‹ Maladie du sommeilChapitre 1 sur 11 · Société médicale des hôpitaux · texte numérisé non relu

Société médicale des hôpitaux

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1e Observation. — Paul Jean-Marie V., âgé de 28 ans, souslieutenant d'infanterie coloniale, a été envoyé à l'hôpital Pasteur par M. le D' Mathis, médecin des troupes coloniales. |

Parti aux colonies comme sous-officier le 4e’ juin 1903, le lieutenant V. y demeura jusqu’à la fin novembre 190%, soit 18 mois.

Il séjourna à Fort-Lamy et voyagea dans les vallées du Chari et de l’Oubanghi.

Le 19 septembre 1906, il entre à l'hôpital Pasteur. Il est tellement malade qu'il est impossible de reconstituer son histoire; sa famille nous donne les quelques renseignements que voici :

À son retour des colonies, il se prépare à l'École Saint- Maixent, où il est reçu le 1° avril 1905. Il peut suivre l’école, mais avec difficulté; car 1l lui est impossible de travailler d’une façon régulière et suivie.

Le 1° avril 1906, il est nommé sous-lieutenant au 6° colonial à Brest où, après quelques mois de séjour, il est admis à l'hôpital et finalement renvoyé dans sa famille.

Depuis son retour des colonies, il reste deux ans et demi en France, et personne jusqu'à la fin n’a pensé à la maladie du sommeil; son frère, sergent dans l'infanterie coloniale, explique le cas au D' Mathis qui soupçonne la vérité et l'envoie à l'hôpital Pasteur le 19 septembre 1906.

Cette histoire a dû être celle de bien des coloniaux qui ont été catalogués « anémie » et chez lesquels on ne pouvait porter un autre diagnostic; car pour caractériser le maladie du sommeil, 1l fallait connaître le trypanosome, savoir le chercher et le trouver, ce qui, même-aujourd'hui, n’est pas toujours facile.

Un autre point intéressant est Le suivant : V. reste deux ans en France avant de présenter des symptômes qui l’obligent à s'arrêter et ce n’est que deux ans et demi après son retour qu'il meurt de maladie du sommeil. Cette longue période d’incubation doit être signalée. Toutefois ce n’est pas un fait nouveau, car Guérin ‘, dans sa thèse en 1869, a indiqué que les nègres venus à la Martinique succombaient longtemps après leur départ de l'Afrique : il en cite plusieurs qui sont morts cinq ans après de maladie du sommeil authentique. L'observation de la malade qui a succombé sept ans après son départ de l’Afrique n’est pas

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