‹ Maladie kystique de la mamelle son pronosticChapitre 15 sur 19 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Du jour où M. Reclus eut séparé la maladie kystique des autres inflammations chroniques de la glande mammaire, les chirurgiens se mirent à pratiquer systématiquement l’ablation totale. Mais bientôt une réaction se produisit, réaction tellement vive qu’actuellement on refuse non moins systématiquement l'intervention radi-: cale. |

La compression prolongée du sein suffirait la plupart du temps à faire disparaître les kystes. L'observation de M. le professeur Gilis, que nous reproduisons plus bas, en est un exemple.

Lorsque cette compression ne suftit pas, voici quelle serait l'opération de choix. Inciser dans le pli sous-mammaire de façon à pouvoir aborder la glande par sa face postérieure et cautériser les kystes au thermocautère.

Cette intervention soi-disant conservatrice entraîne la

perte fonctionnelle de l'organe, car un des caractères de 5)

Te l'affection étant la « dégénérescence générale », la eautérisation, pour être efficace, doit être très étendue. Il en résulte une rétraction fibreuse incompatible avec la sécrétion; il en résulte aussi que les raisons d'esthétique invoquées pour justifier celte opération ne peuvent ètre

prises qu'en minime considération. Tout cela serait peu

de chose, vu l’âge généralement avancé des malades, si l'opération était réellement euratrice, Or il est permis de douter qu'il en soit ainsi. Le moindre kyste laissé dans le sein peut être le point de départ d'une nouvelle éclosion de la maladie.

Qu'on se rappelle l'exemple rapporté par M. Reclus : un chirurgien opère une mamelle kystique, la malade

est prise d’une syncope sous le chloroforme ; il termine

l'opération un peu vite, croyant bien d’ailleurs avoir enlevé la totalité de la tumeur; quelque temps après, le moignon était de nouveau envahi. C’est qu'il était resté une partie de la glande dégénérée. Or, est-on bien sûr que pas une parcelle n'échappera à l'action du thermocautère ? Et, dès lors, les kystes peuvent réapparaître et rien ne s'oppose à la transformation cancéreuse.

Concluons donc que, si la compression ne fait pas disparaître les kystes, il faut se résoudre à l’ablation large, radicale de la mamelle. On est sûr alors de se mettre à

l'abri des récidives et de leurs conséquences.

Les deux observations suivantes montrent bien que la guérison ainsi obtenue est rapide et définitive :

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