‹ Maladie de Basedow (goître exophtalmique)Chapitre 7 sur 25 · COMMUNICATION · texte numérisé non relu

COMMUNICATION

Sur l’épidémie cholérique de 1884. — M. PROUST cite de longs extraits de plusieurs rapports :

1° MM. les docteurs Villard et Queirel, professeurs à l’École de Marseille, traitant de la marche du choléra dans la ville de Gap, dans la vallée de l’Oude ; àjMontmorin, dans la vallée de la Meauge, et à Éourre, concluent en ces termes :

« Le choléra a été importé dans les Hautes-Alpes à la fin de juillet par les émigrés du Var et des Bouches-du-Rhône;

A Gap, par un grand nombre de Marseillais qui y ont passé ou qui s’y sont fixés;

Dans les communes qui s’échelonnent des deux côtés de la voie ferrée de Gap-Briançon, par une foule d’ouvriers italiens regagnant la frontière;

Au hameau de la Couche, particulièrement par une malle renfermant le linge d’un cholérique toulonnais ;

A la Péguière, par des linges venant de Marseille.

Là, il s’est formé un foyer et le fléau a gagné la vallée de l'Oude.

La propagation de la maladie a été en raison inverse de la salubrité du pays et des causes de désinfection et d’isolement. »

2° M. Dionis des Carrières, médecin des épidémies de l’arrondissement d’Auxerre, dit à propos de l’épidémie de Noyers (Yonne) : « Elle se rattache à celle de Puits-de-Bon ; elle a été importée à Noyers par le sieur C..., le 18 août. »

3° M. le docteur Gay, médecin des épidémies de l’arrondissement d’Arles, ayant étudié les cas de choléra qui se sont produits à Salin-de-Giraud, dit en résumé : « Si l’origine des premiers cas est inconnue, les autres offrent une corrélation évidente. Le deuxième est celui d’une femme qui a lavé le linge de la première cholérique, puis le mari de celle-ci, qui l’a soignée, est atteint, et enfin la femme B..., qui a lavé le linge au même endroit, est frappée et communique la maladie à son enfant au sein; ensuite le foyer s’éteint. »

4° En Corse, le docteur Saliceti rend compte d’une série de cas qui se sont produits à la Porta, et qui, à partir du premier, dont l’origine est inconnue, peuvent se relier les uns aux autres.

5° M. le médecin des épidémies de Noyon donne l’historique de six cas de choléra, dont trois graves, qui se sont produits à Arpavon, autour d’une grange où s’étaient réfugiées cinq personnes fuyant le choléra et venant d’Omergues. Il ajoute : « Le foyer d’infection est bien évidemment la grange, puisque le choléra ne s’est déclaré que chez les personnes de la maison et chez celles qui sont venues aux alentours.

« Mais j’ai acquis la certitude que c’est par les déjections des émigrants d’Omergues que le contage s’est produit. En effet, l’un d’eux était atteint de diarrhée légère. Il déposait ses selles dans les champs, autour de la grange et surtout le long d’un ruisseau qui passe à proximité de cette habitation et qui sert à l’arrosage et à l’alimentation pour les propriétaires d’Arpavon. »

6° A propos de l’épidémie du Yernet, M. le docteur Massenat conclut en disant « que le choléra a été importé dans la commune par les voyageurs venus des pays infectés comme Toulon, Marseille, Perpignan; que ce germe a pu se développer dans un milieu qui lui est propice, milieu représenté par le quartier infecté situé à l’entrée du Vernet, — qu’il est urgent d’assainir cette partie du village pour empêcher le retour de pareüles calamités ».

7° M. le docteur Chartier, médecin en chef des épidémies à Nantes, pense que le choléra a pu être transmis au premier malade de Nantes par des soldats libérés arrivés du midi de la France et de l’Algérie, et qu’il s’est ensuite transmis de proche en proche. 11 s’y est implanté dans des rues sombres et étroites, au milieu d’une population pauvre, sale et intempérante.

8° Le médecin des épidémies de Sedan raconte deux faits qui se sont produits dans le village de Pourru-Saint-Rémy : sur un jeune soldat revenant de Tlemcen par Marseille (où il avait séjourné trois jours) et sur sa mère, qui l’avait soigné;

9° M. Bottard, interne de l’hôpital du Havre, a adressé, au sujet de l’épidémie d’Yport, un rapport terminé par une série de propositions dont voici les plus importantes :

« Le choléra de 1884 a été importé à Yport. Les effets paraissent être devenus agents d'infection après leur imbibition par l’eau. Il n’y a pas eu de constitution médicale diarrhéique à Yport avant le premier cas de choléra.

La diarrhée prémonitoire a, dans presque tous les cas, précédé le choléra confirmé.

La maladie dite choléra infantile n’a pas fait plus de victimes en 1884 qu’en 1883.

L’allaitement de l’enfant par une mère atteinte de choléra, même grave, n’a eu aucun effet fâcheux sur la santé de l’enfant.

Aucun enfant à la mamelle n’a eu le choléra.

Les personnes atteintes de diarrhée prodromique qui se sont mouillées et refroidies ont éprouvé aussitôt après les symptômes graves du choléra.

Les mesures de désinfection paraissent avoir été la cause de l’extinction du choléra à Yport et du non-envahissement des régions voisines. »

— « Sans vouloir, à propos de ces rapports, entrer dans une discussion, ajoute M. Proust, il me semble qu’on peut tirer des extraits que je viens de faire connaître à l’Académie les quatre conclusions suivantes :

1° Le choléra a été importé dans les villes et villages des départements’ cités;

2° L’eau a joué un rôle important dans la transmission;

GAZETTE DES HOPITAUX

3° L'intensité de l’épidémie a été en raison directe des conditions d’insalubrité du pays;

4° Enfin on peut attribuer en partie à l’emploi des mesures hygiéniques et des procédés de désinfection la cessation de l’épidémie dans les pays envahis.

M. JULES GUÉRIN. La communication de M. Proust a pour base des théories qui sont des erreurs graves. Il n’est pas vrai que l’apparition du choléra dans une localité soit le résultat d’une importation due à l’arrivée soit d’un homme, soit d’un sujet contaminé. S’il en était ainsi, on ne verrait pas si souvent cette arrivée n’être suivie d’aucun effet fâcheux pour les populations. Or c’est un fait incontestable que, malgré un nombre considérable d’individus venant d’un lieu où le choléra sévissait, certaines villes sont restées indemnes.

D’ailleurs, et cette seconde observation démontre également bien l’erreur de M. Proust, le choléra n’éclate pas dans une ville, à l’état d’épidémie grave, sans y avoir été précédé d’une constitution épidémique qui l’annonce et qui la prépare. Ce n’est point un événement subit, survenant d’emblée, comme la venue d’un cholérique qui pourrait importer des germes, c’est une éclosion lente et progressive.

m. hardy. Comment le choléra s’est-il introduit à Paris?

M. PROUST. On ne le sait pas. Quant à Toulon, il n’y a pas été précédé, pas plus du reste qu’à Paris, d’une constitution épidémique particulière.

m. jules guérin. J’écrirai un jour l’histoire véritable de l’épidémie de Paris. Relativement à Toulon, je n’ai qu’à rappeler la lettre de M. le docteur Cunéo, et les faits relevés sur ma demande d’après les registres de l’hôpital Saint-Mandrier.

La discussion prenant un caractère un peu personne], m. le président déclare l’incident clos.

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