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front. Actuellement, il a des traces indiscutables de syphilis linguale.
Malgré sa te le malade est assez bien portant. Sa profession d’ouvrier fleuriste n’a déterminé d'autre accident saturnin qu'une constipation à peu près continue et quelques accès légers de dyspepsie. G..…., est marié, sans enfants.
Au mois de décembre 1892, il éprouva pour la première fois une sensation pénible d’agacement dans les gencives du côté droit, à la mâchoire supérieure. Cela durait ainsi depuis quelques jours, lorsqu'il s’'aperçut que la première molaire du même côté remuait légérement dans son alvéole. Aussitôt il enleva cette dentavec la pointe de son couteau. Mais cette sensation s’étendit bientôt aux autres points de la gencive,en même temps que ses dents supérieures, jusque-là saines et extrêment solides, branlaient à leur tour dans les alvéoles. Il fit pour elles ce qu’il avait fait pour la première ; il les enleva successivement, sans effort : il les cueillit pour ainsi dire, plutôt qu'il ne les arracha. Cette ablation se fit sans aucune douleur, ce qui le surprit beaucoup, sans être précédée ou accompagnée d’aucun phénomène de suppuration. Mais fait très important à signaler, elle se compliqua d’une hémorrhagie assez inquiétante, à tel point qu’à chaque extraction, le malade aurait pu recueillir un demi verre de sang. Cependant les dents qui tombaient n’avaient trace d'aucune lésion. Elles devaient même être superbes si l’on en juge par celles qui lui restent à la mâchoire inférieure, et par celles du haut qu'il a recueillies au moment de leur chute et qui sont parfaitement saines. Il faut dire cependant que l'examen histologique n’a pas été fait.
Pendant toute la durée de cette chute, le malade éprouva une né-, vralgie faciale du côté droit avec tic douloureux, marqué surtout dans l’orbiculaire des paupières et les muscles du cou, Gette névralgie qui suivit principalement les branches supérieures du trijumeau s'accompagna de quelques troubles vaso-moteurs. Une nuit, par exemple, le malade se réveilla avec une enflure subite des lèvres et
du menton, déterminant une sensation de gêne et de picotement,
« une sorte d’engourdissemrent pareil à celui que l'on ressent dans
- Ja main, lorsqu'on est resté trop longtemps appuyé sur le bras. »
C’est la comparaison même du malade. Il se rappelle qu’à ce mo- ment, pour guérir cette fluxion, il se mit à fumer. Mais chaque fois
qu'il mettait sa cigarette à la bouche, il la laissait tomber, car il ne
sentait pas son contact. Cet œdème, qu'il avait du reste constaté en