CONCLUSIONS
La résorption progressive des arcades alvéolaires que l’on peut avec assez raison dénommer mal perforant buccal est un trouble trophique des maxillaires.
Ce mal débute par la chute spontanée des dents, se continue par la résorption des rebords alvéolaires et se termine par les perforations palatines.
A ce degré extrême, la maladie que nous décrivonsici se:trouve constituée, mais ce degré est rarement atteint puisque, nous n'avons purassembler que sept observations, dont troisnous sont personnelles.
Le mal perforant buccal, par son siège sur le rebord des alvéoles, sa marche progressive, les troubles de sensibilité qui l’accompagnent, se distingue très nettement des perforations
syphilitiques de la voûte palatine, les seules avec lesquelles on peut les confondre, avec lesquelles les premiers observateursles ont confondues. É
La plupart des observations de mal perforant buccal existent chez les ataxiques, mais il y a quelques exceptions. Il y a en effet des malades qui ne sont pas ataxiques, ou du moins qui ne sont pas ataxiques au moment où on les observe.
Aussi, tout en faisant rentrer cette maladie dans la grande
classe des troubles trophiques tabéliques, faut-il faire des réserves, et penser que la syphilis, par exemple, ou la paralysie générale, peuvent déterminer de pareilles lésions en dehors du tabes.
Il n'y a pas un seul cas de mal perforant buccal dans lequel on ait fait l’examen histologique des nerfs, de la moelle et du bulbe. Mais dans la chute spontanée des dents et la résorption
simple des alvéoles avec ou sans fistules, il en existe deux dans ï {
lesquels on à trouvé des lésions névritiques du trijumeau, noyaux d’origine et tronc nerveux.
Si l’on admet, et nous croyons avoir donné dans ce travail d'assez bonnes raisons pour cela, que le mal perforant buccal, la résorption simple des maxillaires, et la chute spontanée des dents sont des lésions de même nature à des degrés divers, il est légitime de conclure que le mal perforant buccal est lié lui aussi à des lésions nerveuses du trijumeau.
Les troubles nerveux généraux que l'on relève chez les malades, les troubles nerveux locaux qui existent au pourtour des perforations, dans la bouche et sur toute la face, plaident en faveur de cette hypothèse.
Vu : le doyen, BROUARDEL Vu : le Président de la thèse.