnables sentent bien , qu’il n’y a pas moins de danger à répercuter l’humeur blennorrhagique de l’urètre , qu’il y en aurait à repercuter l’humeur muqueuse des narines dans le rhume de cerveau.
Il est bon de prévenir les malades du- I pes du charlatanisme, que c’est toujours j aux dépens de la substance du canal de ' liiirélre , que les injections astringentes èrcnt ces cicatrices prématurées , et
que tôt ou tard , ils ne pourront uriner qu’a l’aide de sondes eide bougies, tandis que le sang et la masse entière des liumeurs ne seront que plus infectés du virus vénusalgique, faute d’avoir subi un traitement méthodique.
Vous ne croyez donc pas que la blennorrliagie soit une maladie locale? me disait dernièrement un médecin partisan de ce système. Non sans doute. La blennorrhagie est un feu , qui couve et se propage de proche en proche dans tontes les parties du corps , lorsqu’on se contente de l’étouffer dans l’urètre ou dans le vagin, par des injections astreingentes.
Cependant lorsque la blennorrhagie se prolonge au-delà du terme ordinaire , même après avoir pris les trente doses de diane ; alors on peut sans danger arrêter un écoulement qui deviendrait chronique, et pour le faire avec succès, ou emploie intérieurement les potions balsamiques, et extérieurement les injec-
i lions toniques , pour hâter la cicatrisation du canal de l’urètre.
Quelquefois l’écoulement est supprimé par l’effet d’un mauvais traitement, par un exercice trop violent à pied ou à cheval , par le seul mouvement d’une voiture derrière , laquelle un domesliqite , monte imprudemment ; par l’effet d’un ? mauvais régime. De là la tension dou- ( loureuse des cordons spermatiques ; des * tumeurs aux testicules j d’une métastase ! subite de riiumeur blennorrhagique J dans les bourses; ce qu’on entend vulgai- ; rement ipar chaiide-pissc tombée dans Ips bourses.
Le meilleur conseil que je puisse donner ici aux malades de Vénus, est d’appaiser l’inflammation , d’entretenir la plus grande propreté dans les parties affectées ; de préserver du contact du virus J celles qui ne le sont pas ; de tenir la verge pendante , afin de faciliter l’écoulement ; de faire usage d’un suspensoir 5 enfin, d’avoir recours 'a un méde-
cln expérimenlé, avant que le mal puisse faire des progrès.
Fondre, avons nous dit, est la deuxième indication a remplir dans le traitement du mal de Vénus. Pour fondre > il suffit d’augmenter le mouvement des solides , non seulement des grandes masses qui portent ce nom , mais encore des élémens organiques qui les constituent. Avant même d'être absorbé dans la masse entière des humeurs , le virus vénusalgique tend à les coaguler partout où il se trouve en contact avec elles» soit dans les glandes , soit dans le tissu cellulaire. Les bubons et les autres tumeurs qui surviennent aux aines, aux aisselles, au cou, sont autant de symptômes qui démontrent la ne'ccssité de remplir cette seconde indication.
o" Quant à la troisième , celle d'évacuer -, la nécessité de remplir celle indication est si évidente dans toute maladie pntride, qu’elle peut se passer de de*, monstration.
4° Enfin , disséminer l’oxygène dans J tontes les parties du corps, en lui servant, do véhicule et chasser le mercure par les premières voies, telle est la quatrième indication que remplit ladiane d’une manière insensible pour les malades, puisque plusieurs d’entre eux , qui avaient subi jusqu’à cinq traileineus mercuriels , ou blanchissages , soit intérieurs, soit extérieurs , ont retrouvé le mercure coulant au fond de leur chaise percée.
I En trente jours, la maladie de Vénus sera radicalement guérie ,si des circons- ! lances indépendantes du traitement ne viennent en certains cas en prolonger la durée, telles que répuisemeiit des forces vitales d'un malade , après plusieurs traitemens infructueux ; l’état de grossesse ; l'écoulement des régies , voilà des cas particuliers , qui exigentun laps de teins plus considérable. La lettre tue et l'esprit vivifie. En deux mots, nous garantissons la guérison de la mal-adic avec trente prises de diaiie , et nous signons
notre engagement: que peut-on faire ^ que peut-on exiger de plus? Du reste, ce n’est point interrompre un traitement, que d’y employer le tems nécessaire dans l’intérêt des malades.
Le plus difficile, à mon avis , n’est pas de traiter avec succès une maladie dont on a découvert l’origine, la cause et le remède; mais de fortifier les malades au lieu de débiliter leur estomac. Ce serait en effet leur faire acheter bien cher la guérison que de ne la leur procurer qu’aux dépens de l’énergie vitale de ce roi des viscères.
Les malades de Vénus sont plus forts après le traitement, qu’ils ne l’étaient auparavant, malgré les nombreuses évacuations que leur procure la racine de diane , preuve incontestable que ce végétal n’agit que sur le virus.
Nous ne prescrivons aux malades ni tisanes sudorifiques, ni bains chauds, qui ne pourraient que développer en eux la putridité, et contrarier l’effet de
l’oxygène propre à la neulrallserj puisqu’il est le principe de l’acidité.
La meilleure des tisanes et des boissons ordinaires, est un tiers de vin, sur deux tiers d’eau. L’eau est le premier dissolvant de la nature. Deux tiers d’eau et un tiers de vin , forment une boisson rafraichissanle acidulée, anti-putride et conséquemment homogène avec le spécifique de la Véntisalgie. Faut-il s’étonner après cela de voir les blennorrliagies devenir clironiques par le seul usage des tisannes chaudes qu’ordonnent à leurs maladesles docteurs herboristes de la capitale, en possession de traiter les Maladies SYPHILITIQUES ou VÉNÉRIENNES.
Le traitement complet de la vénusalgie consiste en quinze prises de feuilles et en quinze prises de racine de diane.
Les feuilles sont fondantes, diaphorétiques et légèrement diurétiques. Leur effet est sensible par les urines et la transpiration qu’il ne faut jamais confondre avec la sueur.
La racine de uiane est purgative et n’agit que sur le virus vénusalcique , ainsi que 1 attestent les r-ouleurs jaune» ou verdâtres des évacuations.
Le premier jour du traitement le malade prend uu paquet blanc de feuilles de diane ; le second jour , un paquet bleu de racine , et ainsi de suite alternativement, un paquet blanc et un paquet bleu , jusqu’à la fin du traitement.
Les paquets blancs se prennent dans quatre verres d'eau ou de légère limonade, dans le courant de la journée , une heure avant ou après le repas. Il faut avoir soin d’agiter la bouteille cliaque fois qu’on prend un verre de cette boisson, parce que la poudre n’est pas parfaitement soluble.
Les paquets bleus se prennent imrné-i diatement avant de déjeuner. On ine^ tout le paquet dans une demi-tasse de chocolat . ou de café an lait, ou de bouillon gras , ou d’eau sucrée , et on déjeùiKî immédiatement après l’avoir prise,
Chaque fols qu’on va a la garde robe on boit un tiers de vin sur deux tiers d’eau.
Cette poudre végétale datte la vue , l’odorat et le goût , de l’aveu même des personnes qui ont le plus de répugnance pour les luédicamens.
L’auteur n’a pas besoin de voir les malades de Vénus pour les traiter, d lui suffît de connaître , i° leur sexe ; 2" leur âge; 3„ leur constilution physique; 4® s’ils sont français ou étrangers ; 5° le nombre de traiteinens qu’ils ont subis ; 6“ l’époque précise de l’invasion de la maladie actuelle; 7° enfin, les signes, ou symptômes qui la caractérisent ; tels que la b ennorrliagie jaune ou verdâtre, les chancres , les bubons , les poireaux , etc. Avec ces simples renseigneinens , il traite méthodiquement les malades de Vénus, à deux cents lieues delà capitale.
Une instruction manuscrite , indique à chaque malade le traitement des signes caractéristiques du mal dont il est atteint; et ne lui laissant riaa à désirer, d’a-
prés les renseignemens qu’elle a fournis, elle le conduit comme par la main au but de ses désirs , la santé la plus parfaite qu’il ne tiendra qu’à lui de conserver telle le reste de sa vie , en prenant une seule prise de racine de diane chaque mois. Cette sage précaution tient lieu d’un vésicatoire , ou d’un cautère dégoûtant et douloureux.
Le régime des malades de Vénus consiste en général 'a ne se nourrir que de choses saines et de facile digestion, telles que la soupe grasse , le bouilli, le rôti. A s'’abstenir de ragoûts, de viandes noires salées , ou épicées , de pâtisseries , de salade , de fruits crus , à l'exception de raisins bien mûrs , qui tiennent le ventre libre , et sous ce rapport conviennent à tous les malades de Vénus. La boisson ordinaire se compose d’un tiers de bon vin et de deux tiers d’eau. Mais il faut se priver absolument de vin pur , de calé à l'eau et de liqueurs fermentées. Bacchus n’est pas moins redoutable que
Vénus durant le cours du traitement* Il fautse prémunircontrele froid rigoureux, la pluie et surtout l’humidité des pieds.
Plusieurs malades de Vénus domiciliés à une très-grande distance de Pans»
nous ont invité à réparer dans l’intérêt public , une omission essentielle, celle d’indiquer , dans une prochaine édition le prix du traitement , afin d’éviter tout retard et de ne pas donner au mal le tems de faire des progrès. Nous nous pendons d’autant plus volontiers à leurs désirs, que le traitement complet est si peu dispendieux , que le prix ne saurait être un obstacle à la guérison des personnes les moins fortunées.
Les trente prises de diane, coûtent trente francs à Paris,* trente-cinq francs, jusqu’à cent lieues de la capitale , et quarante francs au-del'a de cent lieues ( payé au bureau des diligences ^ rue Notre-Dame des Victoires ^ où Ton sait ejiTune boite d’une livre paye autant qu unparjuet de dix livres pesant^
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Les malades ne sont pas tenus de prendre tout le traitement à la fois. On leur vend en detail le nombre de prises £)u ils désirent , h raison de un franc la prise ; ce mode de payement a paru convenir au jeunes ^ens. Q^iii potest Tnajits , potest minus j nec vice versâ. Qui jîeut Je plus, peut le moins; le contraire n’a pas toujours lieu.
Comme la diane n’est point un moyen banal de guérison , ou comme on dit vulgairement , une selle à tout cheval ^ et que son usage doit être modifié , suivant le sexe, l’âge et le lempéramment du sujet auquel on l’administre, on ne peut se procurer cette poudre végétale qu’en s’adressant au médecin qui en a fait la découverte, et qui par une longue suite d’expériences sur lui-mème et sur les victimes de énus , peut en garantir l’efficacité. Il n’existe done de dépôt de la diane qu’a Paris et chez l’auteur.
Les lettres et l’argent doivent être adressés ( francs de port : )
A monsieur Sacombe ^ médeein , (juai des Grands - AngusUns n° 3y à Paris. Ou seulement;
A monsieur Sacomhe , quai des Grands- Augustins , n°'S']; de peur que la qualité de médecin , ne rendit la correspondance suspecte à MM. les directeurs des postes', ou aux parens et amis du malade , surtout dans les petites communes , dont tous les habitans se connaissent.
M. le docteur Sacoinbc a l’honneur de prévenir le public, qu’il donne tous les jours audience aux personnes atteintes de maladies chroniques ( les dimanches exceptés. )
Il répond sur-le-champ aux lettres, satisfait aux demandes, et envoie ses consultations mannscriles dans le plus court délai possible.
Ses correspondans sont priés d’écrire leur nom et leur adresse bien lisiblement afin d’éviter toute erreur.
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